‹ Samuel Butler (1835-1902): Étude d'un Caractère et d'une IntelligenceChapitre 157 sur 255 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Butler et la vie cérébrale ; — Les idées ; — Mécanisme

du progrès mental ; — Le choc ; — La fusion ; — Le croisement ; — Sollicitude de Butler pour ses propres idées ; — Mots et définitions ; — Raisonnement et logique ; — Analogies ; — La Raison, la Foi et le Sens Commun,

Les idées de Butler, qu’elles soient philosophiques, scientifiques ou morales, reposent sur une analyse et même une critique des fonctions de l'intelligence. Il possède, sur ce point, tout un ensemble de vues acquises en s’observant penser. Il ne pratiquait pas systématiquement l’introspection, l'intuition bergsonienne!. Mais il y a cependant ceci de bergsonien chez lui, qu’il a d’abord cherché à saisir en lui-même le secret de l'intelligence universelle et de cet élan qui emporte les êtres. C’est à ses meilleurs moments de méditation, favorisées par le plein air, la campagne londonienne, les espaces canadiens, les solitudes alpestres, qu’il écoutait au fond de sa conscience, au delà même du champ clair de la raison, couler sa propre vie et celle de l’espèce. Le panpsychisme un peu sommaire auquel aboutit sa réflexion n’est pas une conception philosophique fortement encadrée entre une hypothèse métaphysique et une solide observation scientifique; moins qu'une interprétation du monde, c’est bien plutôt la généralisation par le raisonnement d’une expérience intuitive. Lorsqu'il attribue au règne animal, puis au végétal, au minéral, et même — jonglerie de poète — à la machine un obscur

1. Il n’aimait point, dit H. F. Jones, ce qui rappelait l’introspection, et, cependant, « he was introspective by temperament ». H. F. Jones, Mouni Eryx, p. 45.

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