HET
sde mé» rue
TE per D ee
Giroux, élève de je ne sais qui; ni les Débordements du Nil,de M. Eugène Giraud, élève de Hersent; nila Légende de saint Saturnin, de M. Schopin, élève de Gros; ni les Paysages de M. Prieur, élève de Victor Bertin; ni le Plafond en peinture mate de M. Biennourry, élève de Drolling; ceux-ci et ceux-là tous grands prix de Rome du temps que Louis-Philippe, Charles X, et même Louis XVIII régnaient sur la France, tous plus ou moins médaillés, décorés, titrés, tous plus ou moins décorateurs privilégiés de palais et d’églises, — n’ont le don de nous arrêter un moment.
Il y a moins de science mais plus de verdeur parmi les nouveaux venus de la Villa Médicis. L’'Horace à Tibur de M. Lecointe, montre un esprit réfléchi qui poursuit un accord peut-être difficile entre les belles lignes du paysage antique et le charme pénétrant du paysage moderne. M. Didier semble suivre une voie parallèle; mais il est jeune encore, et son Horace enfant, fortement criard, ne témoigne pas d’une entente parfaite de la valeur des tons. De remarquables qualités de composiüon et de dessin placent le Brutus de M. Delaunay parmi les bonnes productions du genre académique. Les enfants à la mamelle sentent le lait qui les nourrit : M. Emile Lévy, l’auteur de la Reddition de Vercingétorix, sent encore l’aigre enseignement du professeur.
Le plus intéressant peut-être de tous ces jeunes gens, celui sur lequel j'aime à fonderles meilleures espérances, est M. Henner. Son Jeune baigneur endormi, que nous, avons déjà vu comme envoi de Rome à l’Ecole des Beaux- Arts, est un morceau plein de naturel, de grâce et d'abandon. Mais ce qui vaut mieux encore, c’est un portrait catalogué sous le n° 900, une tête de profil dans un cadre étroit. Il est difficile de modeler avec plus de fermeté, et de mieux rendre, au moyen du modelé, le caractère d’un personnage. Je ne connais pas celui qui a posé pour cette tête; mais j'oscrais presque affirmer que c’est un musicien. L’aptitude musicale se lit dans tous les traits. Il m'étonnerait bien que je me fusse trompé.
SiM. Henner continue, il ira loin dans cet art délicat et fort d'interpréter les physionomies humaines. Déjà cette année il à fait un grand pas, si grand, qu’en ce qui me concerne, je donnerais pour cette simple tête de profil tous les portraits de MM. Cabanel, Bouguereau, Baudry et d’autres, plus huppés encore, s'il en est dans l'Ecole.
Ici finit la liste des pensionnaires de la Villa Médicis. Mais en dehors, il existe une nombreuse famille de peintres, jeunes el vieux, qui, par goût ou par habitude d'esprit, suivent les pratiques de l’enseignement et se font les propagateurs de la pensée académique. Je m'y arrêterai peu.
On connaît, au moins par ouïi-dire, les paysages de MM. Caruelle d’ Aligny, Alexandre Desgoffes , Paul Flandrin, Lapito, etc. Trente ans et trois révolutions ont passé sur ces peintres sans leur ouvrir les yeux. Ils se figurent naïvement être les continuateurs de Nicolas Poussin : ne les troublons pas dans leur.bonheur.
On devine comment peuvent peindre leurs scènes mythologiques ou religieuses des peintres comme MM. Cazes et Michel Dumas, élèves de Ingres; Chazal et Coubertin, élèves de Picot : Jobbé-Duval et Mazerolles, élèves de Gleyre. Ces messieurs continuent leurs maîtres, comme les généraux de Macédoine ont continué Alexandre.
Une curiosité plus légitime s'attache aux noms de MM. Timbal et Quantin, dont les médailles de première classe ont fait beaucoup parler d’elles au Salon dernier. Que sont-ils devenus ?
M.Quantinexpose une toile religieuse, Jésus-Christressuscilant la fille de Jaïre. Il y a là quatre personnages,
je cherche vainement où est le bon. Le Christ est en bois
des îles. La fille ressuscitée a les airs étonnés d’une poupée de six francs. La mère, dont les bras sont trop longs veut s’élancer pour embrasser sa fille : un vieillard la relient... Quel est ce vieillard? c’est le vieillard des peintres re l'éternel et l’insipide vieillard, le vieillard à la pose solennellement étudiée, au costume solen-
À mm mm, A à vd nm
Go DE TT TR PLAT HER D TES RS TS DTA RS at FT TT
nellement drapé, à la face solennellement bête. Depuis le temps que je le retrouve toujours le même dans les tableaux des professeurs comme dans ceux des élèves, je commence à en être exaspéré. N’allons-nous pas le tuer bientôt et en délivrer à jamais la peinture ?
M. Timbal est représenté par deux études : une Vénitienne et une jeune fille florentine du quinzième siècle. On dirait de la peinture de demoiselle. La Florentine a un profil charmant, établi avec une certaine recherche de dessin ; mais les ajustements, d’un travail délicat et soigné à l’excès, l’emportent sur les têtes. En somme, comme aspect et comme facture, c’est du Flandrin atténué, un peu de Flandrin dans beaucoup de parties d’eau. Tout cela n'empêche pas M. Timbal de se dire élève de Drolling.
