SCULPTURE
Davhl d'Angers, Rutle, Maindroii, Pratlîer, etc.
David d'Angers n'a rien envoyé au Salon. Sa grande statue de Larrey, qui doit décorer la cour principale du Yal-de-Grâce, est chez le fondeur en bronze. Le piéde.-)tal offrira quatre bas-reliefs : Larrey organisant les ambulances volantes, destinées à secourir les blessés sous le feu de Tennemi : la Bataille d'Auslerlitz: une des batailles en Egypte, et le Passage de la Bérésina. M. David est occupé encwe à la statue de Casimir Delà vigne
et à celle de Bernardin de Saint-Pierre pour le Havre. Il est bien regrettable que sa belle statue de Jean Bart n'ait pas pu attendre le Salon. La ville de Dunkerque était pressée d'inaugurer son héros sur la place publique; le peuple et les marins voulaient leur bronze tout de suite, et ils l'ont enlevé sans que Paris ait eu le temps de l'admirer. Nous l'avons vu cependant au milieu des ateliers de la fonte; c'est un des excellents ouvrages de David, et qui prouvera, dans quelques siècles, que «nous n'étions pas des enfants, du moins en sculpture » , comme disait Diderot à propos de Falconnel. David d'Angers est crtainement le statuaire qui, plus tard, représentera notre époque, comme Germain Pilon, la Renaissance; Girardon, le siècle de Louis XIV; et les Coustou, le dix-huitième siècle. lia sur eux. l'avantage de travailler pour des villes et pour Tout-le-monde, tandis qu'ils ne travaillaient que pour des palais et pour le prince.
Depuis la Renaissance, la sculpture n'avait guère fait que de la mythologie et de l'allégorie , transformant même les personnages historiques en dieux païens^ déshabillant Louis XIV en Apollon avec une perruque^ et les maîtresses royales en Dianes ou en Vénus. Notre siècle s'est retourné sérieusement vers l'histoire, et David d'Angers a eu le privilège de reproduire les plus grands hommes de tous les pays, sans les adoniser ni les travestir. L'œuvre de David d'Angers sera bien curieux dans mille ans, quand on retrouvera tous nos contemporains illustres, en bronze ou en marbre, en ronde-bosse ou en bas-relief. La tête do Lamennais naura pas moins d'intérêt pour la postérité que les têtes
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des Sénèque ou des Cicéron, découvertes sous les ruines de rancienne Rome.
Rude s'est abstenu^ de son côté, de présenter au jugement de ses amis les ennemis, composant le jury académique, une grande statue de Napoléon, destinée à la Bourgogne. Nous avons vu dans son atelier le modèle en terre, qui sera coulé en bronze, et qui surmontera un tombeau consacré à la mémoire de l'Empereur dans une propriété particulière, à Fixin, près de Dijon. Oui, ce sont deux hommes qui ont imaginé d'élever, tout seuls^ et à leurs frais, un monument à Napoléon; c'est Rude lui-même, avec un de ses camarades de l'Empire, officier de la vieille armée, qui se donnent le plaisir de célébrer en famille le guerrier qu'ils ont connu et admiré. Il se pourrait bien que le tombeau de Dijon valût le tombeau des Invalides.
Quand M. Rude, avec sa grosse tête qui rappelle uu peu Michel-Ange, et sa longue barbe grise, m'a raconté cela très-simplement, comme quoi ils faisaient, à deux, leur épopée nationale^, l'un fournissant le capital, l'autre le talent et le travail, il m'a semblé que le sentiment politique n'était pas mort en France. Les vieux de la Révolution et de l'Empire ont conservé le culte de la patrie et des choses héroïques. La fête de Jean Bart, de David d'Angers, nous l'avait montré dans les populations provinciales; nous le retrouvions ici chez le vigoureux auteur du bas-relief de 92, à l'arc de l'Etoile.
Le Napoléon de Rude est couché sur le roc de Sainte- Hélène, et enveloppé de son manteau comme d'un linceul. Il semble se réveiller de la mort dans l'immortalité. Sa tête est belle et radieuse; la draperie est
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simple et modelée à grands plans qui laissent transparaître la forme du corps. C'est une apothéose pleine de conviction, et presque religieuse; c'est comme une promesse de résurrection future. Peut-être, quelque jour, en passant par la Bourgogne, apercevrez-vous le mausolée de Napoléon sur un tertre, entouré de cyprès, et vous songerez aux deux généreu:^ patriotes qui ont entendu symboliser la France dans son empereur belliqueux.
Les seize élèves de Rude ont été refusés par le jury, comme nous l'avons annoncé le jour de l'ouverture. La proscription est flagrante. L'Académie n'aime pas Tindépendance du caractère et l'énergie du talent. Pourquoi les élèves de Rude ne vont-ils pas à l'atelier de M. Nanteuil ou de M. Ramey? Mais, à propos, quels sont donc les ouvrages publics de M. Ramey, de M. Nanteuil et de ces autres Romains inflexibles, pour les recommander à la jeunesse amoureuse des arts? Ces Michel-Ange.jaloux n'ont jamais fait de chefs-d'œuvre, à notre connaissance, ni dans le style antique^ ni dans le style religieux, ni dans le style moderne. Quel droit ontils de refuser une école tout entière, assurément bien conduite, de refuser la Lucrèce de Maindron, ou la Vierge de Du Seigneur, ou la Danseuse de Lévêque, ou les Animaux de Fratin, ou les bustes de tout le monde? Ils n'ont jamais sculplé ni dieu ni bote, ni homme ni femme^ avec les apparences de la vie. Nous les défions, à eux tous, de modeler une statue de l'Impuissance, qui est leur déesse, pour l'exposer dans la salle secrète de leurs proscriptions.
