TOITURES VITRÉES
Les praticiens n'admettent pour le coefficient R que la valeur K = 3, tandis que les données recueillies à Ferrières portent à penser que, pour une couverture double en verre, c'est-à-dire avec toiture et plafond, il convient de faire K=15, et pour une toiture simple, K = 20; attendu que dans ce dernier cas il peut pénétrer à l'intérieur de l'air froid par les joints du vitrage.
D'après ces valeurs, en admettant que la surface développée S' du toit soit 1,50 fois celle S du plafond vitré, l'on pourrait calculer la quantité dé charbon à brûler dans les temps les plus froids de la manière suivante :
Soient: S = 100m(i, S' = 150ra<J-,
La température extérieure, — 10°;
La température intérieure à maintenir au grenier, 45°,
La température intérieure du salon, 1 5° ;
La chaleur perdue par le toit sera
Ccal=l5Xl50°(45+10) = i23750cal La chaleur transmise
dans le salon. ... G =15x100(45—15)= 45000 Chaleur totale à développer dans le grenier
vitré double I68750cal
En admettant que les poêles à coke employés utilisent, ce qui esta peu près exact en pareil cas, les 0,90 de la chaleur développée par le combustible et que le kilogramme de coke dégage 7000 unités de chaleur, il faudrait brûler
par heure — — — — — =26kll,80 de coke par heure pour r 0,90X7000 ' r x
empêcher, dans ces conditions à peu près extrêmes de froid
à Paris, le vitrage de refroidir le salon au delà de 15°.
Quant aux soirées, l'éclairage exigeant environ trois à
quatre becs brûlant chacun 0mc,100 de gaz par heure par
mètre carré du salon, la chaleur développée sera toujours
plus que suffisante pour empêcher le refroidissement de l'intérieur.
Les chiffres précédents expliquent comment la plupart des constructeurs d'appareils de chauffage qui ont entrepris de chauffer des salons ou des cours vitrées, n'y ont que trèsimparfaitement réussi.
105. Parmi les dépendances des habitations privées qui occasionnent le plus souvent un développement d'odeurs désagréables, on doit placer au premier rang les petites cours intérieures, les cuisines et les lieux d'aisances. Il arrive très-fréquemment que, par suite de l'appel qu'exercent les cheminées des pièces voisines de ces dépendances, il se produit à certaines heures, dans l'intérieur des appartements, des introductions dair plus ou moins infect.
Pour éviter ces inconvénients graves, il faut parvenir, à l'aide de dispositions convenables et d'ailleurs assez simples, à déterminer, d'une manière régulière et à peu près constante, un mouvement d'air allant des appartements ou des couloirs vers l'intérieur de ces locaux, et une évacuation de ceux-ci vers l'extérieur. On peut y réussir de diverses manières.
104. Cours intérieures des maisons d'habitation. — Il y a souvent, à Paris surtout, dans les maisons à loyer, de petites cours intérieures, qui sont des dépendances des magasins du rez-de-chaussée, et qui présentent pour la salubrité des étages supérieurs des inconvénients graves. Les boucheries, les restaurants, les charcuteries, les teintureries, les pharmacies, les parfumeries, etc., etc., y développent des odeurs désagréables ou nuisibles qui, en montant, incommodent les autres habitants de la maison, et déprécient l'immeuble.
L'on peut remédier facilement à ces inconvénients, de la manière suivante:
La cour sera couverte d'une toiture vitrée, en partie ou en totalité, et formée par un seul plan incliné, établi entre le rez-de-chaussée et l'étage au-dessus. Dans un angle et à la partie supérieure de cette toiture, on construira une cheminée montant jusqu'au-dessus de la corniche supérieure, et dont la section sera calculée de manière qu'à la vitesse d'un mètre environ en une seconde, l'air de la cour soit renouvelé une ou mieux deux fois par heure.
