CHAPITRE XVIII
Portrait physique.
La personnalité morale ; — Le charme de Butler; — Sensibilité ; — Egoïsme ; — Timidité et insociabilité ; — Aptitude à feindre ; — Instinct taquin,.
L'esprit : l’imagination ; — L’intuition ; — Limites de
l'intelligence,
Le reflet d’une personalité originale: tels sont, avons-nous dit, la valeur durable et le sens de l'héritage butlérien. Dans les quelques pages qui vont suivre, nous essaierons d’en dessiner rapidement les contours, d’en tracer les traits principaux, en rassemblant et en coordonnant les indications relevées au cours de la partie biographique. Seuls, les éléments constitutifs du caractère à l’âge de la maturité, ou ceux qui, de la jeunesse à la mort, offrent un certain degré de permanence, devront être ici retenus. Il ne s’agit pas, en effet, de refaire l’histoire de la formation ou de l’évolution de la personnalité de Butler, mais d’en présenter un schéma, au point le plus élevé de sa courbe. Pour la commodité de l’exposé, nous adopterons la distinction traditionnelle des fonctions de l'être, la sensibilité et l’intellect, ou, si l’on veut, le cœur et l’esprit. Mais avant même d'aborder cette sorte de reconstruction psychologique, il vaut la peine de s’arrêter un instant à l'enveloppe corporelle.
«I think, écrivait un jour Butler, clever people always are ugly! ». Il y a peu de sympathie dans ce « clever » : Butler se méfiait souverainement des esprits trop déliés. Lui-même,