L'habile enseignement de Rude a produit cependant
plusieurs disciples, dont les œuvres méritaient la publicité. On nous a montré une Vierge de M. Blanc, un Enfant prodigue de M. Montagni, un Saint-Pierre de M. Franceschi^ un Ange funèbre de M. Capellaneau, qui annoncent des études sérieuses et un bon sentiment de la forme et du style. Mais, encore une fois, le jury a bien refusé Du Seigneur, qui a décoré des églises entières, et Maindron, qui a fait la Velléda du Luxembourg et la statue du général Travot, sur la place de Bourbon- Vendée.
Par hasard^ ou par indulgence, en compensation de la Lucrèce, statue de sept pieds, et d'un bas-relief de huit pieds, en marbre, pour un tombeau, les sculpteurs de TAcadémie ont reçu l'Aloys Senefelder, de Maindron. Senefelder est l'inventeur de la lithographie. Né à Prague, en 1772, il fit, en 1796, sa découverte, importée en France par André d'Offenbach, mais popularisée seulement en 1815, par le comte de Lasteyrie et Engelmann. Senefelder n'est mort qu'en 1834. Sa statue en pierre est destinée aux ateliers de M. Lemercier, qui doit sa fortune à l'invention de la lithographie. Il est toujours noble de vénérer Timage de son sauveur au milieu de la tempête sociale.
La reconnaissance de M. Lemercier aura produit une des belles figures de la statuaire contemporaine; car Maindron a mis dans son œuvre une science supérieure et une vigueur d'expression bien rare aujourd'hui. Senefelder est debout, simplement vêtu à la moderne, et tenant de la main gauche une épreuve de la Vierge avec l'Enfant. Sa tète, vivement accentuée, indique la réflexion et la persévérance; la pose n"a aucune affecta-
lion théâtrale; c'est un homme qui se présente droit et ferme avec sa pensée dont il est sûr. Les plis des draperies sont (rancs et sobres^ accusant bien les dessous^ sans charlatanisme et sans exagération; mais tout y est juste dans le mouvement. Les lignes générales ont de la grandeur el une forte tournure, et l'exécution des détails est irréprochable. Il y a longtemps que Maindron a fait ses preuves comme excellent praticien.
Le succès du Salon est pour Pradier, avec son marbre de la Poésie légère; légère, en effet, car elle pose à peine sur ses pieds charmants; elle ne pose même pas assez pour une femme réelle ; mais on peut prêter des ailes à la Poésie. Cependant la statue de Pradier pèche par la racine ; à la vérité, le contournement du torse, Télan des bras, le jet de la tête et des cheveux en arrière, la folie délicieuse de la désinvolture, font oublier l'incertitude de l'aplomb général. Comme caractère aussi, il y a bien à dire que c'est une Bacchante ou une Nymphe autant que la Poésie, plus ou moins capricieuse; c'est la Musique, si l'on veut; c'est l'Inconstance, ou la Fantaisie, ou une bohémienne quelconque, peu importe. Il suffit qu'elle ait la jambe bien tournée, la hanche arrondie, la gorge fraîche et les attaches distinguées; toutes qualités habituelles aux voluptueuses courtisanes de Pradier. Celle-ci, cependant, laisse apercevoir des défauts impardonnables à une femme de sa race : le bas de la jambe n'est pas svelte, le pli des flancs est trop marqué, les épaules sont grêles, l'orbe du cou est peu séduisant, la tôte sans aucune expression. La Phryné du Salon de 1845 était plus parfaite; sous le nom de Poésie, elle a perdu de ces arguments irrésis-
tibles qui enlraînaient l'aréopage grec. Et que répondraitelle, en outre, à ses juges, s'ils lui disaient avec M. Cousin dans sa brochure sur le Beau : a La fin de Part est l'expression de la beauté morale à l'aide de la beauté physique?» Pradier serait bien embarrassé d'expHquer l'idéal qui inspire ses créations, et quel est le genre de beauté morale qui le préoccupe.
Pradier est un païen de la décadence, toujours amoureux de la forme, par tradition et par idolâtrie, mais sans inquiétude du secret que l'idole recouvre. Il n'a jamais eu envie de briser l'amande mystérieuse de l'art pour en goûter le fruit. Ce n'est pas lui qui songerait à ouvrir la boîte de Pandore, pour voir ce qui est dedans; il lui suffit quelle soit bien ciselée et de gracieuse apparence. Pour Pradier, le corps humain est un bijou qui signifie tout juste autant qu'une bague ou un collier. La forme est une coquetterie qui a pour but de plaire comme une pierre précieuse ou une fleur. C'est déjà quelque chose cependant que cet amour de la beauté plastique, inintelligente et incomplète. Il y a tant d'artistes qui n'aiment rien du tout!
