XIV NOUVELLES TENDANCES DE L ART
dix-neuvième siècle offre tous les symptômes. Un des initiateurs du Romantisme en avait l'instinct, lorsqu'il écrivait celte belle formule, élernellement vraie : — A société nouvelle, art nouveau.
Eh bien, il y a maintenant en France, et partout, une inquiétude singulière , une aspiration incompressible vers une vie essentiellement différente de la vie passée. Toutes les conditions de l'ancienne société sont bouleversées, dans la science et dans les religions qui sont le résumé de la science, dans la politique et dans l'économie sociale qui est l'application de la politique, dans l'agriculture, l'industrie et le commerce, qui sont les éléments de l'économie sociale. D'incomparables découvertes ont donné à toutes les idées,, à tous les faits, une extension imprévue et indéfinie. Il y a comme un télégraphe invisible, qui fait circuler presque instantanément et partout les impressions des peuples, les pensées des hommes, les événements, les nouveautés de toute sorte. Le moindre tressaillement moral ou physique, éprouvé sur un point quelconque, se perpétue de proche en proche et se transmet tout autour du globe. L'Humanité est en train de se constituer, et bientôt elle aura conscience d'elle-même jusqu'aux extrémités de ses membres.
Le caractère de la société moderne — de la société future — sera l'universalité.
Tandis qu'autrefois — hier — chaque peuple se renfermait dans les petites circonscriptions de son territoire, de ses traditions spéciales, de son culte idolâtrique, de ses lois égoïstes, de ses préjugés ténébreux, de ses coutumes et de son langage, il tend aujourd'hui à s'é-