Vers la partie inférieure de cette cheminée, on établira un bec de gaz, brûlant seulement 0mc,l00 par heure. La vitesse étant assez faible et la cheminée haute, l'on pourra faire évacuer par cette cheminée environ 1800 à 2000 mètres cubes d'air par mètre cube de gaz brûlé, et obtenir ainsi un assainissement régulier de ces cours.
Lorsque les dispositions locales s'y prêteront, il suffira de diriger un tuyau de fumée dans cette cheminée, ou d'y allumer un petit poêle à coke, pour y produire le tirage.
îOo. Cuisines. — Lorsque l'on emploiera des fourneaux à circulation de fumée, comme ceux que l'on établit aujourd'hui généralement, il serait facile lors de leur installation de disposer, à partir du foyer, des tuyaux de circulation d'eau qui, développés sur une certaine étendue dans la cheminée et revenant au foyer, comme dans les chauffages à l'eau chaude, détermineraient un appel suffisant.
106. Emploi des becs de gaz pour la ventilation des cuisines. — Dans les cuisines éclairées au gaz, lorsque les fourneaux sont déjà établis à la manière ordinaire, l'allumage au bas de la cheminée et près de son tuyau de fumée, d'un ou de deux becs de gaz, que l'on ferait brûler seulement pendant le temps de la préparation des aliments, serait, pour la plupart des cas, suffisant pour produire un appel susceptible d'enlever toutes les odeurs.
Exemple. Une cuisine d'appartement, à Paris, a déjà des dimensions relativement grandes, quand avec 3 mètres de largeur, 4 mètres de longueur et 3'", 50 de hauteur, elle offre une capacité totale de 42 mètres cubes.
Or, il résulte d'expériences directes, qu'avec l'aide d'un seul bec de gaz, brûlant 0mc,040 par heure, et allumé seulement pendant les heures de la préparation des repas, c'est-à-dire au plus six heures par jour, on pourrait déterminer par heure, avec des conduits en tôle de 0m,24 de diamètre et des
hauteurs de 16m,00 12m,00 10m,00 8m,00 l'évacuation de 50mc,40 41m,76 39mc,84 35nic,60
qui, joints à la ventilation naturelle que produit la chaleur des foyers, suffirait largement pour renouveler plus d'une fois par heure l'air d'une semblable cuisine.
La dépense, pour un séjour de toute l'année, à raison de six heures d'allumage par jour, d'un petit bec de gaz consommant 0mc,040 par heure, serait de 0mc,24 de gaz par jour ou de 87mc,60 par an qui, à raison de 0f,30 par mètre cube, coûteraient 26f,28; dépense bien modique pour éviter un désagrément nauséabond subi deux fois par jour.
On doit ajouter que les résultats précédents sont relatifs à des tuyaux en métal établis à l'extérieur et exposés au refroidissement, tandis qu'en général, les tuyaux de ventilation analogues peuvent et doivent être construits en poterie et logés dans les épaisseurs des murs ou dans l'intérieur des bâtiments, ce qui, en les exposant moins au refroidissement, tend à augmenter l'effet obtenu. S'il s'agissait de grandes cuisines ayant de larges hottes, et dont les fourneaux fonctionneraient avec activité et plus longtemps, l'établissement d'une grille au bas du tuyau de fumée et vers le sommet de la hotte, alimentée avec de la houille, serait plus économique, et constituerait d'ailleurs dans les habitations de campagne, le moyen le plus simple et le plus direct.
107. Utilisation de la chaleur perdue des fourneaux de cuisine pour la ventilation et pour un service de bains. — Outre l'avantage d'assurer le renouvellement de l'air et l'évacuation des mauvaises odeurs dans la cuisine, la circulation
et les récipients d'eau chaude dont on a parlé au n° 105, permettent, d'établir auprès des cuisines un service de bains toujours prêt à fonctionner et qui pourrait être réalisé avec succès, comme on l'a dit au n° 81, dans les casernes ainsi que dans tous les établissements appelés fourneaux économiques, où l'on prépare pour les pauvres des aliments qu'on distribue gratuitement ou à prix réduits. L'addition d'un service de bains à ces utiles établissements pourrait ainsi être faite à très-peu de frais.
