‹ Salons, 1844, 1845, 1846, 1847, 1848;Chapitre 12 sur 36 · NOUVELLES TENDANCES DE L ART. XXIX · texte numérisé non relu

NOUVELLES TENDANCES DE L ART. XXIX

sorte d'Espagnols égarés , représentèrent , avec une gravité naïve qui atteint au style , des paysans et des travailleurs^ mais en diminutif. C'était le bon moyen d'être peu remarqués sous le règne de l'emphatique Lebrun : aussi ne sait-on presque rien de la biographie de ces maîtres singuliers.

Au dix-huilième siècle , Watteau^ Chardin, Greuze, Boucher meuie etFragonard, firent des sujets familiers, pastorales et paysanneries, boudoirs et conversations, scènes de famille et de ménage ; en petit toujours, la grandeur naturelle étant réservée de droit à Vénus et à Pompadour.

Les amateurs du a grand genre » ont beau contredire : cette (( petite » école-là est peut-être la plus française — la seule française— de toute notre tradition. Au seizième . siècle, nos artistes, — sauf les Clouet, Flamands d'origine, — ne furent-ils pas tous Florentins? au dix-septième siècle, Romains? L'illustre Poussin, quelle que soit sa valeur philosophique, n'est-il pas encore plus de Rome que des Andelys?

Aussi cette école fringante des « petits» maîtres du dix-huitième siècle inspira-t-elle bientôt une profonde horreur. La mythologie et Théroïlogie reprirent vile le dessus, et Louis David, qui avait pourtant ses sansculottes sous la main, retourna chercher dans les temps antiques des ligures déshabillées. Mais les déshabillés de Walteau valent mieux que les siens. Ce qui demeurera le chef-d'œuvre du peintre des fJoraces^ de Brutus, de Lconidas, c'est précisément un sujet de son temps, qu'il peignit d'impression, d'après nature, le Marat assassiné dans sa baignoire.

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