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LA PEIN 1 UKE. 3i

M. Jules (jirardet a conté, sans accents tort tragiques, l'un des épisodes les plus poignants des guerres de \'endée : la fin de la journée de la bataille de Quiberon où Hoche fit subir une défaite décisive à Farmée des émigrés. A la tète de sept cents grenadiers, le général républicain pressait la légion de Sombreuil et allait lui faire perdre terre. Quel spectacle présentait en ce moment cette côte malheureuse. La mer agitée permettait à peine aux embarcations d'approcher du rivage. « Une multitude de chouans, de soldats fugitifs, raconte M. Thiers, entraient dans l'eau jusqu'à la hauteur de la tète pour joindre les embarcations et se noyaient pour arriver plus tôt. Un millier de malheureuv placés entre la mer et les baïonnettes des républicains étaient réduits à se jeter ou dans l'une ou sur les autres, et souffraient autant du feu de l'escadre anglaise que les républicains eux-mêmes. Quelques embarcations étaient arrivées, mais sur un autre point. De ce côté il n'y avait qu'une goélette qui faisait un feu épouvantable et qui avait suspendu un instant la marche des républicains. Finalement, beaucoup d'émigrés se percèrent de leurs épées. D'autres se jetèrent dans les flots et y périrent. » La mer en furie s'associa au désastre en venant sur la rive frapper les cadavres des malheureux.

A côté, M. Léon Glaize a exposé et un portrait de femme et un petit tableau de genre, Un signal^ étude de soleil à laquelle sert de prétexte une dame montée sur une terrasse et agitant un mouchoir pour appeler l'attention de l'amant ou du mari, — la toile ne précise point, — dont la venue est attendue.

M. Glaize ne s'est point borné à ces deux envois. Il a, dans la section des monuments publics, exposé la décoration destinée à la salle des mariages de la mairie du XX' arrondissement.

Nous avons revu, de M. Hareux, la Femme au puits, effet de nuit réussi, précédemment exposée dans un cercle.

M. Guéry a rapporté de la Champagne et de la Picardie des motifs agrestes d'une certaine harmonie et il y a lieu de constater qu'ils dénotent chez lui de sérieux progrès.

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M. Lobrichon a trouvé, pour mettre en scène des enfants, ses modèles préférés, un arrangement assez ingénieux. Nous sommes dans l'intérieur du magasin d'un marchand de jouets. Les fillettes et les bambins qui passent devant l'étalage s'arrêtent, contemplant avec des yeux allumés par la convoitise cet amoncellement de joujoux. Ils s'approchent. Ils se collent le nez sur la vitrine, et ce dernier trait surtout est raconté avec esprit.

Nous rapprocherons de M. Lobrichon, qui a accompagné sa Terre Promise. — ainsi s'appelle sa composition, — d'un portrait d'homme, un artiste qui, dans une note complètement différente, ne rappelant pas davantage celle de M. Jean Geoffroy, s'est fait une spécialité des scènes de la vie enfantine : M. Degrave. Au service d'une fine observation, M. Degrave a mis une couleur distinguée, une entente de l'effet qu'on avait pris plaisir à noter il y a quelques années déjà dans une classe peuplée de bambines et éclairée à droite par des baies ressemblant fort à des croisées d'église. Après avoir travaillé longtemps à Saint-Quentin, M. Degrave était venu s'installer à Saint-Denis, où il pouvait plus aisément trouver des modèles et compléter sa moisson de documents. Mais bientôt la nostalgie du pays natal l'a repris. Il est retourné à Saint-Quentin. Il a continué a s'intéresser aux enfants, et rien n'est amusant comme sa conversation de trois fillettes qui, assises sur un banc d'école, se redisent très certainement l'histoire du Petit Poucet. On aurait aimé cependant à voir de M. Degrave une composition plus importante, qui sortit un peu du champ restreint de l'anecdote.

M. Masure nous mène au bord de l'océan, à l'heure où le soleil couchant jette sur les flots ses radiations irisées.

Aucun cri dans l'espace, Nulle barque qui passe, Et la couleur est seule A chanter ses chansons.

C'est déjà bien. C'est même presque tout pour beaucoup, notamment pour Corot, le maître de M. Masure. Quoiqu'il se répète,

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M. Masure nous intéresse cependant. Il connaît bien son clavier. Il en joue avec virtuosité, et il faut lui en tenir compte.

M. Olive redit, avec sa sûreté ordinaire, le pittoresque des rues et des ports de Marseille; M. Guédon, dans une note plus grise, mais avec une égale enveloppe, le mouvement du port de Bordeaux.

M. Michelena, l'artiste vénézuélien qui avait attiré l'attention l'année dernière avec le Combat des Amazones, accroché dans le grand salon carré, a exposé un portrait très solide et très parlant de M. Paul Dupont, en même temps qu'une scène de tauromachie où nous ne retrouvons point ses entraînements d'autrefois.

M. Hector Le Roux a écrit, dans le mode léger, le poème d'Agar el Isiuacl, en l'accompagnant d'un coin de la Villa Médicis, à Rome, qui n'est évidemment qu'une très modeste étude.

Au passage, nous noterons des bœufs solidement construits de

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