MAINTIEN DE LA PURETÉ DE L'AIR
de manière que le cube d'air par personne soit suffisant, puis il convient de ménager des prises "d'air frais et d'assurer l'évacuation de l'air vicié ; les sections des conduits doivent être calculées de manière .que, sans prendre une trop grande vitesse, la circulation des gaz assure dans un temps limité le renouvellement complet de l'atmosphère des diverses salles. Le plus souvent, les différences de température, qui se produisent nécessairement dans les diverses parties de l'édifice, déterminent seules les courants ascensionnels que l'on utilise pour la circulation de l'air; si ce moyen ne suffit pas dans certains cas spéciaux, on y pare en activant la circulation, soit mécaniquement par des ventilateurs, soit par des moyens physiques comme l'établissement de cheminées spéciales activant le tirage, ou de foyers uniquement destinés à augmenter l'écart des températures. Il convient seulement de prendre les précautions nécessaires pour que les courants d'air restent toujours insensibles et ne puissent incommoder les personnes qui se trouvent dans les salles ventilées ; l'air frais doit ' se mélanger lentement et peu à peu avec l'air ambiant de manière à parvenir auprès d'elles à la température même de l'atmosi^hère qui les entoure, etc.
Dans les maisons, dans les habitations proprement dites, à l'exception de ces logements insalubres dont une réglementation sévère et strictement appliquée doit tendre à poursuivre la suppression absolue, l'aération naturelle suffit le plus souvent ; et c'est ce qui arrive lorsque les appartements ont une hauteur convenable, lorsque les chambres ne sont pas trop étroites, lorsque les fenêtres s'ouvrent sur des voies larges ou sur des cours bien aérées, lorsque les cheminées sont bien établies. Mais il n'en est plus ainsi dès que certaines circonstances particulières provoquent, dans une pièce en particulier, dans une salle de réunion par exemple, ou dans la chambre d'un malade, une altération plus rapide de l'air; et cependant on peut dire que jamais les constructeurs ne se préoccupent des cas spéciaux, et ne prévoient les dispositions bien simples qui assureraient alors une ventilation efficace. Quelques prises d'air facultatives, quelques tuyaux d'évacuation bien placés, suffiraient presque toujours ; et que de fatigues, que de souffrances, on peut le dire, ils éviteraient dans les grandes villes !
Il faut avoir soin aussi d'empêcher toute rentrée d'air vicié ou impur dans l'intérieur des habitations, et prendre des précautions spéciales j)Our que jamais aucune communication ne puisse s'établir avec l'atmosphère des égouts, des fosses, etc. Les tuyaux d'évent des fosses fixes, les tuyaux de chute des eaux pluviales et des eaux ménagères ou des vidanges, pourraient devenir autant de foyers d'infection, si, par des inoycns appropriés, on ne savait en intercepter en tout temps et de façon alxsolue toute communication avec les locaux habités.
CITAPITRE I. — SALUBRITÉ URBAINE