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égouis, et l'eau d'Arcueil (1.000 mètres cubes) est mélangée à l'eau de Seine dans les bassins du Panthéon.

Comme on le voit, la variété est grande dans l'alimentation du service public à Paris, dérivations, puits artésiens, machines hydrauliques et à vapeur, presque tous les systèmes y sont employés. Dans les nombreuses usines qui sont affectées à ce service, et qui remontent à des époques diverses, on trouve des moteurs et des pompes de bien des types; turbines, roues-turbines, roues Sagebien, moteurs à vapeur à un et à deux cylindres, à simple et à double effet, genre Cornouailles, Woolf, Farcot, Corliss, Sulzer, etc., pompes horizontales, verticales, rotatives, à simple et à double effet, etc; mais le type dominant, celui qui est représenté par les spécimens les plus nombreux et les plus satisfaisants, c'est la pompe Girard, à corps de pompe en forme de baril, avec grands clapets à ressorts extérieurs, et à piston plongeur, commandé directement par un moteur à vapeur horizontal monocylindrique à double effet.

127. Système de distribution. — Dans toutes les parties du double réseau de la distriJ^ution d'eau de Paris, les conduites sont constamment en service et en pression ; toute la canalisation se compose de circuits fermés, à mailles serrées, et en tous les points l'alimentation peut se faire de deux côtés. A tous les embranchements sont placés des robinets ; il y en a également à intervalles peu éloignés sur les conduites de quelque longueur. Toutes les prises d'eau pour appareils publics ou branchements particuliers sont faites en laissant les conduites en charge. Grâce à ces dispositions, et malgré la multiplicité inévitable des travaux de chaque jour, les interruptions de service sont réduites au minimum, relativement rares et limitées dans chaque cas à un petit nom])re de maisons, où des avertissements préalables doivent toujours être donnés en temps utile.

Sans cloute, dans un réseau ou plutôt dans une série de réseaux aussi complexe, le calcul est impuissant à déterminer exactement les conditions de l'écoulement et les pertes de charge; on y supplée en réparlissant aux points les plus importants des appareils indicateurs et enregistreurs de pression ou de niveau. Nous avons déjà signalé le rôle du télégraphe. Des appareils avertisseurs permettent de limiter l'importance des fuites et d'en hdter l'isolement et la réparation.

Toutes les manœuvres, sans exception, sont faites par les agents du service municipal, qui en a seul la charge et la responsabilité. La Compagnie générale des Eaux, en sa qualité de régisseur intéressé, n'a pas à sortir du rôle purement commercial qui lui est assigné et ne s'immisce jamais dans la distribution.

428. Consommation. Résultats techniques. — L'eau fournie pour les usages domestiques, le service privé, est, nous l'avons dit, de qualité supérieure. C'est de l'eau de source, d'une limpidité admirable, prenant sous une grande épaisseur une belle teinte bleue, agréable au goût, pauvre en microbes, d'une salubrité parfaite, à l'abri de tout soupçon. Le volume disponible en est d'ailleurs suffisant pendant dix mois de l'année environ, et en hiver il dépasse souvent notaljlement les besoins ; mais, bien que le débit des aqueducs se maintienne l'été sans modification, il ne suffit plus alors à la consommation surexcitée par la chaleur, et, en attendant l'exécution du nouvel aqueduc qui amènera les eaux de la Vigne, le service de la distribution n'a d'autre ressource, pendant un ou deux mois chaque année, que de supprimer momentanément dans une partie déterminée du réseau (3 ou 4 arrondissements sur 20) la livraison de l'eau de source, et d'y substituer, après avis préalable par voie d'affiches et dans les journaux, l'eau de Seine prise à Ivry, à l'amont de Paris, au-dessus du confluent de la Marne. Tout mélange est absolument proscrit comme une coupable falsification. L'expédient de la substitution est fâcheux sans aucun doute; bien que l'eau de Seine ait été pendant longtemps acceptée par la population parisienne, bien qu'elle soit puisée avant son entrée dan.s Paris, elle est à juste titre devenue suspecte aux hygiénistes ; le puljlic ne s'en sert plus qu'avec une certaine répugnance, et il est à désirer que les travaux de la dérivation de la Vigne puissent être entrepris bientôt et menés rapidement, de telle sorte que dans trois ou quatre ans au plus l'eau de Seine disparaisse absolument de la consommation privée et que les usages domestiques soient partout et toujours desservis en eau de source.

