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L XIII

SCULPTURE

liversité des arts. — Opposition de la sculpture et de la pein-

ture. — La sculpture, art d’abstraction. — Son objet est de

donner une forme humaine aux idées générales.— La sculp-

ee ture au Salon de 1868. — Contraste entre les idées générales du xix° siècle et la sculpture réalisée.—Falguière, T'arcinus, martyr. — Deschamps, le Discobole. — Jacquemart, Louis

Victor Chapuy, Prouha. — Carrier-Belleuse, Monument

de Masséna. — Carpeaux, Marcellin, Taluet, Machault,

Préault, Adam Michiewicz.— Où est l'esprit de la France

En commençant ce chapitre, qui doit clore la série de nos études sur le Salon de 1868, j'éprouve une certaine

PR

ANNÉE 1868 Soi

appréhension. Les idées que je vais émettre sont à la fois si nouvelles et si inattendues, qu’elles pourront paraitre à quelques-uns une inconséquence et à beaucoup une énormité. Pourtant il estindispensable que je les formule et que j'appelle sur leur contenu l'attention de tous ceux qui s'intéressent à la matière. Que ferai-je pour vaincre le premier moment de surprise? Ce que j'ai déjà faitune fois avec assez de bonheur. Je supplierai le lecteur de laisser de côté ses souvenirs, ses préventions, ses parlis-pris d'école ou de système et de me suivre résolûment sur le terrain où je désire l’amener. Qu'il entende, et surtout qu’il pèse les arguments d’une thèse sincère. Si résoudre les questions n’est pas notre fait, au moins pour l’honneur de notre temps, devons-nous les poser avec énergie. En les posant, on force la foule à y réfléchir et à se décider. Quant aux artistes, ils seront bien près de la solution le jour où, pressés de toutes parts, entourés et poussés par l’opinion publique, ils ne verront plus qu’une issue ouverte devant eux, — celle où l'art, après avoir fait si longtemps divorce avec la société, se rencontrera avec elle, lui rendra hommage, et, comme c’est son devoir, s'empressera à la servir.

Nous avons le tort, et c’est là la cause presque unique de nos dissentiments, d’englober tous les arts sous les mêmes lois générales, nous imaginant que ce sont les rameaux d’un même trone, et que la même sève se distribue uniformément dans leurs canaux similaires. Cette conception à priori n’est justifiée ni par la philosophie, ni par l’histoire.

Historiquement, les arts ne se développent pas en même temps. La Grèce, qui a poussé si haut la statuaire, n'aconnu qu'imparfaitement la peinture, et l’architecture finissait en Europe quand, pour la peinture et la sculpture, la renaissance commençait.

Philosophiquement, chaque art a son principe, ses moyens, sa destination; d’où il suit inévitablement qu’en aucun Cas l’esthétique de l’un ne peut devenir l’esthétique de l’autre.

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