Une disposition de ce genre est adoptée avec succès dans la nouvelle maison d'accouchement établie par l'administration de l'Assistance publique, rue du Faubourg Saint- Jacques, pour utiliser la chaleur perdue des fourneaux à cataplasmes.
108. L'on peut aussi obtenir le chauffage des bains à l'aide des fourneaux de cuisine ordinaires à circulation d'air chaud, sans recourir à l'emploi de la circulation de l'eau chaude, ou ce qui vaut mieux, en combinant les deux moyens d'utiliser la chaleur perdue par ces fourneaux pendant le temps de la préparation des repas.
Une disposition du premier genre a été établie dans plusieurs maisons de Paris, par MM. Geneste et Cie, entrepreneurs de chauffage et de ventilation, et entre autres rue de Tracktir, n° 8, par les soins et sur les indications de M. Joly, propriétaire. M. L. Duvoir, MM. Bouillon, Mulleret Cie, en ont installé d'autres à l'aide de la circulation d'eau chaude.
109. Lieux d'aisances. — Les dispositions à prendre pour éviter l'infection que produisent souvent ces dépendances des habitations varient avec le mode de construction adopté et de la destination des bâtiments.
Les règlements de voirie imposent pour la construction des fosses les règles suivantes :
Les tuyaux de descente doivent être immergés par leur partie inférieure, soit dans les matières de la fosse, soit mieux dans une cuvette en cuivre mobile ou fixe, dans
laquelle il est utile, quand on le peut, de faire arriver, de temps à autre, de l'eau pour la laver. Il résulte de ces dispositions que les seuls gaz qui puissent remonter par ces tuyaux proviennent de leur surface ou de leur base immergée et ne sont pas très-abondants (pi. II, fig. 30).
Pour éviter que ces gaz ne se répandent à l'intérieur des cabinets, l'on emploie généralement aujourd'hui dans les maisons d'habitation des sièges à cuvettes hydrauliques mobiles dits à l'anglaise. Dans les habitations moins soignées et dans les établissements publics, on se contente de placer sous l'orifice une cuvette, dite appareil Rogier-Mothès, qui bascule et se vide par le seul poids des matières, et qui revient ensuite fermer à peu près cet orifice.
Ces moyens convenables ne sont pas toujours suffisants pour empêcher l'introduction des mauvaises odeurs, par suite des légères fissures que présente le montage des appareils.
Dans tous les cas, il est plus sûr d'isoler le siège à 0m504 ou 0m,05 du bord supérieur de la cuvette, en laissant monter les faces de devant et des côtés jusqu'au siège et de mettre l'intervalle en communication avec un conduit d'évacuation des gaz, qui s'élève jusqu'au-dessus du toit.
Si ce conduit peut être placé près d'un foyer de chaleur régulier, tel qu'un tuyau de fumée de cuisine, ou si l'on peut y faire passer des tuyaux de circulation d'eau, comme dans les grands édifices chauffés par ce procédé, il sera facile d'obtenir dans ce tuyau un appel suffisant.
Mais si l'on n'a pas cette ressource, ainsi que cela arrive dans les habitations privées, on y obviera en établissant dans le conduit même un petit bec de gaz, brûlant au plus 30 à 40 litres à l'heure et qui, à l'aide d'un vasistas vitré, éclairera le cabinet, en même temps qu'il l'assainira. On pourrait même se servir d'une lampe ordinaire brûlant 15 à 20 grammes d'huile par heure. Le conduit d'évacuation devra avoir environ 0mi,03 à 0mi,04 de section et le petit bec brûlant 30 litres par heure produira généralement l'éva-
cuation de 30mc d'air par heure, ce qui suffira non-seulement pour expulser tous les gaz provenant du siège et de son tuyau de descente, mais même pour renouveler plusieurs fois par heure l'air du cabinet, en y faisant affluer celui des corridors voisins et en prévenant aussi l'infection intérieure.
