NUIT D'ITALIE
STENGE.LïN
BERGERIES BRENTHOISES
LA PEINTURE
ressemblance. M. Jeanniot possède à un degré très accentué, le sens du trait de valeur. Quelquefois même il accuse ce trait avec tant de vigueur qu’il touche à la caricature. Ce n’est pas le cas assurément dans le portrait de Madame T... et dans celui de M. G. H... ; mais notre observation ne va qu’à expliquer quelque dureté dans ces deux toiles, si expressives d’ailleurs. Il faut noter, en passant, un bon portrait de Madame Dolorès de Guanabacoa , par M. Lottin.
Quant à MM. Alexander et La Gandara, leur manière, si différente, d’ailleurs, s’unit dans un point commun qui est la représentation de la femme du monde.
A regarder les choses froidement, sans tenir compte d’un état d’esprit particulier au
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peintre et à son modèle,
les tableaux de M. Alexander et ceux de M. La Gandara relèvent de l’art le plus superficiel. Malgré une recherche constante de l’originalité dans la pose, malgré la crainte perpétuelle et bien inutile de paraître banal, nous ne sommes frappés ni par un faire large, géné-
reux, maître de soi, ni par une fine intelligence de la personnalité humaine. Une seule impression s’impose au spectateur : celle d’un effort toujours tendu vers le rare, l’étrange, le non déjà vu, effort d’autant plus visible qu’il émane d’artistes auxquels manque l’originalité foncière, celle qui se révèle quand on ne la cherche pas. Cependant, il faut le reconnaître, il y a une connexion étroite entre le représenté et sa représentation. Cette peinture mondaine est celle qui convient à des mondains.
Nous n’avons qu’à feuilleter l’histoire de l’art pour constater l’ennui et le chagrin des plus grands artistes devant l’obligation d’un portrait de princesse ou de grande dame. Les exigences sans fin, les fantaisies, les dégoûts du modèle imposent au malheureux peintre, un génie quelquefois, des changements perpétuels où il perd le meilleur de ses qualités. Il doit se conformer aux mille tyrannies de la femme qui entend qu’on la fasse telle qu’elle veut être et qui professe, en général, pour l’art, le plus parfait dédain. On souffre pour le peintre de cette sujétion qui n’a jamais de limite parce qu’elle est irraisonnée. Aussi, combien sont rares les portraits où l'on ne sent pas à tout instant, la toute puissante volonté d’un modèle impérieux! Et comme l’on comprend ces artistes sincères qui refusent de travailler à cette toile de Pénélope qu’on appelle le portrait d’une femme du monde!
Mais M. La Gandara pas plus que M. Alexander ne semblent souffrir de ces inquiétudes. Ils nous représentent bien les mondaines et mondains tels qu’ils sont et tels qu’ils veulent être. Ne faisons pas leur procès. Au fond, ils ont raison. Il ne faut pas travailler au bonheur des gens malgré eux-mêmes. Ce qu'on appelle le monde 11’en demande pas davantage. De quel droit un peintre véritable donnerait-il son émotion à qui ne la comprend pas et n’est même pas en état de la comprendre ? Ce serait du bien perdu et il n’y a pas tant de conviction parmi les artistes pour qu’il faille le gaspiller en pure perte. Puisque tout le monde est content, soyons-le aussi.
La Rade de Marseille , de M. Montenard est un panneau décoratif destiné au palais de l’Union française à Constantinople. On peut
RUCH