The Authoress, p
2. Et aussi, pourrait-on noter, deux ans avant sa publication posthume, comme si Butler avait voulu que le public connût d’abord ce qu’il pensait que pût être la famille selon le cœur et le bon sens, avant de lire son impitoyable condamnation de la famille selon les Pontifex.
Jones', — ii n’est pas douteux que l’ordre tout personnel selon leque! Butler essaya d'organiser sa vie peut faire figure d'égoïsme. [1 craignait le spectacle, la proximité, la contagion de la souffrance d’autrui, qu’elle fût physique ou morale. Ecrivant à une dame dont une amie était gravement malade, il la plaignait, « for, expliquait-il, one cannot have much to do with one who is ill without suffering in health oneself — at least I have always found it so? » : ne voyons pas là l’aveu d’une expérience charitable, mais l'expression d’un fait observé, inévitable en certaines occasions, mais déplaisant. Il connaissait trop les mille nécessités de l’interdépendance familiale ou sociale pour croire qu’on puisse se tenir à l’écart. Mais il déplorait la communication possible du mal, la fatigue conséquente, la répercussion des divers ennuis. « I find nothing so depressing to myself as the sight of'suffering in others :. Cette phrase d’une lettre écrite à l’occasion de la maladie qui allait emporter sa mère, donne à la fois la qualité de sa sensibilité et ses limites. Il se sait éminemment accessible à la contagion de la douleur. Divisé entre son devoir familial et la peur de souffrir, il a d’abord hésité. Peut-être en veut-il laux circonstances, et peut-être aux personnes, de l’obliger à choisir. Il regrette le bouleversement, le désordre, la passagère rupture d'équilibre qu’apportera dans son être une souffrance contre laquelle il sait qu’il ne peut s’endurcir. Dans une séparation, le plus pénible était pour lui l’attendrissement des adieux. Butler, avons-nous dit, aimait l’humanité; mais il a, en fait, aimé peu d'hommes ou de femmes; il était capable de justice et même de générosité, non de charité. L’impudeur avec laquelle il a dépeint les défauts de ses parents et ses querelles avec eux, sa susceptibilité vite blessée dans ses rapports avec son père, ses sœurs, ses anciens maîtres, son manque absolu d’indulgence pour ceux qui n’adoptaient pas ses vues, une certaine méfiance hargneuse des personnages célèbres, qu’il est parfois difficile de distinguer de la jalousie ou de la vanité, ses petites et ses longues rancunes (« Je le retrouverai », note-t-il à propos d’un critique qui avait mal