‹ Salubrité urbaine distributions d'eau assainissementChapitre 45 sur 279 · Ih. p. lûrj · texte numérisé non relu

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Une eau un peu trouble, (jui no serait pas acceptée dans la maison, sera préférée souvent dans les usines pour l'alimentation des machines à vapeur, parce (j[ue la vase (lu'elle tient en suspension est une sorte d(î désincrustant naturel, ([ui empêche la cristallisation des sels calcaires, et détermine la formation de; dépôts terreux sans adhérence, (jue de simples extractions enlèvent aisénuMit.

72. Pas de définition générale. — Il résulte des considérations (pii précèdent que l'eau destinée à desservir les divers besoins de la consommation se trouve avoir à satisfaire à des conditions diverses et parfois contradictoires.

Par suite, il serait difficile, sinon impossible, de donner une définition de l'eau propre à l'alimentation, qui fût de nature à répondre à toutes les exigences' et pût être acceptée jiar tout le monde.

On a cherché souvent à indiquer par des chiffres les quantités des divers corps dissous qu'il faudrait considérer comme des limites, et ne jamais dépasser, lorsqu'on choisit l'eau destinée à l'ahmentation d'une ville. Mais les appréciations varient beaucoup à cet égard, et les auteurs indiquent des chiffres assez différents : les uns voudraient que la (quantité totale de matières solides en dissolution fût inférieure à 2 décigrammes par litre ou 20 parties sur 100.000, d'autres admettent qu'elle peut s'élever jusqu'à 50 sans inconvénient; ici, l'on rejette une eau contenant 15 ou 18 parties de sels calcaires sur 100.000 ; là, on accepte celle ({ui en contient 25 ou 30. Mêmes écarts pour les matières organiques : le D'' Frankland, qui fait autorité en la matière , tout en indi([uant sa répugnance pour une classification quelconque, admet qu'une eau superficielle est très pure si elle contient moins de 0,2 pour 100.000 de carbone organique, douteuse si la proportion dépas.se 0,4, mauvaise au delà de 0,6; ce serait 0,1,0,2 et 0,4 seulement pour une eau d'autre origine; et la Commission anglaise de la pollution des rivières repousse une eau contenant plus de 0,2 de carbone ou 0,3 d'azote organique. Que conclure, sinon qu'il n'y a pas de type unique aucpiel on puisse utilement ramener toutes les eaux, et qu'il ne faut pas prendre les mômes termes de comparaison pour des eaux d'origines différentes?

73. Conclusion pratique. — Il convient au reste d'observer que l'eau la i)lus complètement pure n'est pas toujours celle qui doit être préférée quand on projette une distribution d'eau, car il se peut qu'elle ne réponde pas à d'autres données également importantes du problème complexe de l'alimentation d'une ville. La solution la plus .satisfaisante, celle ({ui, pour la plus grande somme d'avantages, présente le moins d'inconvénients, s'obtient fréquemment par un compromis, et l'on serait bien des ibis arrêté dans la pratique, si l'on ne voulait pas se départir des règles absolues qu'on est assez volontiers tenté de s'impo.ser a priori-

La difficulté qu'on éprouve parfois, en présence de " diverses splu-

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tions possibles, à en choisir une qui soit complète et satisfasse seule à toutes les exigences, est un des motifs invoqués pour dédoubler dans certains cas le problème, en se résignant à desservir séparément la consommation domestique et les services public et industriel. On trouve en effet plus aisément et à moins de frais une eau quelque peu chargée d'impuretés, très suffisante pour la rue et les usines, mais inadmissible pour la boisson; et, lorsque la pénurie d'eau potable ou l'énorme dépense à faire pour se la procurer en- quantité convenable est un obstacle à une amélioration nécessaire, la double alimentation est certainement justifiée, malgré les sujétions et les frais supplémentaires de canalisation qui doivent en résulter.

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