‹ Salons CélèbresChapitre 5 sur 16 · ii · texte numérisé non relu

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dont Gérard venait de refaire le costume, préférant, à de lourdes étoffes la transparence des dentelles, l’éclat, la légèreté des rubans, qui cacheraient moins la belle taille de madame de R..., et feraient de ce portrait un type des modes de notre époque.

Quelques jours suffiront à mademoiselle Godefroy pour achever les accessoires de ces différents ouvrages. Mais on attend plus d’elle encore : excepté le buste aue vient de terminer M. David, et pour lequel Gérard donnait, il y a deux semaines, sa dernière séance, il n’existe aucun bon portrait de cet homme si justecélèbre; car on ne peut se contenter de celui qu’en a fait Lawrence , et qui ne le rappelle nullement. Mademoiselle Godefroy peut seule trouver dans son cœur et dans son talent les moyens de rendre fidèement les traits de l’ami et le génie du peintre. C’est un présent qu’elle doit à la France.

C’était un mercredi, ce jour de la semaine où depuis tant d’années on se réunissait chez Gérard; sa femme, accablée sous le coup qui la frappait, cherchant à douter encore d’un malheur si rapide, n’avait pas pensé à en prévenir personne, et on arrivait de toutes parts pour s’amuser comme de coutume

LE SALON DU DAHON GÉUARD.

dans cet agréable salon, pour revoir ces charmants tableaux qui l’ornaient et pour enlendrc causer l’artiste, l’homme d’esprit dont la voix venait de s’étemdre pour jamais!

Quel spectacle désolant... quelle honorable oraison funèbre que ces cris de surprise et de douleur, oui répondaient au vieux serviteur dont les yeux gonilés de larmes et les sanglots apprenaient seuls l’affreuse nouvelle qu’il n’avait pas la force de dire; et ces amis respirant à peine, ne pouvant plus se soutenir, obligés de s’asseoir sur la borne des portes; ces femmes parées qui pleuraient dans leur voiture, oubliant de donner l’ordre de s’éloigner de cette maison de Jeuil; et la pâleur du jeune artiste à qui la mort mlevait d’un seul coup son maître, son protecteui*, ion ami , sa fête hebdomadaire ; car ce mercredi , )ù il avait toujours la chance d’un plaisir, était ;ttendu par lui comme un jour de fête ; enfin l’aspect ie tout ce salon refoulé par la mort, transplanté ans la rue, et la faisant retentir du bruit de ses egrets et de ses plaintes, prouvait mieux que nous e saurions le dire l’étendue de la perte que venaient e faire la société, les arts et la France.

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