La quantité d'eau dont Paris dispose pour le service public et industriel est à la hauteur des besoins, et, lorsque les travaux en cours auront pris fin, elle suffira très probablement pendant quelques années, sans addition aucune, à la consommation générale, malgré l'extension que prend l'emploi de l'eau de la distribution pour le curage des égouts.

Dans toutes les rues de Paris les caniveaux sont lavés à grande eau deux fois par jour; seules quelques-unes de ces voies privées, qui échappent jusqu'à présent à une réglementation devenue cependant bien nécessaire, font exception à la règle. L'arrosage à la lance, en usage depuis fort longtemps sur les voies fréquentées, s'étend rapidement et ne tardera sans doute pas à remplacer à peu près partout l'usage du tonneau. Les promenades sont largement alimentées, et de véritables rivières artificielles coulent au bois de Boulogne et au bois de Vincennes. Les nombreuses fontaines monumentales desservies par le réseau de l'eau de l'Ourcq jouent tous les jours ; celles qui reçoivent l'eau de Seine tous les dimanches et jours de fête. Plusieurs milliers de bouches pour pompes à vapeur sont réparties dans tous les quartiers de Paris, et y fournissent l'eau à haute pression qui permet d'employer le jet direct à l'extinction des incendies i.

Le diagramme ci-contre (fig. 537) donne la répartition de l'eau consommée à Paris entre les divers services. Il accuse nettement la prédominance actuelle des services public et industriel sur le service privé. Sur 80.000 maisons en effet, dont 87 0/0 ont une conduite d'eau de source devant leur façade, il en est 23.000 environ qui ne sont pas abonnées, et il faut s'attendre encore à un accroissement considérable du service privé! Cet accroissement sera d'ailleurs singulièrement hâté si le principe de l'obligation, déjà voté par le conseil municipal, vient à être mis en application, puisqu'il fait passer tout à coup au nombre (les abonnés les habitants de ces 23.000 maisons, qui auiourd'hui se contentent du

maigre

volume d'eau

puise

par les ménagères aux bornes-fontaines de la rue. Très

'et iff/livtftf .

Fig. 537.

Ucpaililion c!c la consommation on 1880.

probablement, quand le service privé aura reçu tout le développement qu'il comporte et qui est si désirable, la consommation de ce service sera au moins égale sinon supérieure à celle des services public et industriel.

1. Les pompes à vapeur ne servent, qu'en cas d'iusuflisance du jet direct.

L'emploi de l'eau comme force motrice est presque nul à Paris, on dehors des ascenseurs. Il est rationnel de ne point chercher à le développer, car Paris est situé dans un pays de plaines, fort éloigné des grandes altitudes, et l'eau en pression y reviendra toujours trop cher sans aucun doute pour qu'il y ait avantage à l'utiliser de la sorte.

429. Vente de l'eau. Résultats financiers. — L'eau est délivrée aux particuliers abonnés, soit à la jauge, soit au compteur, par l'intermédiaire de la Compagnie générale des Eaux, régisseur intéressé de la ville en vertu d'un traité conclu en 18G0 et qui expire en 1910. Elle est encore vendue dans les fontaines marchandes, qui, malgré la disparition presque complète des porteurs d'eau, ont été maintenues à raison d'une puiarrondissement, afin qu'on puisse toujours en cas de besoin, se procurer de l'eau de source au tonneau. D'autre part, l'eau de rivière est vendue par attachements pour l'alimentation des chantiers de construction et autres usages temporaires sur la voie publique.

