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FAUT PAS DE MODELE

côté il faudra s’orienter pour trouver ce nouveau, qui n'existe pas, mais dont le public a toujours besoin. Il est donc probable que, dans un temps prochain, nos paysagistes reviendront vers les pays du soleil pour redonner un peu de chaleur à leur exécution anémique.

Il paraît étrange que l’Algérie n’ait pas inspiré les peintres avec autant de puissance que l'Orient. Malgré Delacroix, malgré Fromentin, les mœurs et les paysages algériens, si charmante que soit la séduction de leur couleur, n’ont pas pris une place capitale dans l’art. C’est que le pittoresque ne suffit pas toujours. Les images de la

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grand mouvement qui a entraîné vers lui tous les artistes de la première moitié de ce siècle, s'est arrêté après avoir produit une magnifique floraison d'œuvres. On se tourne maintenant vers les contrées incolores du septentrion; mais déjà la lassitude de ce nouveau pèlerinage commence à se faire sentir et on se demande, aujourdhui, de quel

nature, si grandes qu'elles soient par elles-mêmes, sont plus grandes encore quand elles représentent quelque époque de l'histoire des hommes et l’Algérie n’a pas d’histoire. Son ciel, ses horizons, ses montagnes, ses défilés, ses forêts ont autant de splendeur que ceux de l'Egypte, de la Syrie ou de la Grèce, mais ce n’est pas impunément que l'homme a vécu de grandioses événements dans un coin du globe. Il reste toujours quelque chose de lui au sol d’où il est né et où il est enseveli. Et comme nous connaissons, à peu près, la vie de nos semblables ou de nos ancêtres, les lieux que le peintre évoque devant nous, se revêtent à nos yeux de la sublime poésie du passé. Tout est à refaire de ce qu’ont fait les maîtres romantiques ; tous les sites qu’ils ont choisis sont à regarder avec nos yeux qui voient autrement que les leurs. Peu importe que tous les beaux points de vue aient été copiés cent fois et soient déshonorés par la présence des voyageurs d’agences. Toute beauté sort de l’âme de l’artiste et il serait à souhaiter que les peintres revinssent de nouveau vers cet Orient où sont nés tous les arts, pour nous en rapporter des impressions qui répondent à l’admiration profonde qu’il inspire à tous ceux qui sentent et à tous ceux qui savent.

Les tableaux algériens ne sont pas en nombre à ce Salon. Ils ne nous transmettent qu’une sensation très nette : celle d’une scrupuleuse exactitude. L q Ravin de Boii{areah, de M. Tanzi, manifeste la parfaite conscience de cet artiste devant la nature ; un peu de laisser-aller y serait peut-être un agrément de plus. Sidi-l’ Hassen, près Tlemcen , par M. Joubert, est un gracieux paysage, de couleur gaie. A travers les allées d’arbres, sous un soleil tempéré, le village étale ses toits blancs et ses coupoles. On se croirait presque en France, dans une bourgade du Centre, par un beau jour d’été. Sur la route du Kardada, par M. Rigolot, s’illumine, au contraire, des couleurs les plus étincelantes ; les tons d’or et de violet s’y heurtent avec véhémence sous un ciel aveuglant. C’est une impression de la véritable Afrique, l’été, en plein midi. On sent quelque joie, après avoir passé devant cette fournaise, à s’arrêter devant La Neige à Montbardon,

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