UTILISATION DES EAUX D'ÉGOUT
495. Irrigations à l'eau d'égout. — Uutilisation des eaux d'égout s( (li.sting-ue de l'épuration proprement dite, en ce qu'elle n'a plus seulement pour objet de débarrasser ces eaux des matières nuisiljles qui y sont contenues, pour les rendre inol'fensives avant leur déversement en rivière, mais aussi de les employer au développement de la végétation, d'en tirer parti comme engrais au grand avantage de la richesse publique.
C'est sans aucun doute avant tout au point de vue de l'utilisation que se sont placés jadis ceux qui ont créé à Grenade, à Valence, à Milan, à Edimbourg, etc., ces systèmes d'irrigation dont les résultats ont été .si merveilleux, et qui méritent d'être pris comme modèles partout oîi .se pose la question de l'emploi des eaux d'égout. Aujourd'hui, au contraire, c'est la considération de la salubrité qui domine, et c'est la nécessité de l'épuration qui a conduit à recourir au même procédé pour réaliser l'assainissement des cours d'eau, parce que seul il donne le moyen d'y parvenir. Rien n'empêche cependant de combiner avec l'épuration proprement dite l'irrigation agricole, ni même de substituer l'une à l'autre, car sans nuire à l'assainissement, on peut ainsi rendre un précieux service à la culture.
L'irrigation constitue, en effet, un excellent mode d'épuration par le sol : elle répand l'eau avec toute la régularité désirable, les façons qu'on donne à la terre empêchent le colmatage de la couche superficielle et renouvellent l'air qu'elle renferme, et la végétation détermine par une sorte de drainage A-ertical une évaporation considérable. Les prairies artificielles, la culture maraîchère, réussissent admirablement avec les irrigations à haute dose parles eaux d'égout.
On peut craindre que l'irrigation employée seule ne remplisse pas complètement le but, qu'en hiver, par exemple, la terre ne pouvant plus absorber autant d'eau qu'en été, le traitement des eaux d'égout ne vienne à en souffrir, et que l'assainissement reste par suite incomplet. Si cette crainte se réalise, le remède est indiqué : à côté des champs d'iringation on peut réserver une surface suffisanuuent étendue à l'épuration proprement dite, ou, au besoin, comme on l'a fait momentanément à Berlin, créer des bassins de réserve où les eaux s'accumulent en temps humide pour être employées ultérieurement à l'irrigation. Mais, si l'on remarque que les prés Marcites à Milan sont irrigués toute l'année et que, dans lieaucoup de pays, on pratique en grand l'irrigation d'hiver, on est en