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SOUVENIR DE SIBÉRIE

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LA PEINTURE

Le sentiment religieux est toutefois moins pénétrant dans la Vierge au Chasseur , que dans le tableau de M. Buland, Devant les reliques. Rien n’est plus opposé comme conception que ces deux œuvres, quoique la source d'inspiration y soit commune. Autant 1 une respire la distinction mondaine, autant l’autre exhale la vulgarité. Les physionomies manquent foncièrement d’intelligence ou même de cette

Capjjrujfit ifiÿj by Gabriel Ferri, v

O. FERRI ER Harmonie.

noblesse instinctive que donne tout sentiment élevé; mais la conviction y est si forte qu’elle suffît pour tirer de pair ces portraits de paysans agenouillés devant l’autel. L’exécution est à l'unisson de la pensée, sans poésie et sans grâce, mais vigoureuse et de la plus entière loyauté. Ce sont là des œuvres de conscience et de probité qui méritent une haute estime.

Les Communiantes , de M. Royer et celles de M. Trigoulet sont une réplique nouvelle et intéressante de ce thème que les jeunes peintres reproduisent avec une constance inlassable et dont ils tentent toujours de fixer le charme fugitif.

M. Struijs, familier des scènes lugubres qui précèdent ou suivent les funérailles, interprète le désespoir funèbre avec une rare intensité d’expression. Consoler les Affligés est une scène à deux personnages : un prêtre, assis près d’une femme du peuple qui fond en larmes, lui donne ces consolations pieuses qui ne consolent jamais mais qui sont un dérivatif momentané à la douleur. Le sentiment, le geste, l’exécution, tout y est juste, puissant, triste d’aspect, sorte d’écho lointain des grandes oeuvres d’autrefois.

L’art flamand ne se plaît que dans le spectacle des intimités, dans l’histoire des humbles. Là, elle manifeste une ampleur qui n'a pas son équivalent dans les autres écoles. Les deux tableaux de M. Dierckx sont des scènes de l’asile des enfants abandonnés. Dans Les Abandonnés et Le Dîner à l'asile des enfants , s’entasse un même peuple de bambins aux joues rebondies. L’écueil d’un pareil sujet était la fadeur. Tout est rond, tout est mou chez le petit enfant ; les caractères de la physionomie n’y sont encore qu’esquissés. M. Dierckx a vaincu la difficulté par une exécution à la fois forte et gaie. Ce nid d’oiseaux est plein de santé et de vie. Aucune mélancolie dans ces visages qui n’ont pas conscience de leur misère ; ce petit monde est plein d’espérance et l’artiste en a autant que ces marmots serrés les uns contre les autres comme des oiseaux en brochette. L’impression est pleine de charme.

Celle que l’on éprouve devant L'Enfant malade , de M. Wilhelmson est plus mélancolique. Les intérieurs suédois n’ont pas cette joie confortable qui semble être le privilège des intérieurs flamands et hollandais. Le sujet n’y est pour rien, malgré l’apparence. Che\ la Marchande du village , scène où ne se voient que des commères, comporte également un fonds de tristesse incurable, que ne parvient pas à atténuer la sincériré de la peinture. Comme on respire mieux dans cet Intérieur hollandais , de M. Pieters, où tout est frais, coloré, de bonne et robuste sérénité ! Un rayon de soleil filtre à travers les arbres du jardin et les rideaux des fenêtres, dans cette grande salle à la fois cuisine et salle à manger. On se croirait presque, tant la clarté est

GHECA

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