Nous avons déjà parlé de la statue du philosophe Jouffroy et de la statue du duc d'Orléans, dans une Revue des arts. Jouffroy est pour la ville de Besançon ; il est debout, la tête inclinée et pensive, un rouleau de papiers dans ses mains bellement sculptées. Le duc d'Orléans est assis, avec des inflexions de bras et de jambes que la statuaire repousse. Ce choc des lignes qui s'accostent partout et se contrarient, blesse toutes les règles de la nature et de l'art. La simplicité et la symétrie sont les premières qualités de la sculpture. Le marbre et le bronze ne doi-
vent guère représenter des poses passagères et des mouvements compliqués.
Si vous me montrez une danseuse avec le pied en l'air pour l'éternité, je serai tenté de lui dire à chaque instant : Baissez la jambe et reposez-vous. M. Marochetti a représenté un héros à cheval, remettant son épéc dans le fourreau. Rien n'est plus impatientant que ce geste sempiternel et cette dépense d'un bronze colossal pour si peu de pensée. Il y a pourtant des exceptions, par exemple dans les petites Atalantes antiques qui semblent voler et rasent à peine la terre du bout des pieds; mais justement elles sont faites pour exprimer la course rapide qui ne s'arrête point.
Le marbre du duc d'Orléans est destiné, je crois, à Alger. Le piédestal a été composé par M. Garnaud, architecte. Deux petits groupes en bronze, Anacréon et l'Amour, et la Sagesse repoussant les traits de l'Amour, sont encore de Pradier, qui a voulu pasticher les bronzes antiques.
M. Bosio, que nous avons perdu, a laissé plusieurs élèves qui continuent sa manière fine et élégante; tels sont Elshoëct, auteur de la Veuve du soldat franc, groupe en marbre, et M. Corporandi, auteur de la Mélancolie, statue en plâtre. Cette figure de jeune femme est bien tournée et pleine de sentiment.
La meilleure statue de l'Exposition, après le Senefelder, et la Poésie, de Pradier, est le jeune Viala, par M. Auguste Poitevin, élève de Maindron et de Rude. La figure a du mouvement et de l'énergie. Le petit tambour républicain, mortellement blessé, se dresse sur ses genoux, et il agite en Tair son bonnet de la Liberté. Le
modelé ^atomique est savamment accusé, et la tête a beaucoup de caractère.
On dit que le Cambronne colossal, de M. Debay, est pour la ville de Nantes. Tl n'y a pas de quoi exciter l'enthousiasme, et les Nantais ne seront pas fiers de leur monument. Le Cambronne est tout en jambes^ sans tête et sans poitrine. Un tronçon de mât aurait fait le môme effet sur un piédestal.
Les bustes sont extrêmement nombreux. On remarque, au-dessus de tous les autres, le buste de la comtesse de il..., par Bonnassieux, qui travaille le marbre avec correction et finesse. Viennent ensuite un buste de Provost, de la Comédie-Française, par Feuchères ; le busle de M^'^ M..., par Jouffroy ; un buste de Geoffroy Saint-Hilaire, par M. Desbœufs. En fait de noms éminenls, nous avons encore trois ministres, le maréchal Soult^ M. Humanii, et M. Dumont : puis Carnot, de la Convention; Cuvier; Etienne, par M. Vilain; M. Bernard^, député des Côtes-du-Nord, par M. Toulmouche ; Pévêque du Mans, par M. Chenilhon ; Artôt, le célèbre violoniste, mort si jeune ; et le groupe des enfants de M. de Montalivet, par M.Gayrard. C'est tout. Nous avons le malheur de trouver que le reste des ouvrages de sculpture ne vaut pas l'honneur d'une mention.
Il s'en faut bien que la statuaire actuelle soit à la hauteur de notre peinture. Si l'on excepte David d'Angers, Pradier, Barye, qui ne se soucient guère de présenter leurs œuvres au jury, quels sont les sculpteurs dont le nom soit destiné à être connu de l'avenir? Que d'hommes , prônés en leur temps, ne laisseront aucun souvenir dans l'histoire! Toute la génération de l'Empire est oubliée.
et de la fin du dix-huitième siècle il ne reste guère déjà que Caffieri, à cause de son buste de Rolrou, et Houdon, à cause de sa statue de Voltaire et de son buste de Molière. Notre époque n'est pas une époque de marbre et de bronze.
Dessins, aquarelles, pastels, gravure, architecture, etc.
Cherchons bien. N'avons-nous rien oubhé? Si, vraiment. Nous avons oublié plus de deux mille ouvrages qui crient vers nous du fond de leurs catacombes ou du haut de leur gibet. Deux mille voix fantastiques me bourdonnent dans l'oreille, et, la nuit ^ f entends des pas dans mon mur, comme le Tyran de Padoue, de M. Victor Hugo ; la nuit, je vois, dessinés en traits de feu sur mes lambris, de superbes portraits de gardes nationaux ou de bourgeois, qui me font des mines gracieuses ou dos grimaces ; je suis poursuivi par des femmes contrefaites, attifées de jaune et de gros bleu; j'ai un Decamps, dont les Turcs se travestissent en Grecs et étalent des rotules et des jarrets qui feraient envie à M. Abel de Pujol; mes paysages poétiques, de Rousseau, se métamorphosent en paysages mythologiques, de M. Bidault, membre du jury (dernier cours, 45 fr.); mes Vaches, do Cuyp, portent sur le front la signature de M. Brascassat ou de M. Verboeckhovon; mes Boucher se changent en
Pingret; mon plâtre de la Vénus de Milo prend les bras d'une Vierge de quelque sculpteur de Tlnstitut, et joint ses mains pour me supplier ; mes fleurs naturelles se ternissent et se pétrifient comme les fleurs de M. de Saint- Jean, de Lyon ; mes armes anciennes sortent du fourreau^ et je passe ma vie, comme Damoclès, avec des épées nues suspendues sur ma tête.
