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XVIII SALONS

donnera le secret de l'émotion intime et profonde de l’art pénétrant. Enfin, son travail continu et fort leur apprendra à mépriser les manifestations violentes et à dédaigner les héroïsmes d’une heure. Et tous se sont mis à l'œuvre. Alors sont nées spontanément ces charmantes épopées rustiques, la Ware au Diable, André, Jeunne, dans lesquelles Mme Sand est venue rafraichir son talent orageux. Alors se sont produites les œuvres de MM. Ron Corot, Daubigny, Troyon, Millet, œuvres de force, de mélancolie, de grâce ou de morne grandeur, qui ont fait du paysage la branche la plus importante de l'art en notre temps. Et voilà comment les rôles sont intervertis aujourd’hui, comment ce qui était infime autrefois occupe le premier rang, comment ce qui élail au faite n’existe plus guère que de nom. L'avenir est aux toiles qui expriment Le côté humain et en quelque sorte terrestre de la vie. »

Castagnary écrivait cette page en 1859, dans son deuxième Salon. Il emploie encore le mot de réalisme qui ne lui a jamais beaucoup plu, encore qu'il en ait fait une application des plus heureuses au divin Raphaël lui-même, quand il a parlé de son « réalisme délicat et puissant ». Déjà on le voit pencher vers une autre dénominalion, vers ce « naluralisme » qu'il s’est lant occupé de définir et de faire comprendre aux artistes. Il tenait que le peintre devait être à la fois de son temps et de son milieu; il lui demandait de traduire à la fois la nature et la vie.

« Un peintre, disait-il en 1864, non plus qu’un homme, n’est une abstraction. Un peintre naît à une époque donnée, au sein d’une société vivante, avec

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