FRE
TROIE ET PRTISRES
TT NP EEE T
PART EST PORN pe —
DR NT SE re
om re PUS
pres ou 22 M
sera à être plus rapide et s’il se peut, plus substantiel.
Le Salon de 1870 est excellent, plein de jeunesse, de vie, d’entrain, et même d’audace. Si, comme le Salon de #869. il ne renferme qu’un petit nombre de tableaux hors fgne, il se tient dans une moyenne meilleure, et infiniment rassurante. On n’y voit plus de ces compositions religieuses où héroïques qui autrefois tenaient tant de place. La mystagogie artistique s'en est allée. Dieux de l'Olympe et dieux du Calvaire, c’est à qui s’eflacera le plus vite dans la nuit du passé. Les Etals Unis de M. Yvon, la Vérité de M. Jules Lefebvre, portent le coup de mort à l’allégorie. Plus rien ne subsiste des anciennes réveries de la cervelle humaine. Seule la réalité continue d'être et de s’éclairer au double soleil de la science et de l’art: sous la forme du paysage, du portrait, du tableau de genre, c’est elle qui prend possession du terrain abandonné. Elle s’avance lentement, mais sûrement. Avant peu d'années elle aura envahi tout le domaine de Part, sera à elle seule toute la peinture des peuples renouvelés. Ne le voit-on pas à la façon dont déjà elle inspire et soulient nos meilleures œuvres ?
Au premier rang de celles-là, dans la région élevée du grand art où l’accord est parfait entre l’idée et l’exécuton, il faut placer les deux marines de Gustave Courbet.
e crois que, cette année, les dernières rancunes s’avoueront vaincues et qu'il y aura unanimité en faveur du grand peintre. La Falaise d'Etretat, avec sa composition si simple, son aspect si puissant et si vrai, ses rochers gris dont le sommet se tapisse du velours des graminées, son ciel léger et frais que vient de laver l'orage, ses flots apaisés qui se déroulent jusqu’au plus profond horizon, les anfractuosités où l’eau se teinte d’une ombre légère, l'air libre et joyeux qui circule dans la toile et en enveloppe les détails, par dessus tout, celte vérité de rendu qui fait disparaitre l’œuvre d’art pour ne plus laisser voir que lanature : tout cela frappe, étonne, émeut, transporte d’admication, suivant le degré de sensibilité dont a été doté le spectateur. Pourtant l’autre effet, celui de la Mer
D ———”7 ns —— Ah LS FE œ ” = a [Re
orageuse, me saisit davantage. Ce n'est plus une Jescription partielle et toute locale comme la falaise de tout à l'heure ; c’est le drame éternel qui se joue en tous pays, # : sur toutes les côtes, quand le vent des tempêtes se met 4 à souffler, que le ciel se charge de nuées, que les flots se gonflentet se couronnent d'écume, que les navires gagnant le large fuient comme des oiseaux éperdus. Courbet a eu la bonne fortune, l’été passé, à Etretat, de posséder ce spectacle sous sa fenêtre, et de pouvoir le traduire directement sur place, conditions toujours difficiles à rencontrer. C'est ce qui donne à son œuvre cette justesse, cette précision, celte énergie sobre qui la caractérisent. Rien dans l'idée n’est livré à la violence, rien dans le métier n’est laissé à l'abandon. Pas d’échevèlements de vague qui, en supprimant le dessin, suppriment les difficultés. à Ciel et mer, tout est modelé avec le même soin, et peint 1 de cette pâte souple, élégante, harmonieuse, qui fait de Courbet un si grand et un si fin coloriste à la fois. En 1 écrivant ces mots, le souvenir des marines d'Eugène Delacroix me revient à l'esprit. Je voudrais pour la curiosité de mes yeux, pouvoir placer à côté de la Mer orageuse quelqu’une de ces belles toiles que je revois en | imagination et qui s'appellent le Naufrage de DonJ'uan ou Jésus dans la tempête, celte dernière surtout. Ce serait un délicieux plaisir que de comparer, détail par
détail, ces deux pensées, ces deux exécutions. Qui l’em- 1. porterait à l'examen ? Je ne sais ; mais, à cette distance, ou |
avec les seuls souvenirs restés dans ma mémoire, il me semble (je demande pardon de ce blasphème aux derniers | romantiques!) que le maitre d'Ornans ne serait pas 4 vaincu. | Après les deux marines de Courbet, que j'estime tout à fait incomparables et œuvres de grand maitre, une foule
de toiles de premier ordre se présentent, qui sollicitent |
l'attention à.des titres divers. | ù , VER . : | Sans doute d'anciens noms brillants s’obscurcissent et LA