Il vrai cependant que j'ai oublié la Noce bretonne^ de M. Couveley, dont la fine naïveté a quelque rapport avec la peinture de Vidal ; le Cimetière des palmiers nains, en Algérie, par M. Emile Lambinet; un Saint Firmin, patron du diocèse d"Amiens, par M. Lecurieux ; \qs Joies maternelles, par Decaisne ; le portrait de iM"^ Géraldy, une des plus charmantes têtes du Salon, par M. Quesnet; quelques tableaux fort bien peints par M. Tassaert ; \di Femme du Peuple^ par M. Guermanu: une Vue de Saint-Cloud, par Mirecourt, du Théâtre-Français ; un petit portrait d'homme, qui a eu les honneurs du salon carré, par Chavet, etc. Bien d'autres charmants petits tableaux auraient mérité une description, comme \eC/iat et le vieux rat, de la fable de Latontaine, par Philippe Rousseau; deux gracieuses compositions de M""" Cave, le Songe et la Consolation, où la vierge Marie est représentée au miUeu des Anges, après la mort du Christ, etc. Et quest-ce qu'un Christophe Colomb, j ar M. A. Colin? Je n'ai pu découvrir ce Colomb qui a biensu découvrir TAmériquc. On ne découvre que ce qui existe. N'avons-nous pas inventé, celte année^, les Delacroix, lesDecampS;, les Scheffcr et les Diaz ? C'est assez pour une fois.
Il reste, en outre, à examiner les dessins, aquarelles, pastels, miniatures, porcelaines, les gravures et litho-
graphies^ et les dessins d'architecture. Le Lion, d'Eugène Delacroix, est le chef-d'œuvre de ces salles un peu abandonnées, comme ses tableaux sont les meilleures peintures de la grande Exposition. Jamais on n'a fait une aquarelle plus pâteuse, plus solide et plus colorée. Delacroix excelle en tout ce qu'il entreprend. Qui a fait des lithographies comparables à celles du Faust ou du Hamlet'i Qui, dans l'école française, a fait des décorations comme ses frises de la Chambre des députés Quelle bataille, auMusée de Versailles, vaut celle deTaillebourg? Quel tableau historique, au Luxembourg, vaut le Massacre de Scio ? Delacroix est toujours le premier peintre de l'école contemporaine, et un des peintres les plus distingués de toute l'école française, depuis que la peinture est de la peinture. On ne saurait peut-être mettre au-dessus de lui, dans toute notre tradition, que Poussin et Claude, deux Itahens, entre nous, dont la forme, sinon la pensée, a traversé les Alpes. Vous savez que les Anglais, qui, à la vérité, ont leurs raisons pour cola, rangent toujours Poussin dans l'école romaine, et que les Italiens mettent un o à la fin de son nom. Prenez garde que les Vénitiens ne débaptisent Eugène Delacroix et ne l'appellent un jour Délia Croce, ou que les Flamands d'autrefois ne le réclament entre Rubens et van Dyck.
Ce terrible lion, nonchalamment couché sur le flanc dans un ravin, tient sous sa griffe frémissante un serpent qui ne Tinquiètc guère. La roi du désert joue avec sa victime, comme le pape avec les conspirateurs de la Romagne, comme le tzar avec les révoltés polonais, comme la Jeune Isabelle avec les officiers espagnols.
Qu'il se garde pourtant de lever sa lourde patte qui comprime l'ennemi sifflant contre le ciel !
La touche de celte aquarelle est large comme la touche de la peinture à l'huile avec la brosse la plus délibérée. Delacroix ne met guère d'eau dans sa couleur, et les tons y gagnent une énergie extraordinaire. La tournure du lion est surprise à la vie sauvage, et la forme anatomique est irréprochable. On dirait que Delacroix a passé son temps dans les solitudes de l'Afrique, ou devant les cages du Jardin des Plantes, en compagnie de Barye, son seul rival pour représenter les animaux. Mais les vrais artistes voient, sans se déranger, tous les spectacles dans lïntérieur magique de leur esprit.
