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AQUEDUCS COUVERTS

Wa.shiuû-ton, a reçu comme celui de la Vanne la l'orme circulaire (diamètre 2'" 75), et c'est encore avec une section circulaire, qui n'a pas moins do 3'",80 de diamètre, que vient d'être i)i'ojeté le nouvel aqueduc du Croton (New-York) ; l'aqueduc de Naples, achevé en 1885, a reçu également, dans certaines parties, une section circulaire, de 2 mètres de diamètre. Mais celui de Vienne (Autriche), qui n'a été mis définitivement (-n service que dans le courant de 1875, présente encore une section à piédroits verticaux et radier plat, avec des épaisseurs de maçonnerie (.■onsidérables ; celui de Loch Katrine, qui alimente Glasgow et qui remonte à 185G-59, a une forme plus satisfaisante sans doute mais encore une épaisseur trop grande et l'on y retrouve le radier plat ; le premier aqueduc du Croton, construit en 1838 pour la ville de New-York (Etats-Unis) a bien une voûte assez mince en plein cintre, mais un radier aplati et des piédroits fort épais.

Longtemps l'aqueduc du Rosoir, con.struit par Darcy en 1839 pour l'alimentation de la ville de Dijon, a été cité conune un modèle, malgré l'épaisseur exagérée donnée aux maçonneries. L'aqueduc de ceinture, à Paris, qui conduit les eaux de l'Ourcq

,1 -11 tr-ii FiG. 7.^. — Dijon. l'iG. 71. — Aquoduc de ceinture à Paris.

(lu bassni de la v illette au

réservoir Monceau, et qui a été con.sl;ruit de 1808'à 1816, a été, à juste titre, l'objet des ci'itiques de Dupuit : le volume des maçonneries y est considérable.

Ces types étaient la reproduction améliorée de ceux des aqueducs

FiG. 75. — Montpellier. l'iG. 76. — Aqueduc d'Arcueil.

construits au XVIP et au XVIII" siècles, où d'énormes sections ont été cinployées pour l'amenée de très petites quantités d'eau ; l'aqueduc

d'Arcuoil, qui ivni<jiit(! à rrpociue do. Louis XIII, c(;lai de Montpellier, qui a fait au cours du siècle dernier la réputation de l'itot, en fou missent des exemples.

Les anciens aqueducs romains avaient des sections du même genre,

FiG. 77. — Anio vctiis. Fig. 78. — Marcia. Tio. 79. — Virgo.

mais comme ils recevaient des volumes d'eau considéral)les, l'utilisation (les maçonneries y (Hait poussée bien plus loin en réalité.

185. Mode de construction des aqueducs. — Les aqueducs couverts de grande section ont de tout temps été exécutés en maçonnerie ; on y a fait en général emploi des matériaux trouvés au voisinage du tracé ou des plus répandus et des plus usités dans la région. Au fur et à mesure des progrès réalisés dans les constructions hydrauli(iues, on y a consacré des matériaux de plus en plus petits : la pierre de taille, le moellon, la brique ont été successivement employés par les Romains aux diverses époques de leur histoire ; et, dans les temps modernes, on a commencé encore par la pierre de taille, que l'on trouve aux aqueducs d'Arcueil, de Montpellier, etc., pour passer ensuite aux moellons appareillés, puis aux moellons bruts, aux briques et même au béton.

La fabrication des ciments a favorisé cette transformation. Les ciments présentent, en effet, pour la construction des aqueducs des avantages incontestables ; leur grande résistance permet de réduire les épaisseurs des maçonneries, leur prise rapide facilite le décintrement des voûtes, et ils se prêtent merveilleusement à la confection des enduits. Les mortiers de ciment s'allient mieux avec les matériaux siliceux qu'avec les moellons calcaires et on recherche en conséquence les premiers de préférence ; c'est ainsi qu'on a utilisé la meulière de la Brie à la construction de l'aqueduc de la Dhuis et de la partie de celui de la Vanne la plus rapprochée de Paris, le grès et le silex dans d'autres parties de ce dernier aqueduc.

Les maçonneries ne sont pas étanches en général, celles hourdées au mortier de ciment moins encore que les autres, car le dosage en est tel d'ordinaire que les vides du sable y sont inconqilétcment remplis : pour empêcher qu'elles ne laissent échapper au dehors les (^aux à écouler dans l'aqueduc, ou pénétrer à l'intérieur les eaux superficielles, on les recouvre d'ordinaire d'un enduit sur le périmètre mouillé et d'une

§ a. — AQUEDUCS COUVERTS 201

chape sur l'extrados do la voûte. Les Romains ont connu les enduits et l'on en retrouve des traces non équivoques dans leurs aqueducs les jdIus récents, au pont du Gard, à Sens, etc., mais l'usage s'en est jierdu, et les aqueducs modernes en pierre de taille en étaient dépourvus ; aussi l'étanchéité y laissait-elle si fort à désirer qu'on a dû revêtir d'une lame de plomb la cuvette de l'aqueduc de Montpellier i .

