M\ BASCHET
FORTRAJ.T DE . ME P
LA PEINTURE
M. Laurent-Desrousseaux, dans Les Suspects , a reproduit une scène de la Terreur dans les campagnes. De pauvres religieuses, cachées dans une grange,tombent sous les balles des républicains: M. Georges Cain a choisi, au contraire, l’épisode bien connu de La Mort des derniers Montagnards qui se tuèrent pour échapper à la guillotine. Romme accompagné de ses cinq compagnons descendait l’escalier de la Conciergerie. Tout à coup, il tire un couteau qu’il avait gardé, se le plonge dans la poitrine, l’en arrache et le passe à un autre qui se frappe de la même façon et donne l’arme à un suivant. Tous les six tombèrent ainsi l’un à côté de l’autre.
M. G. Cain a fait effort
pour donner à cette scène
i MRH E HART J Bleuets
la grandeur farouche dont
elle était susceptible. Mais il y a des sujets qui écrasent leurs interprètes.
L’Egypte que nous montre M. G. Clairin, dans un épisode de l’expédition du général Belliard, est une Egypte que ne reconnaîtront pas tous ceux qui ont vu Karnak. C’est une révélation dont s’étonneront beaucoup de voyageurs. On n’a pas le droit de chicaner un peintre sur la manière dont il voit les choses, mais ce groupe d’offi-
ciers passant la revue des colosses antiques entremêlés de grenadiers, paraîtra-t-il d'une nouveauté et d'un intérêt suffisants ?
Les Mémoires du général Marbot ont fourni à M. André Marchand le motif de quelques costumes militaires. L’épisode que l'artiste a choisi n’est pas le plus significatif de ces souvenirs d’un si rare intérêt. S’il avait poursuivi sa lecture, il aurait rencontré plus loin, presque à chaque page, des récits d’un pittoresque et d'une émotion supérieures ; il y aurait même trouvé des spectacles grandioses, tableaux tout faits par un soldat qui fut témoin et acteur de la grande épopée militaire de la Révolution et de l’Empire.
La mort de Marceau , par M. E. Boutigny, a le tort de venir après les Funérailles de Marceau, de M. J. -P. Laurens, non pas que les sujets appartiennent à quelqu’un : ils sont à tout le monde. Mais il est prudent de ne les aborder que si on est certain de faire oublier ou du moins d’égaler les œuvres qui ont précédé. Le Marceau de M. Boutigny est un bon tableau de genre, un simple épisode des guerres de la Révolution. La mort du jeune général et ses funérailles eurent quelque chose d’antique par la grandeur poétique qui les entoura ; son histoire est dans le souvenir universel. Nous n'en retrouvons pas ici toute la majesté.
M. H. Tenré nous montre le maréchal Castellane dans sa famille. Le grand bonheur de ce général primesautier était, dit-il lui-même dans son Journal , de se retrouver dans sa famille. Soit, mais y portait-il toute la raideur militaire que lui attribue M. Tenré? Rien n’est moins patriarcal que cette scène d’intérieur; on croirait plutôt assister à la conférence d’un Jomini sur les diverses bases d’opérations militaires.
Le Wagram , de M. Chartier, est une furieuse charge de cavalerie où se trouve un élan que l’on ne rencontre pas dans la Charge des Grenadiers de la Garde à Eylau , par M. Schommer. Avant la Charge , de M. Brisset, représente les grenadiers, en ligne, attendant le signal de la charge. C’est le moment qui précède celui qu’a choisi M. Schommer : c’est une revue dans la neige. La Dépêche , de
MUE L, ABBEMA