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10.984 de siphons. Il verse dans le réservoir de 100.000 mètres cubes do capacité, où il débouche à Ménilmontant, 20.000 à 25.000 mètres par jour d'eau de source, et a coûté environ 18 millions de francs.

Le second, celui de la Vanne, commencé en 18()8 et terminé en 1874, est beaucoup plus important ; il fournit chaque jour 110.000 mètres cubes provenant d'une série de sources, tri])utaires de la rivière du même nom, éparses dans la vallée entre Sens et Troyes. Ces sources forment deux groupes, dont l'un, dit des sources hautes, jette directement dans l'aqueduc des eaux qui sont amenées jusqu'à Paris par le seul effet de la gravité, tandis que pour l'autre, dit des sources basses, il a fallu recourir à une élévation mécanique, au nioyen de pompes, mues soit par des chutes de la rivière de Vanne, soit par la vapeur, soit enfin par l'effet du déver-

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sèment d'une partie des sources hautes dans l'aqueduc. Récemment on y a joint le produit de la belle source de Cochepies, captée dans un vallon voisin, tributaire de l'Yonne ; un aqueduc secondaire presque entièrement souterrain, l'amène dans la vallée de la Vanne, où une asine mixte, hydraulique et à vapeur, l'élève dans l'aqueduc.

La lone:ueur totale de la dérivation de la Vanne est de 173 kilomètres ; elle aboutit à Paris sur les hauteurs de Montrouge, à côté du parc de Montsouris, dans un réservoir à deux étages, de quatre hectares de superficie et 250.000 mètres cubes de capacité, à l'altitude de 80 mètre.< au-dessus du niveau de la mer. La pente totale assez faible dont on disposait n'a pas permis de faire en siphon toutes les traversées de vallées, et les moins profondes ont été franchies au moyen d'arcades en maçonnerie, dont des dispositions économiques et hardies ont fait l'admiration des ingénieurs, mais qui comportent un entretien difficile et coûteux. Les parties maçonnées ont une section circulaire de 2'", 10 de diamètre intérieur {fig. 68), avec une pente de 0'", 13 et O-^lOpar kilomètre; les siphons, formés de deux files de tuyaux en fonte de l'",10 de diamètre, ont été calculés avec une charge de 0",60 par kilomètre. On compte sur la dérivation de la Vanne 93.000 mètres de tranchées, 41.900 mètres de souterrains, 16.600 mètres d'arcades et 21.500 mètres de siphons.

L'ensemble, y coinpins l'acquisition des sources, les indemnités aux usagers, le réservoir, etc., a coûté près de 50 millions de francs.

Nous avons donné au chapitre VI l'analyse des eaux de la Vanne et de la Dhuis. La Vanne fait à Paris le service privé dans les quartiers bas et moyens, la Dhuis dans les quai'tiers hauts, jusqu'au pied des colines abruptes de la rive droite, des buttes de Montmartre et de Belleville. Des usines de relais refoulent de l'eau de Dhuis jusque dans les réservoirs placés au sommet de ces buttes, une autre assure en eau de \'anne le service du plateau de Plaisance. Enfin des machines établies boulevard de la Villette {fig. 535) permettent d'élever de l'eau de Vanne dans le réseau de la Dhuis, de manière qu'on puisse répartir suivant les besoins le produit des deux aqueducs entre les deux réseaux correspondants de la canalisation.

Cet ensemble donne 130.000 mètres cubes d'eau de source par 24 heures en toute saison, soit 60 litres environ par habitant. La pratique a démontré que cette quantité d'eau est beaucoup trop faible et qu'il est indispensable de renforcer considérablement l'alimentation du service

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privé. Quelques améliorations en cours à l'aqueduc de la Vanne vont en porter le débit à 130.000 mètres, ce qui fera 150.000 pour l'ensemble. Mais ce n'est encore qu'un appoint insuffisant, et dès 1881 des études ont été entreprises en vue de préparer l'exécution de dérivations nouvelles. Après une exploration qui s'est étendue à tout le bassin delà Seine, la ville de Paris s'est rendue acquéreur, en 1884, de diverses sources, dont le produit total représente 3.000 à 3.500 litres par seconde, soit environ 300.000 mètres cubes par 24 heures: un des groupes de sources compris dans CCS acquisitions, celui de la Vigne (département d'Eure-et-Loir), doit alimenter un aqueduc de 100 kilomètres de longueur, dont le projet est actuellement soumis aux pouvoirs publics, et qui doit fournir à l'ouest de Paris, à une altitude voisine de la cote 100, un supplément d'alimentation de 120.000 mètres cubes par jour.

nOo CMAPITHK XVII. — EXEMPLES DE DISTFUnUTIONS D'EAU

426. Mode d'alimentation du service public et industriel. — Lo

service |)ul)lic et industriel est fait dans tout le centre de Paris, dans les quartiers bas sur les deux rives de la Seine, par les eaux de l'Ourct]. Le canal qui les amène à Paris est une dérivation de la rivière d'Ourcq \ allluent de la Marne. Sur son parcours (longueur 107 kilomètres), entre le point d'oriyine, Mareuil, et le point d'arrivée, le bassin de la Villetto, il l'eçoit l'apport de plusieurs autres aflTluents de la Marne, notanmient de la Beuvx'onnc et de la Thérouenne, et, en été, quand le débit de ces cours d'eau diminue, les eaux refoulées par les pompes établies sur la Marne môme à Islcs-les-Mcldeuses et à Trilbardou, en amont et en aval de Meaux : il joue d'ailleurs le triple rôle de rigol',-

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d'alimentation du canal à point de partage formé par les canaux Saint Denis et Saint-Martin, d'artère navigable, et d'aqueduc pour la distribution d'eau de Paris. vVvant le débouché du canal dans le bassin de 1 Villette, où le plan d'eau est à la cote 52 mètres, s'ouvrent deux galeries de prise d'eau, établies sur l'un des côtés de ce bassin, et qui se prolongent; par l'aqueduc, dit de ceinture, jusqu'au réservoir Monceau : ces galeries reçoivent les 120.000 mètres cubes d'eau d'Ourcq consommés chaque jour à Paris, et les jettent dans un vaste réseau de conduites, qui aboutit sur la rive gauche aux réservoirs Saint- Victor, Racine et de Vaugirard (/'?(/. 206). La pression de l'eau d'Ourcq est faible, elle suffit cependant pour assurer sur une grande étendue le service de la rue, des usines et des cours, et on l'utilise jusqu'au bois de Boulogne ; c'est vers Grenelle, à l'extrémité sud-ouest du réseau qu'elle laisse le plus à désirer, aussi va-t-elle y être renforcée par une nouvelle usine, destinée à refouler dans le réseau même, et jusqu'à un réservoir établi à la côte 50 mètres sur les coteaux de Vaugirard, un appoint de 20.000 mètres cubes puisé en Seine (usine de Javel fig. 533).

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