‹ Salons CélèbresChapitre 9 sur 16 · ES · texte numérisé non relu

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privoisée était invitée-née de tous les dîners d’apparat qui se donnaient dans la famille; et comme elle savait le prix attaché à cette faveur, elle ne se faisait jamais prier. La pose du dernier, du plus humble des plats de dessert, de ces quatre mendiants, pendant inévitable de l’assiette de macarons, était le signal du coup de gosier par lequel la chanteuse débutait, sans que nul accord vînt lui donner le ton, sans que nulle ritournelle avertît le public de ce qui le menaçait.

Cela rappelle cette demoiselle qui, se trouvant au dîner d’accords, où elle jouait le premier rôle, entama tout à coup le grand air de la Belle Arsène, sans penser que son futur pourrait s’inquiéter du choix de ces paroles :

Non, non, non, j’ai trop de fierté Pour me soumettre à l’esclavage 1

Mais dans ce temps-Ià on ne savait bien qu’un air, et on le chantait toujours, qu’il allât bien ou mal à la situation : on choisissait d’ordinaire l’air marquant de l’opéra qui venait d’obtenir le plus de succès. Tant pis pour le repas de noces qui se don-

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