J'arrive aux deux hommes véritablement importants de cette série : M. Louis Duveau, qui se fait trop oublier, et M. Puvis de Chavannes, qui fait trop parler de lui.
M. Louis Duveau est un de nos premiers décorateurs. Il n’a pas son égal pour conduire à bien un plafond ou pour brosser un rideau de théâtre. Sa Mort de Claude est énergique et véhémente. Malheureusement le peintre a cru devoir projeter sur sa toile une double clarté, celle de la lune qui inonde la terrasse où se tient Agrippine, et celle des lampes allumées dans l’appartement du palais ; ce qui fait que Claude, coupé diagonalement par la ligne d’intersection des deux lumières, coloré en blanc d’un bout et en rouge de l’autre, paraît littéralement geler par la tête et rôtir par les pieds. Agrippine est terrible de calme, et serait irréprochable si sa carrure n’était un peu massive. Mais ce qui est vraiment beau, c’est, avec l’or-
donnance générale du tableau, la perspective qui se prolonge à gauche du côté de cette grandiose colonnade qui domine Rome.
M. Puvis de Chavannes ne me paraît pas avoir été heureux cette année. Pourquoi s’est-il imaginé que ses peintures décoratives du dernier Salon avaient besoin d’un complément ? En quoi le Travail et le Repos d’ailleurs sont-ils le complément de la Paix et de la Guerre ? Est-ce que la Paix et la Guerre ne forment pas les deux termes d’une antimonie dont la solution est la Justice ? Si donc il voulait donner un complément à son idée, ce complément ne pouvait être autre que le tableau de la Justice. Mais ce tableau est si difficile et si complexe que je ne conseille pas au peintre de le tenter encore.
Ainsi le Travail et le Repos ne terminent pas, comme le prétend M. Puvis de Chavannes, son œuvre décorative de 1861. Ils en sont deux motifs distincts et à part, la continuation, si l’on veut, dans le même genre abstrait, mais non le complément, c’est-à-dire la synthèse. Quand on veut faire de la philosophie en peinture, il faut la faire correctement,
Geci dit, voyons l’œuvre. Est-ce bien le Travail que M. Puvis de Chavannes a représenté 12? Je vois des forserons qui battent le fer, des laboureurs qui défrichent un Champ, des bûcherons qui écarrissent un {tronc d’arbre, une accouchée qui présente le sein à un nouveauné. Passons sur ce calembour de la femme en travail Pour ne nous attacher qu'au surplus du tableau. Est-ce là l'allégorie du travail, envisagée dans son unité rationnelle et absolue ? Vous ne le pensez pas. Je n’y vois, pour Ma part, qu'une énumération de travaux qu'il vous était loisible d'arrêter là ou de prolonger plus loin.
À vos forgerons, à vos laboureurs, à vos bûcherons. YOus auriez pu, vous auriez dû même ajouter, pour que l'idée fût complète, des vendangeurs, des moissonneurs, des maçons, des mécaniciens, des ingénieurs, que sais-je encore ? des architectes et des aquafortistes. — Est-ce bien le repos que ces hommes et ces femmes debout au-
tour d’un vieillard assis qui raconte ? Le propre de l’allégorie, c'est d’être conçu si rigoureusement qu’en dehors d'elle il n’y ait pas de place pour une autre interprétation. Or, je ne saisis même pas le rapport possible entre le tableau que j'ai sous les yeux et l’objet que s'était proposé le peintre.
Je querelle M. Puvis de Chavannes sur sa conception. Ce n’est pas de ma faute. M. Puvis de Chavannes se présente comme un penseur. Il ne veut rien devoir au coloris; ses grisailles boueuses sont d’un aspect triste et répulsif. Il ne veut devoir que peu de chose au dessin : pour un torse de femme heureusement disposé, il y a un bûcheron bossu, un forgeron noué, et deux bœufs sans yeux et sans Cornes qui ressemblent vaguement à des blocs de pierres. Il ne demande rien à la nature, au modèle vivant : ses personnages sont imaginaires, sans caractères de races, sans type individuel; ses paysages, sans heure, sans climat, sans lumière.
Est-ce là vraiment de la peinture ? On a parlé de fresques. Heureusement, les fresques blondes et lumineuses n’ont rien de commun avec les tons gris et sales de ces toiles qui ressemblent à des tapisseries trop lavées ; heureusement encore les fresques n’ont jamais songé à transporter leurs scènes dans le monde idéal peur éviter le contrôle de la nature. M. Puvis de Chavannes est dans une mauvaise voie. Il se livre à un travail gigantesque sans grande utilité : le peu de peinture qu'il y a sur ses toiles nuit à leur effet. S'il veut vraiment tenter la fresque, et s’il sait dessiner, que ne se borne-t-il à faire des cartons!
ed QT me md ne OT a LT
PE A VE 9 À 0 + om ie 2 J ——