Vidal a dessiné, avec son charme habituel, une jeune panthère, entortillée de liserons et de clématites, une gazelle curieuse, dressée sur ses fins jarrets, et une biche mélancohque qui rêve à ses amours ; trois folles lorettes, jalouses des bergères de Watteau, des courtisanes de Boucher, des baigneuses de Fragonard, des rosières de Greuze. Il est impossible d'imaginer rien de plus délicieux, de plus coquet et de plus spirituel que ces trois charmantes filles de Vidal : la Bacchante, couronnée de fleurs, rejette en arrière sa tête éclairée par ses dents et ses yeux; la Curieuse colle contre une porte sa tête impatiente et sa petite main impossible comme les mains problématiques des femmes du Corrége; la Mélancolique, étendue sur un divan, considère, pour se désennuyer, ses doigts retroussés à Tenvers et ses ongles roses. Le premier homme qui entrera dans ce boudoir parfumé risque d'être mal reçu. Il n'y a que Gavarni pour comprendre aussi bien que Vidal Télégance exquise et les
mœurs capricieuses de ces Madeleines de hasard, qui n'en sont pas encore au repentir, Dieu merci.
Les dessins de Vidal sont de légers pastels, à quelques crayons, avec un filet de mine de plomb, presque imperceptible dans les contours, peut-être un peu de lavis dans les dessous des demi-teintes, et un rien de toute couleur dans les ramages des robes, dans les fleurettes et dans les accessoires. Le ton de ces cheveux blondins est indéfinissable, et vous ne trouveriez pas les pareils dans toute l'Angleterre aristocratique de Reynolds ou de Lawrence ; il faut les rencontrer par bonne fortune dans Breda street et Lorette square, comme dit le Charivari, ou dans les Iles d'Amour de Watteau -, mais ces îles-là sont rares et tendent à disparaître de la mor orageuse.
M. Borione cherche à imiter Vidal dans quelques petits portraits de femme, en pied, tournés avec beaucoup de délicatesse et de fantaisie. Il en a deux surtout qui réunissent un dessin très-pur à l'attrait de formes distinguées. Ses portraits, en buste, de grandeur naturelle, largement crayonnés, expriment bien la physionomie. Les traits accentués de la beauté italienne conviennent particulièrement à sa manière ample et colorée.
M"*" Nina Blanchi, élève d'Ary Scheffer, est correcte et sévère dans ses portraits au pastel, un peu froide môme, quoique assez harmonieuse dans le mélange de ses crayons. On remarque, entre autres, une Etude de femme et le portrait d'Aristide Guilbert, directeur du grand ouvrage sur les villes de France. ^•'^Le pastel de Giraud est plus fleuri et plus réjouissant. Son portrait de fejnme épanouie fait songer auv JH'illanls
pastels, que Mùller, l'auteur de Primavera, et Couture, l'auteur de YAmou?' de Vor, ont quelquefois esquissés dans le style du dix-huitième siècle.
A ce propos du dix -huitième siècle, un homme qui ferait merveilleusement le pastel, c'est Diaz ; mais il peut dire que sa couleur à Thuile est aussi fraîche et aussi veloutée que la fleur des plus tendres crayons.
Antonin Moyne, le sculpteur, qui s'est souvent montré coloriste dans sa peinture et dans ses aquarelles, car il a pratiqué l'art par tous les procédés, est un peu trop vif de ton dans ses Etudes d'enfants au pastel. Sa touche est abondante et vigoureuse; ses compositions sont trèsséduisantes. On sent qu'il aime Rubens autant que Jean Goujon et les Coustou.
Marcel Verdier a fait un excellent petit portrait de femme en robe noire, debout et appuyée contre un fauteuil : M. Guilleminot, un portrait en buste de Félicien David; M. Tourneux, un grand pastel, très-énergique, la Fuite en Egypte ; Fiers, deux paysages de Normandie, dont la couleur se soutiendrait à côté d'une peinture ù l'huile.
La Fornarina, de Calamatta, d'après Raphaël, est un dessin de maître, un peu minutieux, comme il convient à la gravure, mais ferme et bien modelé. Calamatta a encore exposé une figure de femme nue, tenant une branche de laurier^ d'après une peinture originale, attribuée à la jeunesse de R.aphaël, et le portrait de Rubens, d'après le grand peintre flamand.
Un élève de Mercury, M. Jeanneret, maladroitement appelé Jeannerot par le Catalogue, a dessiné pour la
gra.vmeV Enfant prodigue de Couture. La tête, pleine de sentiment, traduit bien Toriginal. M. Jeannereta publié récemment, d'après un dessin de M. Zacheroni, le Irait de la fameuse Cèiie, découverte à Florence dans une boutique de carrossier et attribuée à Raphaël. On sait ce que nous pensons do cette incroyable trouvaille ; nos doutes persistent après avoir vu la reproduction du tableau, qui paraît, d'ailleurs, indiquer beaucoup de naïveté et de style ; certainement c'est une œuvre précieuse du commencement duseizième siècle, dans l'école du Pérugin; mais pourquoi Raphaël et non pas un autre ? Les deux signatures n'y font rien. A-t-on jamais eu scrupule, en aucun temps, surtout en Italie, de contrefaire des signatures et de barbouiller des tableaux ? Les Italiens sont sujets à caution. Si Raphaël n'avait pas existé, ils seraient de force à l'inventer.
Il y a encore quelques bons dessins de M. Roger, de M. Curzon et de M. Guichard.
