AQUEDUCS COUVERTS
nécessaire ne présenterait qu'une hauteur insuffisante : la forme ovoïde est alors la forme la plus favorable, car elle se prête aisément à uno augmentation de hauteur, tout en conservant, soit pour l'écoulement, soit pour la poussée, les avantages de la forme circulaire. Le profil se compose alors d'une demi-circonférence supérieure qui constitue l'intrados d'une voûte en plein cintre, et d'un arc circulaire inférieur raccordé à la demi-circonférence par deux arcs de grand rayon. I^e plus souvent le rayon de l'arc inférieur est plus petit que celui de la demi-circonférence supérieure, l'œuf présente son petit bout vers le bas : cette disposition a en effet l'avantage de permettre d'appuyer les maçonneries des piédroits sur les parois de la fouille, plus étroite au fond qu'au sommet. Mais, si le volume d'eau à écouler est considérable, il peut devenir avantageux d'adopter la disposition inverse, de placer en bas le gros bout de l'œuf, afin d'augmenter la section mouillée, tandis que vers le haut il suffit d'avoir une largueur suffisante pour le passage des épaules de l'homme chargé de la visite.
Les aqueducs anciens ne présentent pas ces formes rationnelles ; l^resque toujours le radier est plat, les piédroits sont verticaux, et jjar suite les épaisseurs données aux maçonneries considérables. Quelquefois on s'est proposé d'y rendre la circulation possible, même pendant l'écoulement de l'eau, et l'on a disposé à cet effet, à côté de la cunette destinée à recevoir l'eau, une banquette spéciale, ce qui oblige à relever la voûte de manière à laisser une hauteuy suffisante au-dessus de la banquette et conduit à des sections énorme^ pour un volume insignifiant : c'est évidemment un luxe inutile et auquel on doit renoncer, à moins qu'on ne se trouve dans quelque circonstance exceptionnelle, comme il peut arriver par exemple dans le cas du percement d'un souterrain, où la section minima est évidemment celle qui permet le travail d'un homme.
Un aqueduc circulaire ou ovoïde en déblai peut être exécuté avec une épaisseur très faible de maçonnerie, pour peu que le terrain soit de consistance moyenne, et réduite à celle d'une simple chape s'il est solide et compact ; les épaisseurs doivent être augmentées lorsque l'aqueduc est en i'elief, la base élai'gie lorsque le sol est meuble ou compressible.
184. Types d'aqueducs couverts. — Les sections des aqueducs de la Dhuis et de la Vanne, construits par Belgrand pour l'alimentation de Paris, sont conformes aux indications théoriques qui précèdent. Celle de l'aqueduc de la Dhuis est ovoïde, plus large vers le bas que vers le haut, sa hauteur est de 1",76 et sa largem* maxima de l'",40 ; l'épaisseur uniforme des maçonneries ne dépasse pas 0"',18. L'aqueduc de la Vanne présente une section circulaire de 2'", 10 de diamètre intérieur, l'épaisseur des maçonneries est de 0'",20 seulement aux extrémités du
l',)8 CHAPITRE IX. — AMENEE DE L'EAU l'AH LA CHAVITÉ
(liumclrc vertical et de 0°',28 à celles du (li;unètrc horizontal ; les collecteurs secondaires ont reçu aussi la forme circulaire, mais avec un diamètre intérieur de l^.SO, 1"',70, l^.GO et des épaisseurs proportionnées.
FiG. 67. — Dliuis.
FiG. G8. — Vanne.
Ce sont d'excellents types à suivre pour la construction de grands aqueducs dans des terrains ordinaires.
Pour les petits aqueducs non visitables la meilleure forme est celle d'un tuyau cylindrique, auquel on donne une résistance plus que suffisante avec des épaisseurs extrêmement faibles. Aiasi l'on a obtenu dans la vallée de la Vanne d'excellents résultats pour la confection de petits aqueducs, destinés à conduire l'eau des sources .secondaires aux collecteurs, avec des tuyaux en béton moulés par bouts dé 0'",60 à 1 mètre, et qui pour 0'",30 à 0«',35 de diamètre intérieur ont reçu seulement 0"',03 ou 0™,04 d'épaisseur. Les tuyaux en poterie de grès réussis.sent fort bien avec des épaisseurs beaucoup plus faibles encore, pourvu qu'ils soient recouverts de 0"',80 à 1 mètre de terre. ,
Ces types sont tout récents ; ils n'ont été adoptés en France que depuis l'époque, encore bien peu éloignée, où Dupuit a po.sé les principes qui doivent présider à la construction des aqueducs couverts et que nous avons résumés plus liant. Ils sont encore assez, peu répandus a l'étranger; cependant, aux Etats-Unis d'Amérique, on a donné une forme ovoïde, analogue à celle de l'aqueduc de la Dhuis, à la conduite
FiG. 69.
Fu;. 70. — Vienne.
FiG. "I. — Loch Kati'ine.
FiG. 72. — Croton.
qui amène à Boston les eaux du lac Cocbituate (hauteur 1™,93, diamètre maximum l'»,52, épaisseur .0™,23) ; l'aqueduc du Potomac, qui ahmente