MONDE ANCIEN
' lenient, dès les temps les plus reculés, se pi-ocurerpar des moyens artificiels l'eau nécessaire à leurs besoins.
Les Chinois passent pour avoir été de tout temps . fort habiles à creuser des puits de grande profondeur, et l'on croit qu'ils ont connu dé bonne licui-e les puits artésiens.
Dans l'Inde, les puits et les étangs sont si répandus qu'on doit nécessairement en faire remonter l'origine à la plus haute antiquité. Lorsque les Anglais s'y sont établis, ils ont trouvé ces ouvrages par milliers : on a compté jusqu'à 53.000 étangs ou i"éservoirs artificiels dans la seule Présidence de Madras, et quelques-uns de ces réservoirs sont de proportions colossales : l'un d'eux couvre 20.000 hectares et a 48 kilomètres de tour. Dans la péninsule indienne et dans l'île de Ceylan, on rencontre des cUgues en terre barrant des vallées, dont les dimensions dépassent celles des plus grands ouvrages modernes du même genre.
La médecine indienne connaissait, dès l'époque des Védas, l'influence de l'eau sur la santé ; elle recommandait la propreté des habitations, celle des vêtements, et attribuait des j^ropriétés curatives aux eaux pures en général et en particulier à celles du Gange, le fleuve sacré de l'Hindoustan.
34. Le peuple hébreu et sa capitale Jérusalem. — Mais chez aucun peuple de l'Orient on ne trouve un sentiment si juste et si j^rofond et une application si complète des règles de l'hygiène et de la salubrité que chez le i:)euple hébreu.
Les lois de Moïse sont pleines de dispositions relatives à l'hygiène, et les Israélites les ont pendant de longs siècles religieusement observées.
Ils avaient compris la nécessité d'éloigner le plus rapidement possible ' des habitations toute matière organique en décomposition, et les matières fécales étaient emportées au loin et enterrées profondément dans le sol.
A toutes les époques, les Hébreux paraissent avoir hautement apprécié Tniiportance de l'eau, et l'on peut dire que l'eau joue un rôle considérable dans leur histoire ; c'est auprès d'un puits qu'Éliézer rencontre l îébecca, et la jeune fille descend les degrés qui aboutissent au niveau de l'eau pour y remplir sa cruche qu'elle va offrir à l'envoyé d'Abraham ; c'est dans un puits que Joseph est jeté par ses frères, et il en est retiré par les marchands madianites, sans doute au moyen du seau et de la corde qui faisaient nécessairement partie du bagage des caravanes. Le fameux puits de Jacob, où se désaltéra le patriarche, et qui est situé à Sichem, abreuve encore les pèlerins se dirigeant de la Galilée vers Jérusalem ; creusé dans le rocher, il n'a pas moins de 30 mètres de profondeur. Celui où le roi David étancha sa soif, entré Bethléem et Jéru - -alem, est encore fréquenté par les voyageurs.
Il n'y avait que deux puits à Jérusalem et une source à l'emplacement du Temple ; mais l'art avait suppléé à la nature, et l'eau de pluie
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y était recueillie dans un grand nombre de citernes, d'étangs, de réservoirs à ciel ouvert ou creusés dans le roc ; on retrouve entre Bethléem et Ilébron les traces des étangs de Salomon, vastes réservoirs d'cjù partait la conduite en pierre de 0"',2îj de diamètre ([ul amenait l'eau dans le Temple, sin- la montagne de Sion.
D'après le témoignage d'Eusèbe, l'eau coulait à flots à Jérusalem, et celle qui n'était pas utilisée dans la ville servait à l'arrosage des jardins.
On a retrouvé l'emplacement du Temple de Salomon et l'on a pu en reconstituer les dispositions générales, grâce à la découverte de tout le système de conduits souterrains qui le desservaient et qui, creusés dans le roc dur, ont échappé à la destruction. Les descriptions du Talmud se sont trouvées vérifiées, et il est hors de doute qu'un système complet d'assainissement et d'épuration par le sol fonctionnait à Jérusalem : le sang des sacrilices était conduit avec les eaux impures du Temple, et probablement aussi celles provenant de la ville, dans deux bassins successifs placés à des niveaux différents et reliés par un conduit souterrain ; dans le premier, se déposaient les matières solides qui étaient vendues comme engrais aux jardiniers de la vallée de Cédron ; dans le second, s'écoulaient les liquides qui servaient à l'irrigation des jardins royaux.