NOUVELLES TENDANCES DE L ART. XXXIX
d'eau en est déplacée, et s'engage dans une série nouvelle. Et si, après le plissement de la surface^ qui a glisse d'un bord à Tautre, tout semble comme auparavant, le niveau du lac n'en est pas moins exhaussé d'un degré imperceptible et incalculable. L'ancien ordre a été bouleversé — par un caillou.
En peinture et en littérature, dans tous les arts, les dieux^ — qui s'en allaient, on le disait depuis longtemps, — s'en sont allés. Ils sont partis et ne reviendront plus. Et les héros avec eux sont déjà loin. On peut croire que le temps àes hommes est enfin arrivé. Seulement, et c'est la condition de leur succès futur, ils devront avoir meilleure mine que les héros de l'académie.
Peut-être, à cette heure, y a-t-il quelque part des artistes obscurs, préoccupés de recherche intellectuelle et de tâtonnements pittoresques, volontairement confinés dans de misérables atehers, et qui, comme Corneille, ont à peine des souliers pour sortir le jour et une lampe pour dessiner la nuit, et qui ruminent à vide, douloureusement, la pensée universelle, pour l'exprimer dans une langue intelligible à tous : Fiat lux !
Car ce qui importe maintenant, c'est de briser d'abord la vieille prison du double symbole, de sortir de la Babel aux langues confuses, et de créer, par la vertu de la pensée commune, une langue commune aussi, une forme lumineuse, dégagée de toutes les ombres portées sur la nature humaine par les hautes frontières des systèmes