XII
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L| M. CHARLES PiPARD. — La meilleure nature morte des 4 deux salons réunis, et la plus intéressante : Gants, fleurs ji et bijoux. Le tableau est grand comme la main, arrangé \ avec un goût exquis, peint avec la fermeté d’un maitre. 14 Un bouquet de violettes de Parme trempe dans un verre il de Bohème ; à l’eutour, sur la table, uu gant de femme, | È des boutons de manchettes, une lettre entr'ouverte,
ÿ tout ce qui reste d’une créature aimée. Est-elle morte, } comme les violeltes semblent l'indiquer ? Est-elle partie b en laissant cette lettre d’adieu ? Le peintre seul le pourrait dire. Mais moi, je ne savais pas que dans ce Salon des refusés, on püt dramatiser à ce point quelques reliques d’amour et faire chanter ce chant triste à des objets innommés.
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Quand vous êtes arrivé au sommet du Père-Lachaise, à cette belle côte ombragée, d’où l'adolescent Rastignat jeta son cartel à la société parisienne, vous apercevez en regardant à vos pieds, dans la partie du cimeuère à droite, un terrain bas en forme de parallélogramme, couvert ou plutôt hérissé d’une forêt de croix.
C’est la fosse commune.
Les tombes, déposées côte à côte et séparées par quelque mince trainée de verdure, se pressent l’une contre l’autre par économie de terre. Du haut de la terrasse d’où vous la contemplez, celle masse confuse de balustres, de croix, de pierres tombales, de couronnes d’immortelles ou de verre, de petits anges en plâtre agenouillés ou lisant, avec ses tranchantes oppositions de couleurs, où le noir et le blanc dominent sur un fond bigarré, vous apparaît comme une énorme nuée de papillons funéraires qu’un grand vent aurait couchés, etqui n'attendraient plus qu’une brise favorable pour ouvrir l'aile et repartir.
Le Salon des-refusés est la fosse commune de l’exposition.
Il en a l'aspect temporaire et navré, et les hurlantes eacophonies. Visité trop de fois, il apporte à la pensée je ne sais quelle tristesse envahissante. On y sent la mort. Que de fruits secs dorment là côte à côle, qu'aucun souffle de résurrection ne viendra ranimer jamais ! leureusement quelques papillons incertains s'y agitent dans la poussière & leur chrysalide. Pour aider ces embryons d'artistes, reprenons notre mélancolique voyage.
M. PissarRo. — Ne trouvant pas son nom dans le précédent livret, je suppose que c’est un jeune homme. La
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