La miniature, tombée en quenouille, a tout à fait dégénéré. Il semble que la délicatesse de cet art le réserve au talent des femmes, et les femmes, en effet, l'ont presque accaparé depuis trente ans. Mais cependant, c'était Petitot, au dix-septième siècle, qui peignait, sur un ivoire d'un pouce carré, des portraits aussi splendides que les portraits de Rigaud ou de Largillière ; au dix-huitième siècle. Hall et Fragonard ont laissé des chefs-d'œuvre. N'est-il pas surprenant que Fragonard, ce brosseur large et facile dans ses tableaux sur toile, ait eu la patience de caresser des miniatures microscopiques? Ces artistes du dix-huitième siècle se sauvaient de tout par le charme et par Tesprit.
Boucher, le décoratenr expéditif qui improvisait eu une matinée une douzaine de pastorales pour dessus de porte, s^est reposé quelquefois aussi sur de petites gouaches extrêmement fines et travaillées, dont on peut étudier à la loupe tous les précieux détails. J'ai eu de Boucher un petit cartouche de pendule, peint à Thuile pour M™^ de Pompadour avec la plus rare subtilité ; dans ce médaillon, grand comme la main, il avait mis une belle déclaration d'amour d'un berger aune bergère, sur l'herbe tendre et fleurie, avec des paniers de roses, des chapeaux enrubanés, des oiseaux en cage, et pour fond un bosquet d'arbres joyeux, élancés vers le ciel comme des fusées, de l'air partout, de la volupté partout, et plus d'espace que sur la toile de la Smala ou de la Bataille à'hly.
Après les maîtres de la fin du dix-huitième siècle, Augustin et Isabey père ont fait avec succès le portrait en miniature; Saint et Carrier, son élève, les ont continués jusqu'à nous. La femme d'Augustin et M™^ de Mirbel ont un peu rompu cette chaîne masculine. La cour et l'aristocratie sont venues poser devant M™^ de Mirbel, dont le gracieux talent plaît aux gens du monde ; il s'agit pour cela de donner un air pâle et distingué aux figures les plus communes. Aussi tous les portraits de M""^ de Mirbel ont de la parenté dans la couleur douce de la peau, dans l'indécision des traits. Cette année, M°"^ de Mirbel a exposé sept miniatures, dont une baronne, une vicomtesse, une Anglaise, et M. Martin, le garde des sceaux, qui a payé mille écus ce titre de gentilhomme. Parmi les autres miniaturistes, on compte dix-sept femmes et quinze hommes ; M. Maxime David a fait le portrait de
M. de Lasteyrie, député ; iM. Gaye, ceux d'un comte, d'un capitaine de hussards et d'une jeune miss; M. Passot, ceux de M"'*" Danioreau-Cinti, de M™^ Aguado, d'Artol et du prince Galitzin.
La gravure offre plusieurs ouvrages importants : la Vierge de Dresde, par M. Desnoyers, d'après Raphaël, qui peignit ce tableau pour le monastère de Saint-Sixte^ à Plaisance; la. Sai7ite FcwiiUe, du Musée de Madrid, connue sous le nom de la PeiHe, de Raphaël, par M. Narcisse Lecomte, qui grave le portrait de Lamennais d'après Scheffer ; la Vierge à la Rédemption^ par M. Achille Martinet, d'après un tableau de Raphaël, qui est à Milan dans une galerie particulière ; la Vierge Niccolini, d'après le Raphaël de la galerie de lord Cooper, à Londres ; la Fornarina, d'après le Raphaël de la galerie de Florence ; le portrait de Michel-Ange, d'après le tableau peint par lui-même ; un portrait de Gros, par M. Vallot; le portrait du duc d'Orléans, d'après M. Ingres, par Calamatla ; la Marguerite sortant de l'église, et la Lénore y d'après Ary Scheffer; plusieurs eauxfortes, d'après Decamps, par Marvy; un petit chefd'œuvre, par Jacque, et deux paysages à l'eau-forte, par M. Leroy.
M. Aligny a exposé une série de huit eaux-fortes, qu'il a, je crois, publiées en album. Ce sont des paysages grecs et italiens, l'Acropole d'Athènes, le mont Pentélique, l'île de Caprée, etc. M. Aligny aime surtout les vues historiques et les campagnes à souvenirs. Un chêne roturier ne ferait pas son affaire \ la forêt de Fontainebleau n'est pas même assez royale pour lui. Le malheur est que ses nobles arbres ne jouissent pas d'une santé
parfaite; ils sont maigres dans leur élégance^, et tristes dans leur dignité. Mieux vaut quelque genévrier debout et bien vivant qu'un cèdre mort.
Les eaux-fortes de M. Aligny ont les mêmes défauts que sa peinture, une recherche trop prétentieuse, une sécheresse monotone, l'absence complète de la couleur et de l'animation. Son trait est toujours le môme, ni plus ni moins capricieux ; aussi n'obtient-il jamais que du gris sur du blanc. Ces eaux-fortes sont ires-faiblcs et surtout très-sèches.
En lithographie^ M. Desmaisons a légèrement reproduit quatre délicieuses Jeunes filles de Vidal ; Mouille- Yon^VAiito-fla-fé, de M.RobertFleury, et Eugène Leroux, trois tableaux de Decamps, qu'il interprète avec un esprit et une couleur dignes du maître.
Les dessins d'architecture sont, comme d'ordinaire, des restaurations, très-habiles sur le papier, de monuments antiques, moyen âge ou Renaissance. Le seul travail d'un intérêt actuel est le projet de réunion du Louvre aux Tuileries, dont M. Badenier avait déjà exposé les premières études en 1844 et en 1845. Il ne paraît pas que la Liste civile soit disposée à réaliser ce projet national.
