‹ Salons de W. Bürger, 1861 à 1868Chapitre 12 sur 16 · S&P06ITI0N DE · texte numérisé non relu

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virils et lo sentiment de la force dans la beauté. Je crois bien qu^il restera comme le premier maître de cette — chose^ dirait M. Victor Hugo, — chose innommable, qui consiste à découper au trait Tespace qu'un oorps occupe au milieu des autres. Revoil et Fiaxman ont essayé ce tour d'adresse dans la gravure des tableaux et des [Statues. M. Ingres et M. Flandrin Tont pratiqué, m&me en peinture. L'exposition bavaroise en offre beaucoup d'exemples, chez M. Genelli, professeur à l'École des beaux-arts à Weimar; chez M. de Schwindt, professeidr i^ l'Académie de, Munich, etc.

Les œuvres de ces deux savants professeurs démon*- Irent jusqu'à la dernière évidence combien l'art -de la découpure par le trait est étranger à la peinture. Les dessins exposés par M. Genelli sont irréprochables ; mais son tableau à' Hercule chez Omphale ressemble à un papier de tapisserie. Chez M. Schwindt surtout^ l'écart est absolu entre les dessins au trait et les compositions peintes. Nous avons vu en Allemagne plusieurs de ses petits cartons extrêmement distingués par l'ordonnance et par une délicatesse très-poétique, qualités qu'on retrouve dans la série de Sainte Elisabeth^ exposée au pavillon bavarois. Allez ensuite regarder ses huit peintures, la Ballade, V Anachorète^ etc. C'est peint comme par un vitrier de campagne, ou par M. Brivet, l'auteur du célèbre tableau de chevaux qui surprit la France et l'Europe au salon des Refusés en 1865.

Après ces machines particulières à l'école munichoise, viennent les grandes peintures officielles, destinées au Maximilianeum, ces cataconabes de la renaissance factice, entreprise par le roi Louis. Officiel, gouvememen^

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tal, cowmaHdes, — autant dô mots qui contrarient Tàrt, Tart spontané^ original, librement inventif. Passons donc sur le Périclès de M. Follz, directeur des galeries royales^ sur la Cmr de Palerme, par M. de Ramberg, professeur à TAcadéraie, sur les Noces d'Alexandre le Grande par M. André MuUer, sur la Bénédiction de drapeaux, p^r M. Piloty, etc. Le souvenir de ces tableaux ne sera conservé que dans les guides des palais de Munich.

M. Piloty mériterait pourtant d'être discuté par la critique, puisqu'il est cAe/* d'école et que «dix-huit de ses élèves sont représentés à l'Exposition. » La Mort de César a fait du bruit en Bavière. C'est une œuvre trës-propre, très-sage, composée et exécutée selon les- préceptes vulgaires. Sans chaleur^ sans passion^ sans tourment. Le devoir d'un rhétoricien écrivant une page de déclamation historique, après avoir consulté ses auteurs. De la science d'ailleurs, mais aucune originalité. L'histoire banale, dont nous parlions à propos de Leys. Le caractère romain n'y est pas plus que dans les tableaux de Tanciennc école académique, et Tarlisle lui-môme n'a aucun style personnel.

Dans V Épisode avant la bataille de Weissenberg, où un moine exhcwte les soldats, l'agencement et l'exécution rappellent un peu la manière de Gallaitet même de Paul Delaroche. Il y a une certaine abondance, mais la couleur est cotonneuse et l'ensemble d'un effet commun. M. Piloty n'en est pas moins un peintre très-habile, et il pourrait concourir avec les peintres renommés dans les autres écoles de l'Europe, réserve faite des artistes entraîné» par un sentiment tnoderne.

