‹ Samuel Butler (1835-1902): Étude d'un Caractère et d'une IntelligenceChapitre 131 sur 255 · Lettre à W. E. Heïtland, 19 mars 1897. M. II · texte numérisé non relu

Lettre à W. E. Heïtland, 19 mars 1897. M. II

2. The Iliad of Homer Rendered into English Prose for the Use of those who cannot read the Original, by “amuel Butler, author of Erewhon, Life and Habit, The Life and Letters of D. Samuel Builer, The Authoress of fhe Odyssey, etc. Longmans, Green et C° (Ballantyne Press) 1898.

o. The Odyssey Rendered into English Prose for the Use of lho+e who cannoi read the Original, by Samuel Butler, author of etc. Longmans, Green et C° (prin ted by Metcalfe and C°, Cambridge) 1900. — Dédié au Professeur Cat. Biagio, « Prezioso Alleato » {comme The Auïhoress),

que de transposer d’abord avec précision et clarté le texte étranger en Anglais : seul moyen pour lui de fixer, au mieux de ses connaissances, les nuances de la pensée et les sinuosités même de la forme. C’est ainsi qu'il traduisit de longs passages de Buffon, non dans l'intention première de les incorporer à Evolulion Old and New, mais avant tout pour être sûr qu’il comprenait sans erreur possible la thèse du naturaliste français. Il écrivait en 1877: «I had no time to read Lamarck, but shall do so at once, and I think translate him unless I find that he has been translated already! ». Ce même besoin irrépressible d’aller à la source des questions qui l’occupent l’entraîna à apprendre l’allemand, à traduire les articles de Krause et de Hering, des chapitres du livre de Von Hartman. Quand il voulut se pénétrer des poèmes homériques, les traductions qu’il en trouva ne le satisfirent pas pour l’unique raison, au fond, qu’elles avaient été faites par d’autres. Rien ne pouvait le contenter qu’une version élaborée dans le creuset de son propre cerveau.

Il s’inspirait de principes nouveaux et tout personnels. Les mots et le style, esclaves de l’idée, n’ont pas de valeur en eux-mêmes, ils ne sont qu’un vêtement, et doivent éviter d’être un déguisement. Or, de sottes traditions imposent aux traducteurs un ton guindé et un archaïsme rebutant. Au génie de la langue du texte original doit répondre dans toute sa souplesse et sa fraîche verdeur le génie vivant de la langue du traducteur. Butler traduisait donc « freely but closely? » : entendons qu'il empruntait librement à l'anglais moderne ses vocables eb ses locutions, tout en suivant de très près (pensait-il) l'idée de l’auteur. Le résultat ft crier au sacrilège. Dans l’Iliade, Neptune s’exclame : « Great Heavens ! » et parle de Zeus comme de « Joveï ». « Sensible people, dit Iris, are open to arguments. » Et Nausicaa, dans un passage célèbre, s'exprime ainsi : « Papa, dear, could you manage to let me have a good big wagon ? I want to take all your dirty clothes to the river and wash them. You are the chief man here, so it is only proper that you should have a clean shirt when you attend meetings of the council ». Ges

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