ACTE TROISIEME
lambeaux, avec la figure en sang, non... non!... On est gentleman ou on ne l'est pas!
LE GOVAIN
Brachart, reprenez votre calme !
JACQUES, (l'une voix tumultueuse.
J'ai tout mon calme.
Alors, conduisez-vous proprement. Si, à tort, vous vous jugez offensé, envoyez-moi deux de vos amis; vous savez à merveille...
JACQUES
Un duel! Pour que je sois blessé par-dessus le marché?... Tué peut-être?... Ah çà ! jeune homme, vous me prenez tout à fait pour une gourde? Vous avez eu mon argent, vous avez eu ma femme, il vous faut encore ma peau ! Ah ! ah ! ah !
LE GOVAIN
Mais vous mentez! Vous mentez! Quel est votre but en salissant Anne-Marie ? Eviter de vous battre !
JACQUES, avec un violent coup de poing sur la lable.
Assez de bêtises! Je veux me battre!... Mais
je ne veux pas me faire battre. Je déteste le rùle de la victime. -Je le trouve stiipide ! Je me bats avec mes armes, sur mon terrain. Pour notre rencontre, ce salon d'hôtel, au milieu d'un appartement vide. Appelez, criez tant qu'il vous plaira. Vous ne dérangerez personne! Pour vous retenir, mes poignels et mes poings... Souvent, je les ai mis à l'épreuve, j'en réponds! Et vous êtes un freluquet, vous! Vous ne tenez pas debout... Si j'étais le freluquet, si vous étiez le gaillard d'attaque, j'aurais cherché autre chose... Enfin, petit Le Govain, pour vous écraser, pour vous écrabouiller, ma galette, ma bonne galette! Justement, j'ai de quoi! Le voilà mon système.
LE GOVAIN
Il est joli ! Enchanté de vous connaître, enfin. Ainsi, froidement, vous aviez tout combiné?
JACnUES
Tu parles !
LE GOVAIN
Et VOUS m'avez attiré dans ce guet-apens?
J A COL" lis
Tu parles !