NOUVELLES TENDANCES DE L'ART. XIX
maine soit intéressée dans la créalion do Tartiste et que l'homme lui même en soit le « héros. »
Voici néanmoins comment le changement de la pensée entraîne celui du sujet :
Le grand mouvement qui constitua ce qu'on a appelé la Renaissance fut d'oser faire des figures selon des types particuliers, au lieu des types orthodoxes et invariables.
En ce sens-là, le Romantisme a suivi l'impulsion de liberté donnée aux imaginations par le seizième siècle, quoique, en un autre sens, il ait réagi contre la Renaissance qui avait ressuscité les vieux dieux de l'Olympe, et que, se faisant résurrectionniste à son tour, il ait surtout restauré le vieux style du moyen âge.
Mais, si la Renaissance, et après elle toutes les écoles qui se sont succédé en Europe depuis trois siècles, arrachèrent à Fallégorie religieuse sa forme immobile, elles en conservèrent le fond, néanmoins. L'art chrétien avait été, et il a continué d'être une mythologie, aussi bien que l'art païen : - — un véritable hiéroglyphe, enveloppant la pensée dans une forme symbolique.
Ainsi, tandis que les païens, au lieu de faire une femme, avaient fait une Vénus, les chrétiens firent une Vierge. Dans l'une comme dans l'autre allégorie, Vénus et Vierge voulaient dire la femme parfaite. Et le surplus du genre féminin avait pour emblèmes, chez les païens les chœurs de déesses et de nymphes, gracieux cortège de la mère de l'Amour, chez les chrétiens les chœurs de saintes et de martyres, pieux cortège de la mère du Rédempteur.
Il en fut de môme pour exprimer toutes les autres