tendent à s’éclipser. Ni M. Jules Breton, ni M. Bonnat, ni M. Brion, ni M. Ribot, ni M. César de Cock, ne sont au
niveau qu'on eût pu espérer. Mais combien se maintiennent vaillamment à leur primitive hauteur ! combien surtout, que vous ne soupçonniez pas, apparaissent soudain en pleine lumière! Millet, Daubigny, Corot, Chintreuil, Hanoteau, Joseph Slevens, sont ce que vous vous êtes habitués à les voir ; Hébert s’est rajeuni et presque renouvelé. Mais connaissez-vous M. Munkacsy, ce peintre hongrois, qui expose un Dernier jour d'un condamné, d'une émotion si intense ? Aviez-vous entendu parler de M. Leibl, peintre de Cologne, dont le délicieux portrait rappelle non pas Rembrandt ou Rubens, comme on affecte de le dire, mais bien plutôt notre compatriote Ricard ? Mile Marie Collart, de Bruxelles, dont les paysages animés sont si doux et si forts, n’est-elle pas pour vous une nouvelle venue ? Aviez-vous supposé que Mile Nélie Jacquemart fût capable de ce portrait si puissant du maréchal Canrobert, qui a devant l’opinion toute la valeur d’un jugement historique? M. Jalabert vous avait-il fait pré- “oir l’ajustement prodigieux et l’exceptionnelle noblesse de sa grande-duchesse Marie ?
Je cite tous ces noms à la suite, parce que l'espace va
e faire défaut, et qu’il n’est peut-être pas inutile d’in- «iquer dès à présent à la partie incertaine de la foule où elle doit diriger sa curiosité. Mais je ne céderai pas à l'engouement public en classant parmi les œuvres hors de pair, la Salomé, de M. Regnault, et le Portrait de femme de M. Carolus Duran.
M. Regnault ne parait pas avoir, du but de la peinture et du rôle qu’elle joue dans l’humanité, une notion bien exacte. Il n’a eu qu’une préoccupation, faire un tour de force, étonner ses contemporains par la richesse de sa palette et la sûreté de son métier. Ces audaces sont !2 propre de la jeunesse intempérante et fougueuse, et, moins que tcut autre, j'ai l'habitude de les blämer. Mais encore, à tant faire qu'essayer faut-il réussir, et M. Regnault n’a pas réussi. Ne vous laissez pas prendre à l’arüfice du titre, Salomé la danseuse tenant le bassin et le couteau qui doivent servir à la décollation de saint
Jean. C'est un titre ajouté après coup, et qui ne rappelle rien ni du temps, ni du milieu, ni de la scène qu'on à la prétention de représenter. Il y a peut-être là un bassin et un couteau, il y a même une robe à paillons et un tapis moucheté ; mais de Salomé, mais de danseuse, mais de race et d’é poque juives, mais de décollation présente ou à venir, il n’est question nullement. La Salomé est un mannequin assis. Sa coloration, non plus que sa slructure, n’a rien de typique; n’était Pair sauvageon qui résulte de deux yeux noirs flamboyant sous une crinière noire, elle ressemblerait à la plus pâle des Parisiennes. Où est la fermeté du teint qui distingue les brunes ? Où est la vigueur du mat et de lambré Ÿ Où est le contraste des chairs blanches qui s s'abritent sous le vêtement avec les chairs hâlées qui s’exposent au grand air? Où est surtout la précision du dessin, l'indication de l’ossature ? La poitrine est molle et plate, les pieds sont veules et cassés, le bras droit ramené sur la hanche est sans forme humaine. Tout l'effort de l'artiste s'est concentré sur un point : enlever des jaunes sur des jaunes; et il y a échoué à moitié; son fond jaune vient en avant de ses chairs. En somme le tableau de M. Regnaull n’est qu'une étude d’apprenti, et M. Regnault lui-même n’apparait que comme un peintre d'accessoires. Voilà trois fois que ce prêt tendu successeur de Delacroix débute à notre connaissance. Il est temps qu’il se recueille et médite : débuter une quatrième fois serait trop pour sa jeune réputation.
Le portrait de M. Carolus Duran vise moins à l'éclat, mais n'est pas moins tapageur. Comme dans l'œuvre de M. Regnault, le personnage y est sacrifié aux étoiles. Encore ces étoffes ne sont-elles pas ce que l’on peut rèver de plus agréable. Les clairs métalliques du satin, systématiquement poursuivis du haut en bas, gènent la vue. Mais qu'importe un effet de robe quand la conceplion elle-même est si blämable? En présence de cette jeune femme debout, soulevant la portière qui donne accès sur un cabinet noir, pendant que son petit chien
ue” LEE