‹ Salons, 1844, 1845, 1846, 1847, 1848;Chapitre 22 sur 36 · NOUVELLES TENDANCES DE L ART. XLI · texte numérisé non relu

NOUVELLES TENDANCES DE L ART. XLI

elle-même, nous le reconnaissons très-volontiers, est aussi immortelle que la i)oésie sa mère; car tout art, comme toute langue, si universels qu'ils soient, reposent sur des rapports groupés : il n'y a point de mot ni d'image, qui, dans l'usage, ne passe forcément d'une signification d'abord spéciale et concrète à une harmonie analogue, plus ou moins collective et abstraite; sans quoi il faudrait autant de mots et d'images qu'il y a d'idées dans la tête humaine et d'objets différents dans la nature^ c'est-à-dire à l'infini.

Mais de ces métaphores imprévues, de ces fables enfantées par l'accord réciproque de toutes les intelligences, tout le monde en pourrait soulever le voile.

Il n'y aura plus de danger à enfermer l'idée dans des hiéroglyphes, quand tout le monde, en ayant les clefs, pourra la délivrer.

Voltaire, qui avait écrit quelque part : « Les fables ne sont que l'histoire des temps grossiers, » a écrit ailleurs : « Une fiction qui annonce des vérités intéressantes et neuves n'est-elle pas une belle chose ? »

Assurément. La métaphore littéraire et pittoresque est un beau masque de rhétorique ; mais encore s'agit-il de savoir ce qui est dessous.

Si la forme seule était intéressée dans les arts, quand une certaine perfection plastique pour une certaine idée a été atteinte par un certain peuple, — et cela s'est vu plusieurs fois : en Grèce, au temps de Phidias et d'A-

Page 1