‹ Salons, 1844, 1845, 1846, 1847, 1848;Chapitre 4 sur 36 · XVT NOUVELLES TENDANCES DE L ART · texte numérisé non relu

XVT NOUVELLES TENDANCES DE L ART

ce fut à une sorte de miroir dont les artistes ont le secrel qu'elle emprunta des reflets fantasmagoriques de la nature (( étrange » qui resplendit sous les ciels lointains. On disait bien que tel poète était allé en Palestine^, tel sur les bords du Rhin, tel au delà des Alpes ou des Pyrénées. Mais de ces odyssées merveilleuses, vraies ou supposées, aucun poète, aucun littérateur n'avait rapporté celte « couleur locale » que le romantisme prétendait employer dans ses tableaux.

Le Français, qui ne voyage guère, voyage très-mal. Comme on parle presque partout sa langue, il se dispense de savoir les langues « étrangères, » et c'est pourquoi, ne communiquant point avec les populations autochlhones des pays qu'il parcourt, il apprend peu et il méprise beaucoup.

Ce l'ut donc à des excursions — intellectuelles, plus qu'à des relations directes et profondes avec le génie « élranger, » que tous ces fantaisistes habiles durent le succès et même la gloire.

Il en était ainsi non-seulement pour les lettres, mais encore pour la philosophie, pour la politique, pour l'histoire.

Parmi les peintres, bien peu aussi avaient eu le privilège d'admirer les ciels a étrangers; » et c'était dans ces rares échappées que leur talent avait saisi l'originalité et la force. Je ne parle pas de la petite colonie monacale qui s'enterre dans les catacombes de Rome. Mais il se trouva, un beau jour, qu'un artiste enragé eut l'idée d'aller voir en Orient des patrouilles et des caravanes, des écoles et des cales ; un autre, en Algérie et dans le Maroc, des femmes voilées, des Mauresques qui dan-

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