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large chapeau, son bourgeron bleu, et son bruit de sabots ferrés.
On re décrit pas un paysage. Le voir le sentir, l’admirer, pour Îles effluves sensuelles qu’il nous apporte, c’est tout ce que nous pouvons faire. Par contre, on peut décrire un paysagiste, c’est-à-dire indiquer avec son procédé habituel, le caractère particulier de son intelligence
Peut-être, malgré le talent dépensé par tous ces paysagistes, — je ne dirai pas jeunes, quelques-uns ont atteint la cinquantaine, mais de notoriété récente, — peut-être, dis-je, serais-je embarrassé de dégager nettement leur personnalité de l’œuvre qu'ils accomplissent et des aspects qu’ils déroulent à nos yeux. Chacun semble avoir choisi de préférence les sites qui vont le mieux à son tempérament, Achard étudie la vallée de Chevreuse et les environs de Cernay; Blin se dévoue aux plages solitaires et aux grèves sablonneuses; Auguin soupire les bords paisibles et doux de la molle Charente ; Harpignies dit la grande Loire et ses sables roulants; Nazon, les rives de l'Aveyron ; Hanoteau, les prés du Nivernais. Mais ces aspects, cultivés par eux aujourd’hui, peuvent être abandonnés demain. Aucun d’eux n’a encore inscrit son individualité dans une de ces séries puissantes, où l’unité d'interprétation garantit l’unité et la force réelle de l’interprète.
Je me restreindrai dorc à quelques noms plus conn:s qui, précisément parce qu’ils sont depuis plus longtemps en vue, nous permeltent de leur talent une généralisation plus facile et plus sûre.
Théodore Roussean a quitté depuis longtemps le sommet rayonnant d’où l’homme domine tous les talents de son siècle. Il descend rapidement la pente qui mène à fa vieillesse et à la mort. Sa manière se restreint, devient pointilleuse et puérile. Dans quelques années, il ne lui cestera plus, des qualités qui ont fait sa réputation, qu'un souvenir de plus en plus amoindri.
Je n’aime pas la Clairière dans la forêt de Fontainebleau : un chône ne s'étale pas en espalier sur le ciel comme un abricotier contre un mur. La Mare sous les chênes est mieux. Elle me rappelle, quoique en petit, ces beaux et larges paysages d’autrefois, dans lesquels Rousseau disputait le sceptre à Jules Dupré, cette véritable gloire de notre école.
Mais devant les défaillances du présent, n'oublions pas le talent qui règne dans l’ensemble de l’œuvre accomplie.
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Les vignes échalassées s'étendent à perte de vue, couvrant de leurs pampres verts et rouges tout le renflement du côteau. Dans un chemin creusé d’ornières sont arrêtées la charrette et les cuves. L’échelle est dressée. Les bœufs accroupis reposent. À droite et à gauche, éparpillés dans les ceps, le corps à demi engagé dans la verdure, hommes, femmes et enfants, les vendangeurs vendangent. Par delà, aux bords de Fhorizon, les champs
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se prolongent et déroulent leur nappe interminable, Da plus haut de la toile, un soleil chaud, éclairant ce grand paysage el cette humble églogue, envoie en tous sens sa lumière lamisée par le ciel de septembre.
Cette Vendange, d’une facture large et d’une coloralion puissante, est le chef-d'œuvre de Daubigny. Quelle vérité d'impression! Quel sens de la nature française! Cest encore par des lignes simples, des plans sayamment juxtaposés, que l'artiste a dégagé le caractère da paysage. fiemarquez-vous comme ce coloriste est en même temps dessinateur ?
Il y à dans Daubigny deux peintres bien distincts. L'un sévère, vigoureux, méprisant les petits détails et les effets qu'on en tire, allant droit au simple, au large, et atleignant la grandeur par la sobriété des moyens. Celui-là a peint déjà l’Écluse d'Optevoz, la Vallée d'Optevoz, les Graves au bord de la mer, le Parc à moutons, le Village. La Vendange continue cette série heureuse et dépasse toutes les œuvres antérieures. C’est là le vrai Daubigny, qui ne peut être apprécié que par ceux qui ont un goût sûr et un sens profond de l’art.
Il en est un autre que la foule comprend plus aisément et aime dayantage; qui a fait dans un ton doux et gris un nombre considérable de bords de l'Oise, ou bien de petites fermes séduisantes, avec des bouquets d'arbres agréables. Celui-là, nous le laissons aux marchands de la rue Laffitte, n'est-ce pas, maitre ?
Cristal pur, il vibre aux moindres frissonnemerts du paysage ; loujours ému, toujours rêvant, il causcavec les esprits des bois, et se cache pour regarder les nymphes qui dansent sur l'herbe humide des prés.
Quelquefois, cependant, il échappe à ces nébuleuses et absorbantes visions pour faire de petits chefs-d'œuvre à la facon de cette Etude à Ville-d'Avray, qui a enlevé cette année tous les éloges. Un chemin court le long d’un village; un fossé à gauche, un talus à droite; quelques arbres, fins et élégants, rayent le ciel pâle, et puis c’est tout. Là, point d'indécision, point de masses flottants,
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