‹ Salons, 1844, 1845, 1846, 1847, 1848;Chapitre 15 sur 36 · NOUVELLES TENDANCES DE L ART. XXXIII · texte numérisé non relu

NOUVELLES TENDANCES DE L ART. XXXIII

la Leçon d'anatomie, mais ce serait un mauvais pendant à WEcole d'Aihènefi, de Raphaël.

Il a peint encore cinq bourgeois d'Amsterdam , paisiblement assis autour d'une table, et coiffés de chapeaux à grands bords, qui ombragent leurs têtes sérieuses. On les appelle les Staalmeesters, ou les Syndics, ou les mai- Ires plombeurs de la corporation des drapiers. Ils sont là pour les affaires de leur gilde, mais ils pourraient aussi bien s'occuper ensemble des destinées du monde, de la Réformation religieuse peut-être, ou de la politique de 1 Europe, ou du commerce avec les Grandes- Indes, ou de science, ou de beaux-arts. On a vu de pareils bourgeois, dans ces pays-là, sur les bords du Rhin ou de TEscaut, contrarier les royales maisons d'Autriche et d'Espagne.

Notez que tous ces illustres inconnus sont de grandeur naturelle.

Quelles sont encore les autres œuvres de Rembrandt, après ces chefs-d'œuvre? Au musée du Louvre, par exemple , un voyageur blessé qu'on transporte dans une hôtellerie (dit : le bon Samaritain) ; deux hommes qui reconnaissent un de leurs amis à la table d'un estaminet de campagne (dit : les Pèlerins d'Einmaïis)'\ le ménage d'un menuisier (dit : la Sainte Famille) ; un philosophe en méditation (n'est-ce point Diogène ou quelque autre Grec?). Puis, dans toutes les galeries de TEurope, bien d'autres sujets aussi peu ambitieux : des femmes qui se baignent et qu'on appelle des Suzanne, des vagabonds qui pèchent à la ligne et qu'on appelle des Tobie , de vrais paysages — sans Enée^ — et une foule de portraits a.ssez surprenants.

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