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La plupart des élèves de M. Piloty sembleot également dépourvus d'inspiration nouvelle. M. Liezenmayer peint la Canonisation de sainte Elisabeth de Hongrie, voilà un sujet édifiant; M. Max, Sainte Ludmille étranglée et' une Martyre en croix, qui touche les âmes dévotes j M. Makart, des Centaures enlevant des femmes^ des Ondines sortant de l'eau et touchant le luth d'un troubadour. endormi ; à côté du mysticisme la mythologie. M. Makart a même inventé un Paysage idéal: pourquoi ne pas peindre un paysage réel? Fausser la nature, fausser l'humanité I Le faux partout, quand la vérité est si attrayante. £t ces artistes encore ont beaucoup de talent : M. Makart est richement coloriste et ses Ondines ont quelque chose de vénitien ; M. Max est expressif et délicat dans sa Martyre pâle ; M. Liezenmayer a de Tampleur et Tinstinct de la lumière. Que leur manque-t-il donc? L'amour de la nature, de la vie présente. S'ils sentaient profondément ce qui anime les générations actuelles, ils trouveraient la poésie ailleurs que dans les centaures et les vieilles traditions. Âh I ce qu'il faut combattre et anéantir, c'est la doctrine même qui gouverne encore le culte des arts. Il faut nier absolument que les modèles de l'art soient dans le passé, que la mythologie païenne soit la source poétique, que l'imagination humaine soit immobile et impuissante à la nouveauté. Est-ce que les sociétés précédentes n'ont pas inventé tour à tour leur poésie et leur plastique? Est-ce que l'art chrétien ne s'est pas détourné de Tart antique pour produire des chefs-d'œuvre tout différents? Détournons-nous des allégories et des formes qui caractérisent les civilisations mortes. Regardons la vie en nous et autour d0

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nous, et aspirons à la vie progressive avec ses nouveautés indéfinies.

Quelques élèves de M. Piloty, ayant' moins d'ambition que les pêcheurs d'ondines, peignent des sujets familiers et des paysages naturels, par exemple M. Baumgarlner, assez spirituel dans sa Procession surprise par la pluie.

La bataille a nécessairement ses peintres en Bavière. Un des plus célèbres, M. Horschelt, a exposé la Prise d'un retranchement de Schamyl par les Russes en 1859; grand tableau, mais avec des figures de moyenne proportion ; ce qui convient mieux pour ces mêlées. Les batailles avec militaires de grandeur naturelle et de gros chevaux renversés au premier plan excèdent l'importance de scènes antipathiques, et toujours pareilles. Sauf le respect qu'on doit aux guerriers, on aime autant les voit en miniature.

La bataille de M. H. Horschelt, très-mouvementée, donne bien llmpression d'une lutte sauvage ; les costumes et le pays ajoutent à Teffet pittoresque; le dessin des figures est vif et juste, la coloration forte et harmonieuse. MM. Yvon et Pils doivent avoir apprécié ce tableau.

Une autre scène militaire, £'n(re5o//(?rmoe/ Valeggioy par M. François Adam, est aussi très-adroitement peinte, un peu coinme les batailles que M. Eugène Lamy peignit autrefois.

Les tableaux que je préfère, dans le pavillon bavarois, sont ceux de M. Victor Mùller et un intérieur de famille par M. Guillaume Fuessli, sans doute parce qu'ils sont indépendants de l'école et qu'ils tranchent par leur sincérité.

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M. Victor Mûller avait exposé au salon de 1894 une Nymphe des bois : mettez une femme nue couchée sons des arbres. La critique parisienne no parla point de ce nouveau venu, dont nous avions signalé la peinture trèsoriginale et très-poétique. Nous avons appris, depuis^ qu'il était de Francfort et qu'il y avait connu Courbet^ lorsque le maître-peintre avait fait un séjour asse£ prolongé dan^ Tex-ville libre. Courbet lui aura saps doute enseigné ce qu'il enseigne à ses disciples. C'est très-simple et cela s'arrête à quatre commandements do la nouvelle Eglise Ubre dans TEtat libre :

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