LETTRE DES « ANNALES TÉRÉSIENNES
Des autres anciens qui furent mes confrères de classe, il reste deux ou trois vieillards qui disparaîtront comme moi avant longtemps. Il faut bien que nous cédions la place aux générations qui poussent et se préparent à nous succéder. Elles font bien de se préparer par un travail assidu, par des études profondes, à résoudre les grands problèmes sociaux et nationaux que l’avenir leur réserve.
Ce ne sont pas toujours les talents les plus brillants au collège qui se distinguent le plus dans le monde et sont les citoyens les plus utiles. L’expérience démontre que ce sont les sobres, les laborieux, les plus moraux, les plus énergiques ; ceux qui ont le plus exercé leur volonté afin d’être capables de résister aux entraînements de la jeunesse, aux mauvais exemples, aux séductions dangereuses. Ils sont nombreux les talents que l’oisiveté, l’amour du plaisir ou un simple travail de surface, empêchent de produire ce qu’ils faisaient espérer.
Un bon nombre d’élèves du séminaire de Sainte-Thérèse se consacrent au sacerdoce. C’est bien ce qu’ils peuvent faire de mieux, lorsqu’ils possèdent le zèle religieux, l’esprit de dévouement et le contrôle de leurs sentiments, de leurs passions. Quoi de plus beau, de plus honorable, de plus
utile que la mission d’un prêtre ! Ah ! sans doute, il a des ennuis, des privations ; les bruits du monde troublent parfois sa solitude et lui apportent le mirage trompeur des joies mondaines. Mais il ne tarde pas à constater que les joies du monde, les séductions de la popularité, de la gloire sont bien éphémères; que travailler en ce monde et en l’autre pour le bonheur de ses semblables, offre des compensations et des satisfactions plus précieuses.