XX NOUVELLES TENDANCES DE L ART
idées. Toute idée se traduisait dans une personnification métaphorique. Voulant fabuliser la torture du génie, les anciens attachaient le Prométhée à son Caucase; les chrétiens ont attaché le Christ à sa croix. Pour la force initiatrice et souveraine, les anciens avaient Jupiter tonnant, « le maître des dieux et des hommes; » les chrétiens eurent le Père éternel, générateur primitif et juge suprême ; pour la jeunesse et la beauté poétique, les uns glorifiaient l'harmonieux Apollon, les autres le doux saint Jean, le disciple bien-aimé. Ainsi du reste.
Et au- dessous de ces allégories empruntées à la forme humaine, les deux mythologies empruntaient également aux autres formes vivantes, soit la colombe immaculée cl l'agneau sans tache, soit l'aigle conquérant et le cygne voluptueux.
Les systèmes végétal et minéral eux-mêmes apportaient leurs notes dans cette langue conventionnelle et jusqu'à un certain point ésotérique.
Tout avait été envahi par des êtres imaginaires : le paganisme^ qui affectionnait le domaine de Ihomme ici- bas, avait peuplé de faunes et de satyres les forêts, de naïades les fontaines^, de tritons et de sirènes la mer; le christianisme, tourné vers la future demeure des âmes, avait étoile son ciel d'anges et d'archanges, de chérubins et de séraphins, intermédiaires entre l'homme et la Divinité.
Ces créations singulières pouvaient signifier beaucoup, et elles signifiaient, en effet, toute une doctrine pour les initiés au culfe antique ou pour les fidèles du culte qui le remplaça. Mais, en dehors des adeptes, lettre close et logogriphe.