Le béton gras, exécuté avec soin et suffisamment comprimé, peut être rendu étancbe sans enduit, même sous une faible épaisseur ; grâce à cette propriété, il est appelé à rendre des services pour la confection des petits aqueducs. Deux procédés peuvent être appliqués pour l'emploi du béton : tantôt on le coule dans la fouille autour de tambours en bois ou en tôle, qu'on fait avancer peu à peu au fur et à mesure de la prise, de manière à obtenir des conduits monolithes, sans joints sur toute la longueur ; tantôt on prépare d'avance des bouts de tuyaux moulés dans des moules à charnières en bois ou en tôle, et on les assemble dans la fouille en formant le joint au moyen d'un bourrelet de béton ou de mortier qui enveloppe les abouts, soit droits, soit à emboîtements mâle et femelle, de deux tuyaux successifs ; un outil en bois, introduit à l'intérieur pendant la confection du joint, empêche les bavures. Le pi-emier procédé est le plus recommandable, . mais il exige une main-d'œuvre extrêmement soignée et par suite une surveillance assidue ; le second est d'une application plus facile et se prête mieux pour les petits aqueducs à l'adoption de très faibles épaisseurs. Belgrand n'a pas hésité à recourir au béton Coignet potu' la construction de l'aqueduc de la Vanne dans toute la traversée de la forêt de Fontainebleau, où les matériaux faisaient défaut, et, malgré les grandes dimensions de l'ouvrage, ce béton de sable et ciment a donné des résultats satisfaisants.

Les aqueducs en maçonnerie sont d'ordinaire recouverts au moyen de coûtes. On trouve cependant un certain nombre d'anciens aqueducs dont

FiG. 80.

FiG. 81. — Pont (lu Ganl. Fig. 82. — Aqueduc (le Montpellier.

la couverture est formée par des dalles ; nous citerons le pont du Gard parmi les aj:j[ueducs romains, l'aqueduc de Montpellier parmi les ou-

1. On viont dVîtanchcp par le même procédé rariiieduc d'Arcucil (dérivation de la Nanno), dont l'ondiiil s'olait fissuré en même temps que les maçonneries, par suite do tosscmenls dans les fondations.

202 CHAPITRE IX. - AMKNÉE 1)K L'EAU l'AH LA GRAVITÉ

vrages modernes; mais les dalles coûtent cher dès que les dimensions sont un peu grandes, et on ne les emploie plus (pie dans des cas tout l'i l'ait exceptionnels. Pour protéger la couverture contre les intempéries et contre les chocs qui pourraient en provoquer la dislocation, on la recouvre presque toujours d'une couche de terre de 0"',80 à 1 mètre d'épaisseur ; c'est une excellente garantie contrôles elî(.'ts des variation^ de température, et à laquelle il est bon de recourir aussi bien pour les aqueducs en relief que pour ceux en tranchée.

Lorsque cette précaution a été prise, l'entretien des aqueducs en maçonnerie de ciment se réduit à fort peu de chose ; les enduits s'y conservent et les réparations y sont rarement nécessaires. Mais, lorsque les maçonneries ne sont pas enveloppées de terre, il ne tarde pas a s'y produire des fissures d'où résultent des pertes d'eau, et (£ui peuvent amener à la longue la ruine de l'ouvrage ; les aqueducs de l'ancienne Rome ont dû être restaurés à maintes reprises pour y rétablir l'écoulement de l'eau, qui se perdait sur le parcours, par suite de la dislocation des maçonneries plus ou moins hâtée par les entreprises des riverains. Les eaux très calcaires déterminent la formation d'un dépôt adhérent .sur les parois des aqueducs ; on trouve des incrustations de grande épaisseur dans les aqueducs romains ; à la rigueur, dans les aqueducs visilables, il serait possible de procéder à l'enlèvement de ces dépôts s'ds devenaient gênants, mais dans les petits aqueducs on ne saurait y songer, et c'est un motif pour éviter, si faire se peut, l'adduction des eaux incrustantes, qui ont d'ailleurs plus d'un inconvénient.

Les tuyaux en poterie ou en grès sont parfois utilisées pour rétablissement d'aqueducs de très petite dimension. On les fait soit à emboîtement, soit droits ; dans ce dernier cas le joint s'exécute au moyen d'un

FlG. 83. l'iG. 81.

manchon. Ils sont reliés entre eux à l'aide d'un couUs de ciment. Les conduites ainsi obtenues sont lisses, l'écoulement s'y fait bien ; mais elles sont très fragiles, point élastiques, et demandent à être eflicacement protégées contre les chocs et les variations de température.

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