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LA DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES AU PALAIS DE L'INDUSTRIE

( EXP°f UN1!^ DE 1889.)

essaient de nous redire les grandes choses d’autrefois et y réussissent par le seul effort de leur sincérité.

Nous devons à M. James Tissot une grande considération artistique. Son étonnante illustration des Evangiles témoigne d’un labeur immense mis au service du talent le plus authentique. Après un pareil

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effort, un artiste a pris une place à part dans l’art contemporain. Aussi n’est-il que juste de faire bénéficier toutes ses œuvres de la sympathie qu'il s’est acquise par l’une d’entre elles. Cette année, il présente une vaste toile : La réception à Jérusalem du légat apostolique du Saint-Siège, S. E. Mgr le cardinal Langénieux par le patriarche S. B. Mgr Piavi. La première impression n’est pas celle que nous eussions voulu ressentir. Ce tableau est un tableau officiel, et c’est son excuse. Mais cet amas de personnages, ou plutôt de portraits,

ne se fond pas dans une atmosphère générale qui lui donne la profondeur, qui établit les plans et constitue la vitalité de la représentation. Cette réserve faite, le tableau gagne à être étudié de près. Toutes ces physionomies, prises séparément, ont le relief, le caractère très personnel de la nature. Chaque portrait pourrait être détaché de l’ensemble et garder son individualité. Comme souvenir d’une cérémonie pieuse, on ne peut désirer une plus exacte ressemblance; le document est précieux pour les futurs historiens du catholicisme à Jérusalem.

Non loin de cette grande toile d’histoire moderne, on en rencontre une autre, d’histoire révolutionnaire, et dont il faut dire quelques mots, non pour sa valeur propre, mais pour le milieu dans lequel elle se trouve exposée. C’est la Nuit du g au 10 thermidor , de M. Weerts. M. Weerts est l’auteur, à ce même Salon, d’une douzaine de portraits qui, par bien des points, relèvent de la miniature, non pas tant par la dimension que par l'art joli avec lequel ils sont exécutés. Au milieu de cette galerie de portraits, se trouve un tableau d’histoire, tragique épisode qui a déjà séduit plus d'un artiste avant lui. Comme un simple peintre d’histoire, aux Champs-Elysées, M. Weerts a recours au catalogue pour nous expliquer de quoi il s’agit. Nous copions : « On y était fort divisé. Saint-Just, Courthon, Coffinhal presque tous voulaient agir. Robespierre voulait attendre. Changer de rôle, commencer une guerre contre la loi n’était-ce pas en ce moment effacer toute sa vie, biffer de sa propre main l’idée dont il avait vécu, qui faisait toute sa force? Cependant cette parole de Couthon : « Nous n’avons plus « qu’à mourir? »' sembla l'ébranler un moment. Il prit une feuille au timbre de la commune, qui portait déjà tout écrit un appel à l'insurrection et d’une lente écriture, à main posée, il écrivit ces deux lettres

qu’on voit encore : Ro Mais, arrivé là, sa conscience réclama, il

jeta sa plume. « Ecris donc », lui disait-on. — « Mais au nom de « qui ? » Ce mot assura sa perte; mais son salut aussi dans l’histoire. »

Ainsi voilà un paragraphe de l’Histoire de France de Michelet, nécessaire pour expliquer ce tableau. Nous nous demandons ce que

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