Le compteur, imposé depuis 1880 en remplacement des anciens abonnements à l'estimation, a été accepté sans peine, grâce à la faculté offerte aux abonnés de réduire à leur gré le minimum souscrit jusqu'à 125 litres par jour. Les abonnements d'étages sont seuls encore consentis à robinet libre ; mais ce mode d'abonnement, malgré des pinx très modérés, (16 fr. 20 pour un ménage de trois personnes, et 4 francs par personne et par robinet supplémentaire), malgré la pose gratuite des colonnes montantes, ne s'est cependant pas répandu, soit que les propriétaires parisiens aient une préférence pour l'abonnement collectif par maison, soit que la surveillance à laquelle les abonnés à robinet libre sont nécessairement astreints pour empêcher les abus ait été la cause de cet insuccès- Quant à la jauge, fort anciennement en usage à Paris surtout pour les, abonnements industriels, elle est conservée par les anciens abonnés mais rarement demandée par les nouveaux : il y a plutôt tendance à la remi^lacer par le compteur.

Les tarifs, aussi bien pour l'eau du service privé que pour l'eau industrielle, sont progressivement décroissants : les prix les plus élevés, applicables aux petits abonnements, sont respectivement de 120 francs par an pour un mètre cube par jour applicable aux usages domestiques et de 60 francs pour les usages industriels ; ils s'abaissent à mesure que le volume d'eau demandé augmente, sans pouvoir jamais descendre au-dessous de 55 francs par mètre cube pour l' eau de source et 25 francs pour l'autre . Bien que le chiffre de 120 francs puisse paraître élevé, les facilités offertes aux petits abonnés, la possibilité d'avoir des abonnements d'eau de source à 20 francs par an (125 litres par jour), et même à 16 fr. 20 (pour un ménage de trois personnes), permettent de dire que l'eau en réalité ne revient pas cher dans les maisons de Paris.

Le revenu brut total du service des eaux de Paris est d'un peu plusde 11 millions de francs, et les dépenses annuelles s'élèvent à 4 ou 5 mil-

lions ; il donne par suite un revenu net de G à 7 millions pour la rémunération du capital engagé, qui peut être estimé à plus de 200 millions de francs. Sans être très rémunérateur, un pareil revenu doit être considéré comme tout à fait satisfaisant, surtout si l'on observe que l'eau employée dans les services puljlics n'est pas comptée et que ces services sont en conséquence desservis gratuitement. Les travaux à faire pour compléter l'alimentation du service privé seront sûrement productifs ; et, dans le cas où l'obligation serait prononcée, il en résultera très probablement une telle augmentation de recettes qu'après avoir couvert les frais de l'emprunt contracté pour l'exécution des travaux on pourra procéder à un dégrèvement, en abaissant d'une manière sensible le prix de l'eau, sans compromettre cette excellente situation financière.

430. Londres. — La quantité d'eau distribuée à Londres (au maximum 700.000 mètres cubes) est supérieure à l'ensemble de la consommation parisienne, mais elle représente un volume bien moindre par habitant (175 litres contre 215). Et, d'autre part, le service, au lieu d'être confié à une administration unique, est divisé entre huit compagnies indépendantes qui desservent des territoires distincts * formant comme huit villes accolées. ~

L'existence de ces huit compagnies, dont le privilège a une durée illimitée, donne lieu entre les diverses parties de la métropole britannique à des inégalités dans les quantités d'eau, dans les modes de distribution, dans les tarifs, qui paraîtraient choquantes et inadmissibles à Paris.

L'alimentation est empruntée à la Tamise, à un de ses affluents la Lea, dont le New River est une dérivation, à quelques sources de la craie, dont la plus importante, Chadwell Spring, débite 220 htres par seconde, et enfin à 18 puits artésiens percés dans la craie. En 1884, la quantité d'eau totale distribuée à Londres était répartie comme suit entre les diverses sources d'alimentation :

Tamise et sources de la vallée 50 pour 100

Lea et sources correspondantes 38 —

Puits artésiens 12

Le titre hydrotimétrique de ces eaux varie moyennement de 19° à 21°, mais peut s'abaisser jusqu'à 15° et s'élever jusqu'à 24° ; il est donc très

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