‹ Samuel Butler (1835-1902): Étude d'un Caractère et d'une IntelligenceChapitre 148 sur 255 · août 1881 (M. I · texte numérisé non relu

août 1881 (M. I

2. M. IT, 415. — Voir aussi cet aveu de Butler lui-même, dans sa note sur ses relations avec Pauli : « To my unbounded surprise he burst into tears —a thing I had never seen him do, though I had done it often enough myself. » Life and Leïlers, oct. 1931, p. 260.

ce que l’on relève de plus émouvant et de plus profond dans la vie sentimentale de Butler. En 1893, il fit la connaissance d’un jeune suisse de vingt-deux ans, Hans Rudolph Faesch, venu à Londres pour apprendre à la fois l’anglais et les affaires. Butler « was much attracted by himt», etilsse virent régulièrement pendant près de deux ans. Puis Faesch dut partir pour l'Orient, en quête d’une meilleure situation. Entre l’adolescent et son vieil ami s'était noué une affection étrangement profonde. Ce fut pour le sexagénaire un vrai déchirement. Les yeux pleins de larmes il vit partir ce train qui emportait un jeune être aimé comme un fils, et peut-être perdu à Jamais, parce que sa santé était faible. En quelques heures, sous le coup de cette émotion, il écrivit un In memoriam dont certains vers, malgré leur prosaïsme, ont une poignante résonance. Il y chantait l’étroite amitié qui lait trois amis (le troisième étant H. F. Jones) et l’amertume de la séparation

The minutes have flown and he whom we loved is gone, The like of whom we never again shall see.

The wind is heavy with snow and the sea rough, He has a racking cough and his lungs are weak. Hand in hand we watch the train as it glides Out, out, out into the night.

So take him into thy holy keeping, O Lord, And guide him and guard him ever, and fare him well! 2

Ses premières lettres à Hans Faesch dévoilent une âme étonnée par sa propre souffrance. « The sooner we all of us, as men of sense and sober reason, get through the very acute, poignant sorrow which we now feel, the better for us all. There is no fear of any of us forgetting, when the acute stage is passed. » « I feel, ajoute-t-il, as though I had lost an only son with no hope of another* ». Une autre lettre est plus émouvante encore : il se demande si Hans ne va pas trouver à Singapour des conditions trop inacceptables ou un climat trop dur. S'il était alors obligé de rentrer et qu'il manquât d'argent pour le faire, qu'il fasse alors appel à lui sans hésiter. C’est la prière de son ami : « then, my dear Hans, let me

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