‹ Salubrité urbaine distributions d'eau assainissementChapitre 11 sur 279 · MAINTIEN DE LA PURETÉ DE L'AIR · texte numérisé non relu

MAINTIEN DE LA PURETÉ DE L'AIR

9. Atmosphère des villes. — Les causes naturelles d'agitation de l'air en assurent si rapidement le renouvellement que l'on n'a point songé à employer de moyens artificiels pour obtenir la purification de l'atmosphère des villes. Mais il est indispensable de venir en aide à la nature dans la mesure du possible, soit en facilitant l'action des vents, soit en écartant ou en combattant par divers procédés les causes les plus ordinaires d'altération de l'air.

C'est ainsi que l'on devra tracer les voies publiques de manière à y faciliter le passage des courants atmosphériques, les ouvrir assez largement pour que l'air y circule sans peine et que la lumière du jour y pénètre, en tenant compte et de l'orientation et de la direction des vents régnants. C'est ainsi que l'on devra éviter les ruelles étroites et sombres, bordées de maisons trop hautes, et les cours trop restreintes formant en quelque sorte des puits profonds où l'air se renouvelle malaisfjment.

D'autre part, il conviendra de prendre des mesures pour que les gaz irrespu-ables provenant des foyers de chaleur ou de lumière soient rapidement entraînés : de hautes cheminées devront, à cet effet, les conduire jusque dans les parties élevées de l'atmosphère, au-dessus des toits des maisons, où les vents agissent sans rencontrer d'obstacles; les établissements, qui donnent lieu à des émanations incommodes ou insalubres devront être relégués aussi loin que possible des habitations et placés dans une direction telle par rapport aux vents régnants que ces émanations ne soient pas ramenées d'ordinaire vers le centre de l'agglomération, mais au contraire tendent toujours à s'en écarter. ' Il est à peine besoin d'ajouter que les matières susceptibles d'entrer en décomposition ne devront jamais être abandonnées sur le sol des voies publiques, mais enlevées et transportées au loin avant d'avoir subi un commencement de putréfaction.

10 CHAPITRE I. - SALURRITH URBAINE

10. Rôle des plantations dans les villes. — C'est aussi en vue de conti-ibuer au maintien de la pureté de l'atmosphère que l'on recommande de réserver dans les villes une place suffisante aux plantations. On reconnaît, en effet, aux végétaux, la propriété d'utiliser, pour leur respiration et leur nutrition propres, précisément les éléments que rejettent tous les êtres se rattachant au règne animal; ils les transforment, et renvoient à l'atmosphère des gaz capables de servir de nouveau à la respiration des hommes et des animaux.

« Ils sont de plus, dit M. Chevrcul, la cause occasionnelle d'un mou- • « vement incessant de l'eau souterraine extrêmement favorable à la « salubrité du sol..., et ils s'accroissent en y puisant les matières « altérables, causes prochaines ou éloignées d'infection C'est môme à ce dernier effet que l'illustre savant attribue l'influence la plus salutaire.

Quoi qu'il en soit sur ce point, il est hors de doute que l'on doit applaudir à toute mesure ayant pour but de réserver à la vie végétale une partie de la superficie occupée par les agglomérations urbaines.

L'élévation progressive du prix des terrains conduit peu à peu les propriétaires à augmenter la proportion des surfaces bâties, au détriment des cours et surtout des jardins, dans l'intérieur des grandes villes; il appartient à la collectivité de lutter contre cette tendance fâcheuse en créant et plaçant sous la sauvegarde publique des plantations destinées à remplacer celles que sacrifie l'intérêt privé.

Les arbres d'alignement, les parcs, les jardins publics, les squares, qui contribuent tant à l'ornementation et à l'agrément des villes, sont en môme temps de puissants moyens d'assainissement.

11. Ventilation des édifices. Aération des maisons. — Dans l'intérieur des édifices, et en particulier dans les lieux de réunion, comme les théâtres, les cafés, les amphitliéâtres, etc.; dans les habitations collectives comme les casernes, prisons, lycées, écoles, etc.; dans les établissements consacrés aux malades, hôi^itaux, hospices, ambulances, l'air est vicié très rapidement par la respiration des personnes, la combustion du gaz d'éclairage ou les autres foyers de lumière et de chaleur. Confiné dans des espaces restreints et clos de toutes parts, il ne tarderait pas à devenir irrespirable, si l'on n'employait des moyens artificiels spéciaux pour le

• renouveler très fréquemment. La ventilation est une des conditions ^ essentielles de la construction d'édifices consacrés à ces divers usages, et, cependant, elle a été, elle est encore bien souvent négligée ou traitée comme un objet secondaire, d'une façon tout à fait insuffisante.

Elle n'exige pourtant d'ordinaire, lorsqu'on s'en préoccupe dès le début et au moment même de la construction, que des moyens extrêmement simples et peu coûteux : il faut tout d'abord mesurer largement l'espace,

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