Le Salon sera fermé la semaine prochaine. Nous serions heureux qu'il eût entraîné quelques conversions dans le sens de notre critique profondément convaincue ; car il faut des croyances en art, tout aussi bien qu'en politique ou en religion, et un peu de passion en toutes choses. L'important est d'avoir la bonne croyance elune passion généreuse. Nous sommes très-rassuré, quant à nous, sur notre salut dans le royaume des arts. Tous les
faits sont en faveur de nos opinions, même le fait financier. Je sais bien que l'argent est toujours du parti le plus fort, et que rien n'est plus bête qu'un billet de banque, si ce n'est deux billets de banque, comme dirait Odry; mais cependant vous pouvez honnêtement, sans Vous compromettre, commencer à juger que nous avons raison en peinture.
SOxMMAIRE.
A FiRMiN Barrion, médeciu de campagne. •— Du sentiment de 1* nature et de la beauté.
Introduction. — Le foyer de la Comédie-Française; études sur la statuaire du dix-hniliërae siècle.— T.a Renaissance, le dix-seplieme siècle et le dix-huitième — Jean- 'Baptiste Lemoine, le sculpteur.
— Diderot et d'Arçrenville. — Mot dt^ M"^-'' de Sévifïné. — I/homme de la nature. — Falconnet el Caffieri. ~ Rotrou et Corneille. — Le Voltaire deTlondon. — Le masque de .lean-Jacques. — Molière et le Médecin cjrec. —Racine et Louis XIV. — Pajou, Tnunay, etc.
— La sculpture sous TEmpTre. — WinUelmann et Canova. — La statue de Napoléon chez lord Wellington. — Le romantisme en sculpture. —M. David et M. Barye.— - L'arc de VEtoile et la Madeleine. — M'i*^ Mars et W^^ Rachel.
Le Salon. — I. Revue générale ; 17 mars. — Le .fury. — Insurrection de la bourgeoisie dans la république. — Nécessité d'enlever à la Liste civile la direction de l'art et des musées. — Charles X à Rambouillet — Guide au Salon. — Peinture et dessins : 2,010 numéros; sculpture, 1G8; architecture, 19; gravure^ 122.
II. Couture. — Individualité des artistes. — Molière et Shakespeare.
— L'art est une passion. — Caractère du tableau de Couture. — Le Moïse de Michel-Ange. — Juvénal, traduit par M. Jules Lacroix.
— Description de VOrçfie romaine. — Brutus et don Juan. — Poète t't philosophes. — L'art et la critique. — Diderot et Lessing. — M. Ingres et Ruhens. — Le Naufrage de Géricaull.
III. Les grands tarleaux. — Encore M. Couture. — Le scepticisme dans les arts. — Le rapin de Decamps et les tableaux de Raphaël.
— Molière et les poètes romantiques. — M. Ziégler. — Les deux Judith. — M. Horace Vernet. — M. Robert Fle'ury. — Galilée et Christophe Colomb. — Il n'y a point de noir dans la nature.— Les peintres étrangers. — Relges, Savoyards. Italiens, Allemands, Suissps. — M. Aun-l'- Robert.—- M. Hornung, de Genève, et
M. Piagret. — M. Leys et M. van Schendel. — M. Brascassat, de l'Institut, et Paul Potier. — Girodet et Raphaël. — M. Beçker et les Moissonneurs allemands. — M. Gérôrae et les jeunes Grecs.
IV. ËOGÈNE Delacroiï. — La poésie et Vart. — Shakespeare et Rapliaél. — La Vénus de Praxitèle. — L'idéal et la nature. — Narcisse et Giolto. — Le sujet et l'expression. — L'art est partout. — Les degrés du Parnasse. — Un peintre de qualité. — Eugène Delacroix et Velazquez. — La Liberté sur les barricades. — Variété du talent d'Eugène Delacroix. — Le Christ mourant. — L'iconographie chrétienne. — Quatre clous ou trois clous. — L'infini et le fini.— La musique et la couleur. — Rossini, Lablache, Beethoven, Cimarosa. — Les Exercices militaires des Marocains. — L'Héliodore de Raphaël. — L Odalisque couchée. — M. Ingres et Corrége.
— Le Char d\ipollon. — De la touche en peinture. — Les Musiciens juifs de Mogador. — Corps de garde à Méquinez. — Les Naufrages d'Eugène Delacroix, et la Méduse de Géricault.
V. DiAz. — MM. Longuet et Besson. — M. Haffner. — MM. Mul- 1er, Isabey et Baron. — M. Camille Roqueplan. — M. Adolphe Leleux. — MM. Armand Leleux, Bédouin, Veller, — Ce que vous savez.
