NOUVELLES TENDANCES DE L ART. XV
pandre hors de ses bornes étroites, à ouvrir ses frontières, à généraliser ses traditions et sa mythologie, à humaniser ses lois, à éclairer ses conceptions, à élargir ses usages, à confondre ses intérêts, à prodiguer partout son activité, sa langue et son génie.
Telle est la propension actuelle de l'Europe, et même des autres parties du monde. Sauf ce signe caractéristique, le reste n'est qu'accident, phénomène éphémère^ indigne de figurer dans les grands calculs de la civilisation. Tout cela, d'ailleurs, est assez communément admis^ ou, du moins, pressenti. Mais ce qui paraît peu familier, même aux penseurs clairvoyants, c'est la transformation que ces influences comportent dans la poésie, la littérature et les arts.
En quel sens le caractère des arts sera-t-il forcément modifié par la métempsycose sociale qui s'opère?
Cette question esthétique est assurément de haute curiosité, et surtout de haute importance pour l'avenir de la poésie et des beaux-arts.
La dernière école littéraire et artiste voyageait volontiers dans les temps passés, et une de ses qualités a été de ressusciter et de restituer bien des traits de l'histoire, — de sa propre histoire, — oubliés ou défigures.
Souvent aussi, par instinct, elle s'est aventurée dans Fespace, et elle a essayé son tour du monde... en imagination. Car, d'habitude, ce fut au coin du foyer national qu'elle inventa ses peintures de la vie « étrangère;»