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LEGENDE BRETONNE

LA PEINTURE

à un carton préparé pour la tapisserie, mais l’effet général est émouvant parce qu’il est sincère. Nous n’en pouvons pas malheureusement dire autant de la toile qu’expose M. Gabriel Ferrier : Harmonie , et qui est peut-être la plus factice de tout le Salon. Peinture ou chromolithographie ? Art ou industrie ? On ne sait. Une pareille erreur de la part d’un artiste tel que M. Gabriel Ferrier, doit avoir ses motifs; nous ne les apercevons pas. A côté de Y Harmonie, le vigneron que M. Chantron assied au pied d’un pressoir dans son tableau de : Après la Vendange , prend une valeur réelle. Mais il faut, pour retrouver un peu de soleil et de chaleur aller jusqu’en Espagne avec M. Sorolla.

En Cousant la Voile , de M. Sorolla y Bastida est la gaieté même. Rien de moins compliqué, de moins profond que le sujet de ce grand tableau. Mais la joie qui y est répandue tient lieu de tout le reste. Sous une treille, des canotiers, hommes et femmes, cousent une grande voile blanche, voilà tout. Le soleil qui traverse les feuilles et se pose par plaques brillantes sur la toile blanche, sur les visages, sur les mains, inonde cette scène de lumière et de chaleur. C’est du bon impressionisme, c’est la nature même.

M. Bilbao, quoique espagnol, aime au contraire les spectacles lamentables et les colorations mélancoliques. 11 expose une vue de Mont-de-piété espagnol. « Triste Antesala », dit-il Cela est vrai. Rien n’est plus lamentable que la vue de la pauvreté qui engage ses dernières hardes. La facture en est suffisante. Elle rappelle, par plus d’un point, celle de M. Geoffroy qui peint avec un talent si probe et si solide les épisodes de la vie des pauvres. Cette année, M. Geoffroy nous mène au Dispensaire. On ne reçoit pas tout le monde à l’hôpital et les miséreux n’ont pas de quoi déranger le médecin. Les mères conduisent leurs enfants au dispensaire où l’on trouve encore un conseil et des médicaments. Pour beaucoup c’est l'antichambre de l’hospice. M. Geoffroy en se dévouant à la peinture de la misère, ne fait pas seulement œuvre d’artiste, il fait œuvre de généreuse humanité.

En contraste avec ces tristesses, mais partant du même point de vue, M. Henri Cain chante L’Or triomphant et ses Victimes . Il personnifie 1 or dans un gras financier assis sur un char que traînent ses

victimes, hommes, femmes, jeunes filles, tout ce qui vit et qui meurt de la richesse.

L’artiste a exprimé cette conception philosophique avec son talent habituel, il l’a mise en scène avec son instinct de peintre et de dramaturge et l’a fixée en une œuvre émouvante dont l’impression ne s’efface pas.

Le Saint Bonaventure et la pourpre cardinalice , par M. Dawant, est une anecdote tirée de la Vie des Saints. La difficulté est grande de donner quelque majesté aux scènes de bonhomie familière dont sont remplies ces existences primitives. Les peintres de l’Ecole espagnole l’ont tenté parfois et y ont réussi, mais seulement par une exécution triomphante qui, pour de pareils sujets, est tout. Le talent de M. Dawant a trop de délicatesse pour ces scènes qui veulent quelque âpreté dans la composition.

M. Sabatté, dans son Intérieur de Saint-Germain des Prés, a donné un pendant aux intérieurs d’église de F. de Witte. Il faut remonter jusqu’au maître hollandais pour rencontrer une pareille expression de

CHANT RO N Après las vesulsunsie'.

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