XL NOUVELLES TENDANCES DE L ART
absolus, des préventions locales, par les erreurs de toute sorte qui divisent encore la famille des nations.
Et Falphabet de cette typographie vraiment universelle ne saurait avoir qu'un caractère commun, — l'homme.
Alors les beaux-arts et les belles-lettres, au lieu de n'être qu'une distraction de raffinés et d'érudils, une sorte de curiosité aristocratique, comme ils l'ont toujours été depuis la Renaissance, comme ils le sont encore, deviendraient une monnaie courante pour la transmission et l'échange des sentiments, une langue usuelle à la portée de tous.
Croyez-vous que le vulgaire en France, c'est-à-dire le peuple français, se soit jamais beaucoup intéressé à Marot et à Ronsart, à Boileau et à Racine, à 31. Lamartine et à M. Hugo, parmi les lettrés, —à Poussin et à Lesueur, à Watteau et à Boucher, à Delacroix ou à Ingres, parmi les peintres? Pur amusement de raffinés, — desquels nous sommes, hélas !
On dit avec raison que les arts et les lettres ont toujours été la véritable noblesse de la France. Noblesse, en effet, et qui n'a jamais beaucoup dérogé jusqu'à se mêler parmi la roture inéduquée. Mais c'est justement cette démarcation de classes intellectuelles qui est injuste^ et qu'il faut effacer.
Et quand, suivant l'expression de M. Edgar Quinet, (( les formules fictives ayant fait place à l'accent spontané, » tout le monde serait initié à la langue des arts, exprimant des conceptions humaines, et par conséquent générales, alors, sans doute, sur la pensée commune se reformeraient de nouvelles allégories; car l'allégoria