PRÉFACE XVII
€ Un beau jour, ce mouvement commencé avec lant d'ardeurs et de fanfares et qui, dans la logique de sa généralisation progressive, avait affecté toutes les manifestations de l’esprit, poème, drame, roman, histoire, musique, peinture, statuaire, architecture, se ralentit peu à peu, de lui-même, sans secousse, sans choc étranger et s’arrête… La force d’impulsion avait manqué. L’enthousiasme tombé, le bruit Sapaise, la poussière se dissipe; un mot inconnu, le réalisme, circule; et sur la grande route de la pensée, restée déserte, on voit poindre aux acclamations des uns, à la stupéfaction des autres, le paysan berrichon avec son large chapeau, sa veste ronde et son rochet de coton bleu. Quel est ce nouveau-venu, et qui nous l'envoie? La révolution nouvelle, dont il est à la fois le précurseur et le symbole. À peine arrivé, le voilà qui entre de plain-pied dans la littérature et dans l’art. Il s’y installe et attend. Les artistes et les poètes arrivent, l'entourent et le regardent d’un œil curieux et narquois, pleins de doute sur sa valeur esthétique. Il se met en mouvement, et tout de suite ils reconnaissent en lui un caractère de poésie simple et vraie qui les attire et les retient charmés. Il leur apparaît comme le moyen terme et la transition même de l’homme à la nature et de la nature à l’homme. Par lui, ils remonteront de bas en
— haut l'échelle sociale, et changeant ainsi les condi-
tions du prisme se rendront compte de leurs visions chimériques, de leurs conceptions artificielles et vaines. Avec lui, ils rentreront dans le calme robuste et la solennité attendrie de la pacifique nature. L'aspect fami:icr des choses qui composent sa vie leur