XLII NOUVELLES TENDANCES DE L ART
pelles; en Italie, au temps de Michel-Ange et de Raphaël, — il n'y aurait plus rien à faire pour la postérité, — rien, qu'admirer et imiter.
Aussi les esprits superficiels qui ne pénètrent point l'essence même des choses^ les esprits courts qui ne se projettent point dans l'avenir, voyant derrière eux des images réalisées en toute perfection, et ne soupçonnant pas qu'on puisse réaliser une perfection analogue, ou même supérieure, par l'invention d'une pensée tout autre, fixent le type de l'art et de la beauté, les uns dans l'Antiquité grecque^ les autres dans la Renaissance talienue, quelques-uns même dans le moyen âge.
Mais vraiment il n'y a point de type en art^ pas plus qu'il n'y en a dans la nature.
Quel est le type du beau paysage? la campagne torréfiée des tropiques, ou la campagne glacée du Nord? ritaUe ou TEcosse? Aimez-vous mieux la mer, ou les montagnes? le printemps ou l'automne? le calme ou la tempête?
Quel est le plus beau type dans la race humaine ? le type greCj ou le type romain? ou le type arabe, ou le type anglais? ou peut-être le type parisien?
On demande souvent aussi aux phrénologistes : mais enfin quel est le type parfait de l'organisation cérébrale? montrez -moi donc une tête qui ait tout comme il faut !
Mais Raphaël qui est peintre, Richelieu politique, Molière poëte, Newton savant, Beethoven musicien. Watt mécanicien, tels quils sont ne les trouvez-vous pas comme il faut — pour ce qu'ils ont à faire ? car ils ne sont, l'un peintre et l'autre poëte, celui-ci savant et celui là politique, que parce qu'ils diffèrent- S'ils se