‹ Salons, 1844, 1845, 1846, 1847, 1848;Chapitre 24 sur 36 · NOUVELLES TENDANCES DE L ART. XLIII · texte numérisé non relu

NOUVELLES TENDANCES DE L ART. XLIII

ressemblaient tous, et les autres à eux dans un type commun, un seul homme dispenserait de tous les hommes ; et alors il n'y aurait plus ni humanité, ni société; il n'y aurait plus ni art, ni science, ni pensée, ni action^ ni rien. Un dieu tout seul. Le néant.

La recherche d'un type en art est donc absurde. Comment croire que l'avenir soit — derrière nous !

L'art est incessamment et indéfiniment muable et perfectible, comme toutes les manifestations de Thomme, comme tout ce qui vit au sein de l'univers.

Pourquoi donc Michel-Ange et Raphaël n'ont-ils pas désespéré, après Phidias et Apelles? Et comment se sontils élevés dans la poésie aussi haut que ces Grecs inimitables ?

En ne les imitant pas.

Ils poursuivaient une autre pensée, distincte de la pensée antique, et ils l'ont exprimée à l'aide de facultés qui, apparemment, ne sont pas le privilège d'un seul peuple, ni d'une seule civilisation, mais qui constituent le génie indéfectible de l'espèce humaine.

Et pourquoi les siècles qui viennent ne produiraientils pas des artistes aussi grands que Raphaël et Michel- Ange? Rien ne Tempêche. A la condition pourtant qui permit aux Italiens d'égaler les Grecs : à la condition de no point imiter la Renaissance; et par conséquent d'avoir une autre idée et d'exprimer une autre civilisation.

Sans cela, tout est fini.

Seule, la pensée fait les véritables révolutions. Changer la forme, c'est pure fantaisie, et chacun y peut contribuer du bout de sa plume ou du bout de son pinceau. Mais changer le fond, cela no se fait pas à plaisir. Il no

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