110. Exemple -.Bâtiment d'administration du chemin de fer du Nord ((pi. II, fig. 31). — Si au lieu de sièges à l'anglaise l'on n'a que des sièges ouverts ou même des lieux dits à la turque, un dispositif analogue produira les mêmes résultats.
La figure 31, pi. II, montre l'installation adoptée avec succès au bâtiment d'administration du chemin de fer du Nord, où il y a, pour les cinq étages, 27 cabinets d'aisances. •
Les tuyaux de descente servent à tous les couples de sièges de chaque étage, et ne sont qu'au nombre de trois. Ils ont 0m,22 de diamètre et débouchent dans des cuvettes hydrauliques mobiles en cuivre, qui forment syphon et s'opposent à l'ascension des gaz de la fosse.
Tous les conduits d'évacuation d'air des sièges ont 0nl,10 sur 0m,40 à l'intérieur. Ils débouchent dans un grand conduit collecteur vertical d'environ 0mi,95 de section servant de cheminée d'appel et dans lequel sont disposés des tuyaux verticaux de circulation d'eau chaude qui, pendant l'hiver, déterminent un appel général.
Dans la saison d'été, où le chauffage est interrompu, l'appel est produit par des becs de gaz allumés dans chacun des cabinets.
L'on pourrait évidemment continuer l'été à obtenir la ventilation à l'aide de la circulation de l'eau chaude, au moyen d'un petit foyer auxiliaire, spécialement destiné à ce seul service, ce qui serait plus économique que l'emploi du gaz.
D'après des résultats d'expériences exécutées en février 1863, le volume d'air moyen évacué par siège, sous l'action
de l'appel produit par un excès de 4 à 7° seulement de la température de la cheminée sur celle de l'air extérieur, a été de plus de 63mc par heure.
Quoique très-supérieur à ce qui est ordinairement nécessaire, ce volume ne paraît pas surabondant pour des cas analogues, où les sièges sont accompagnés d'urinoirs souvent mal lavés.
I i 1 . Disposition adoptée à l'hôpital Lariboisière (pi. II, fig. 32). — Dans cet établissement, les cabinets situés à chaque étage contiennent trois sièges à cuvette R, en fonte émaillée, qui débouchent dans une autre cuvette S, formant le sommet d'un tuyau de descente U particulier pour chaque siège, mais qui, par une disposition convenable, auraient pu être plus économiquement communs aux trois étages. Ces tuyaux de descente conduisent les matières dans un grand bassin hémisphérique 0, en fonte, toujours rempli d'eau, dans lequel plonge leur extrémité, ce qui empêche les gaz de la fosse située au-dessous de remonter par les tuyaux de descente.
Les matières se déversent du bassin 0 par l'espace X, dans la fosse qui est hermétiquement fermée, et qui doit être, d'après les règlements, pourvue d'un tuyau d'échappement des gaz, vers le haut de l'édifice.
II résulte de cette disposition que les seuls gaz qui pourraient déboucher par le sommet des tuyaux de descente dans les cabinets, seraient ceux qui se développeraient dans ces tuyaux. Pour les empêcher de pénétrer dans les cabinets et en même temps pour renouveler l'air dans ceux-ci, M. L. Duvoir a mis chacune des contre-cuvettes S en communication avec un tuyau T, qui débouche dans un conduit d'appel V commun pour tous les sièges.
L'appel exercé dans ce tuyau V, à l'aide de tuyaux de circulation d'eau chaude et qui pourrait l'être par d'autres moyens, détermine non-seulement l'évacuation des gaz développés dans les tuyaux de descente; mais il produit, en outre, dans les cabinets, et par l'ouverture du siège, l'appel
d'un volume d'air qui s'élève à 35mr et plus, par heure et par siège.
Des dispositions conformes aux indications précédentes ont été appliquées avec succès aux lieux d'aisances avec sièges à la turque établis au bâtiment b de l'hôpital de Vincennes.