ACTE DEUXIEME
je le crois, sous votre air vague... Vous avez su cacher vos prétentions : je rompais sur l'heure... Vous avez exagéré votre goût du monde, outré, appuyé votre rôle de snob!... Mais, dès le mariage conclu, éclatait une passion entêtée, extravagante. Tout d'abord, vous comptiez éveiller, en moi, une femme qui démentirait la jeune fille, et aucune tentative ne me fut épargnée, aucune des marques de votre amour! Quelles marques! Quels souvenirs!... Mais non!... Je n'admets pas qu'on récrimine. Et puis, vous aviez le droit! Vous aviez le droit, puisque j'étais assez bête pour subir... Enfin, vous comprenez mon martyre et vous me faites grâce. Depuis lors, c'est une cour en règle que j'endure, une cour incessante, excédante... Je n'en peux plus! Excusez ma rudesse, mes nerfs, mais la contrainte d'un amour qui n'est point partagé, le voilà le supplice d'une femme! Je n'en peux plus!... Vraiment, mon ami!... Faitesmoi l'existence séparée, libre, qu'ont les femmes dans les couples de notre sorte... Vous y gagnerez mon amabilité... Et sinon, bonsoir!... Et pour l'instant, bonsoir.
JACQUES, la voix caressante.
Annette, je vous en supplie, dites-moi d'où vous venez?
ANNE-MAlUi:
Non, ne me le demandez plus!
JACQLi;s
Annelle! Près. jue puéril. Enlin, j'ai le droit do vous poser cette question?... Un silence.) Annelto! répondez! (Un silence. Avec une soudaine brutalité: Eh bien, ma petite, je vous y contraindrai, moi, à répondre! Oui, vous répondrez de force! Je suis le maître, après tout. Prenez-y garde!
ANMi:-MAlUl-;
Quoi : Quoi !
Prenez-y bien garde !
ANNE-MARIK, sulFoquée.
Quoi! Vous osez... Quel est ce cliangement à vue? Le millionnaire passe à la menace!... Comment me conlraindrez-vous? Pourquoi ètesvous le maître? l*arce que vous tenez l'argent ? 3Iais la petite chambre de mon couvent! demain!... à la minute môme!... Je m'en fiche de votre argent !... Vous entendez? Je m'en fiche ! Je m'en fiche ! je m'en ficiie !