VI. Les Paysages. — Corot. — Mélancolie du soir. — Analogie de la peinture et de la musique. — Charles Leroux — La Bretagne et la Vendée. — Jeanron. — Les Laboureurs et les Contrebandiers. — L'Aristocratie, la Bourgeoisie et le Peuple.— M. Coignard. — La Forêt de Fontainebleau.— M^^^' Rosa Bonheur et M. Verboeckhoven. — Fiers et la Normandie. — MM. Hoguel, Joyant, Lapierre, etc. — M. Paul Flandrin. — De la réalité dans les arts. — Le naturalisme absolu est impossible. — L'art est la combinaison de l'homme et de la nature. — M. Flandrin est de l'école de M. Bidauld. — Recette pour composer un paysage de style. — Zuccarelli. Pannini, Locatelli. — Guaspre, Orizonti et Lahyre. — MM. Watelet et Jolivard.— Louis XVI et Bailly. — Esquisse de la révolution dans la peinture du paysage.
Vil. Liîs Portraits. — 482 portraits à l'huile. — Swedenborg et Lessing. — Alcibiade et César. — Les portraits symboles. — Don Quichotte et Sancho. — Le portrait de M. Adolphe Leleux. — Le médaillon de M. Listz, par Henri Lehmanu. — Le Titien et ses modèles. — Le Christ et Napoléon. — Physionomie de M. Listz.
— Les portraits par Couture. — Portrait de femme, par M. Haffner. — MM. Tissier, Besson, Verdier, Yvon. — MM. Hermann Winlerhaller et Schlesinger.— MM. Pérignou et Court.— M. Hippolyte Flandrin. — La peinture et la musique. -- Le son et la couleur. — La mesure et le dessin.— La ligne du profil. — L'infini et le microscope. — M. Ingres et M. Araaury Duval. — Un faux
nez.— MM. J.-B. Guignet, Decaisne, etc.— Portrait de Thorwaldsen. — M Navez, directeur du Musée de Bruxelles. — Van Eyck et Memling. — Deux portraits de Rubens. — Gloire et génie de l'ancienne Flandre. — M. Elzidor Naigeon. — L'Alceste de Molière.
— La dynastie des conservateurs du Luxembourg.
VIII. Promenade. — Uniformité de l'Ecole impériale. — Indépendance de l'école actuelle. — Les tableaux religieux et le jury. — M. Appert. — Quand saint Joseph est-il mort? — Le Christ de M. Boissard. — MM Comairas, tabar, Laemlein, etc — La Madeleine, de M. Henri Delaborde. — La Sainte Catherine de M. Gendron. — Apres la mort. — Le Sixte-Quint de M. Rudolp Lehmann. MM. Wachsrautbj Devéria, Hesse, Granet, Lassale-Bordes, Barrias, etc. — M. Schœft, de Venise. —M. Heim et M. Biard. — M. Philippe Rousseau. — M. Stevens, de Bruxelles.— MM. Elmerick, Millet, Arago, etc.
IX. Les petits tableaux t)e genre. — La Vieille cuisinière, de M. Dyckmans, d'Anvers. — Mieris et Gérard Dov. — Mœurs hollandaises. — Pieter de Hooch, Terburp; et Metsu. — Les petits peintres français. — M. Meissonier. —Van der Helst et Salvator. — Titien, van Dyck et Rembrandt. — Un faux Denner.— MM. Steinheil, Fauvelet'et Ghavet. — M^^ Gavé. — Véronëse et Watteau. — M. Guillemin et le Baptême. — M. Penguilly-l'Haridon. — Montfaucon et Joseph de Maistre. — MM. Auguste Delacroix, Couder, Lalaisse, Bellangé, Garnerey, Fortin. — Les femmes au Salon. — Les enfants et les vieillards. — Résumé du Salon de 1847. — La critique et le public. — Monotonie de la presse. — L'art pour l'art, et l'art pour l'homme. — Apres 1850. — Platon et Léonidas.
— L'homœopathie etl'éther. — Le canard de Vaucanson.
X. Dessins, pastels, aquarelles, miniatures, vitraux; — gravure;
— architecture. — Panselinos et l'école byzantine. — Portraits du Christ et de la Vierge. — Les philosophes païens. — Immobilité de l'art en Orient.— Les dessins de M. Papely, d'après Panselinos.
— M. Vidal et ses trois belles filles — Péché mignon — MM. Wattier, Schlesinger, Verdier, Borione, etc. — MM. Fiers, Grenier, Mausson et Ledoux. — M'"'^ de Mirbel et M. de Pommayrac — MM. Hauder, Gonssolin et Bourrières. — Les vitraux de la manufacture de Sèvres. — MM. Martinet et Saint-Eve. — Le portrait de -^^mennais. — MM. Marvy, Masson, Leroy et Toudouze. —Trois oessins de Meissonier. — Etudes pour la réunion du Louvre aux Tuileries.
XI Les artistes refusés par le jury. — MM. Chassériau, Gigoux et Maindron. — M. Heim et M. Lcbœuf-Nanteuil, de l'Institut.— Le baptême des artistes. — Couture et Glesinger au gibet. — Le Quartier des Juifs, à Conslanline. — Le Jour du Sabbat. — Beauté
des Juifs d'Orienl. — Homère et la Bible. — M. Ingres et M. Delacroix.— Procédés des maîtres vénitiens et espagnols.— Le Charlemagne de M. Gigoux. — UAUila de M. Maindron. — Ruine, meurtre, suicide. — MM. Brun, Camille Fontallard. Haffner. — M. Heim et ses chefs-d'œuvre. ~ ^'écessité d'une association des artistes.