LE PARTI LIBÉRAL ANGLAIS ET L’IRLANDE
Il faut remonter jusqu’aux premiers temps de la monarchie constitutionnelle pour trouver le berceau des deux partis qui divisaient l’opinion publique en Angleterre et même au Canada avant la guerre.
Du côté du roi, de la suprématie de sa prérogative et de l’obéissance passive, on voit toujours les torys ou les conservateurs, et du côté de la liberté des droits du parlement et de la tolérance religieuse, le parti whig ou libéral.
Un fait surtout frappe celui qui lit l’histoire de l’Angleterre; c’est, lorsque le parti whig devient réellement le parti libéral, que les catholiques commencent à respirer et que l’Irlande voit diminuer le poids de ses chaînes.
Depuis George 1er jusqu’à nos jours, dans l’espace de près d’un siècle, on voit les chefs du parti libéral, les Fox, les Burke, les
Grenville, les Grey et les Russell, lutter contre le fanatisme et les préjugés du parti tory en faveur du catholicisme et de l’Irlande. Et c’est précisément parce qu’ils étaient libéraux, c’est-à-dire en faveur de la liberté individuelle et des droits populaires, qu’ils se croyaient obligés par leurs principes de réclamer pour les catholiques les droits dont jouissaient les protestants. Plusieurs fois ils exposèrent l’avenir de leur parti en bravant les préjugés du peuple et en s’attirant la disgrâce des rois et du clergé d’Angleterre. Il serait trop long de rapporter les faits qui constatent la vérité de cet avancé, mais citons-en quelques-uns.
Longtemps avant la réunion de l’Irlande à l’Angleterre, Fox, l’un des chefs les plus illustres des whigs, le fondateur, on pourrait dire, du parti libéral en Angleterre, avait cherché à faire abolir quelques-unes des lois odieuses qui pesaient sur l’Irlande ; mais son éloquence n’avait pu triompher du fanatisme de la majorité.
Après l’union que Pitt avait réussi à faire accepter, en grande partie parce qu’il avait promis de faire d’importantes concessions aux catholiques, ce sont encore les whigs et les libéraux qui plaident la cause de la malheureuse Irlande.
Parmi les lois exécrables dont l’Irlande