‹ Samuel Butler (1835-1902): Étude d'un Caractère et d'une IntelligenceChapitre 139 sur 255 · M. II · texte numérisé non relu

M. II

SECOND VOYAGE À EREWON 997 celle d’un incroyant!. À sen arrivée à Londres, le 19 mai, on jugea préférable de le transporter dans une maison de santé. Une opération avait été envisagée, que les médecins de l'établissement ne crurent pasutile, peut-être parce qu'ils le considéraient déjà comme perdu. Son vieux médecin — le Dr Dudgeon avait 82 ans, et il était sourd —, H. F. Jones, M. et Mme Fuller Maitland, et le fidèle Alfred, l’entouraient d’une admirable sollicitude. Il était devenu d’une maigreur extrême, léger et frêle, dit un témoin, comme un duvet?. La maison de santé manquant de confort, on le transporta dans une autre, à Saint-John’s Wood. Un moment seulement, au cours de la maladie, sa mémoire s'était troublée. Mais son esprit avait ensuite retrouvé son équilibre et sa lucidité foncières. Jamais son égalité d'âme ne se démentit, jamais sa courtoisie, sa bonté pour les personnes de son entourage ne furent si pleines de prévenances et d’attentions. Il ne craignait pas la mort, qui n’est que « the most inexorable of all conventions® ». Il prépara avec soin son départ de ce morde, prenant congé, parfois en des termes touchantst, des amis qui lui restaient, revoyant les termes d’un testament qui ne lésât et ne froissât personne; cherchant enfin à laisser à tous un souvenir qui ne fût pas importun®. Il s’éteignit doucement, le 18 juin, à 8 h. 40 du soir, après une courte agonief. Aucune de ses deux sœurs n’y avait assisté; aucune n’assista non plus à ses funérailles’. Son corps fut incinéré au four

. Fam. Rel., 140.

. Une des nièces de Butler (voir Fam. Rel. 142).

. Life and Habit, 53.

. P. ex. voir la lettre aux Fuller Maitland; M. II, 393.

« He wrote and told his sisters the provisions of his new will as soon as it was executed, because the knowledge might influence them in dealing with their own property; and he wrote this letter himself in case they might not have liked to receive a letter touching on their private affairs in Alfred’s handwriting. » H. F. Jones, M. IT, 396.

6. Ilest difficile aujourd’hui de fixer avec exactitude les causes de la mort. Le certificat de décès, signé du D' Dudgeon, porte seulement « Intestinal Catarrh, two months; pernicious anaemia, one month ». Un autre docteur, appelé en consultation au cours de la maladie, avait sur son origine une opinion différente; il semble l’avoir attribuée à une contamination palustre (cf. M. IT, 398). Une malaria contractée à 60 ans, mal soignée et frappant un organisme déjà peu résistant, aurait pu en effet amener les désordres digestifs et l’anémie relevée par les médecins. Enfin, si l’on en croit une nièce de Butler (Fam. Rel., 143), on n'aurait pas caché au malade qu’il souffrait d’un cancer. Il s’agirait alors d’un cancer digestif, évoluant avec très peu de signes; en dehors d'examens un peu poustés, on n'aurait pu noter que l’amaigrissement, l’asthénie et l’anémie.

7. Harriet et May avaient prié une &@e ses nièces d’aller le voir à la clinique pour tâcher de savoir si elles pourraient lui rendre visite. « He received me most

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crématoire de Woking. Puis Jones et Alfred se firent livrer les cendres, et les enterrèrent dans un coin du jardin de l’établissement, parmi les buissons. Rien désormais, selon ses vœux, ne marque plus l'endroit où la poussière de ses restes se mêla à celle de la terre.

kindly, écrit-elle, but declined to see his sisters. Really, he was quite unfit for such a trying interview as that would have been to them all » (Fam. Rel., 141).

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